‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 24 sur 34 · VI. — Commotion cérébrale et médullaire · texte numérisé non relu

VI. — Commotion cérébrale et médullaire

J'ai observé cette année trois cas de commotion cérébrale et médullaire, par suite de chutes d’un lieu élevé. Dans ces trois cas, il y a eu dès le début, de la rétention d'urine. Cette rétention ne dura que quelques jours dans

les deux cas où la commotion cérébrale semblait avoir été plus intense que celle de la moelle. (Obs. XC, XCI). Elle se prolongea au contraire pendant quinze jours chez le troisième malade (obs. XCII) dont la moelle paraissait avoir été plus violemment atteinte sans qu'il y eut jamais eu aucun symptôme cérébral. Tandis que chez les deux premiers, la miction redevint promptement normale, chez le troisième il persista pendant longtemps une certaine parésie de la vessie qui rendait sa miction difficile.

[1 semble d’ailleurs naturel que la commotion cérébrale n’agisse que pour un temps assez court sur le centre vésico-spinal par cette action à distance que j'ai déjà invoquée si souvent. Tandis que la commotion médullaire proprement dite agit directement sur le centre vésical, et doit dès lors en compromettre beaucoup plus sérieusement le fonctionnement.

J’ai cherché à démontrer que le centre vésical de la moœælle était doué d’une très grande susceptibilité; on en a une preuve dans ce qui se passe à propos de certaines intoxications : J’ai vu cette année, dans un cas d’empoisonnement par la morphine, survenir une rétention d'urine qui d’ailleurs dura peu, alors qu'il n’existait aucun symptôme de paraplégie.

La rétention d'urine n’est pas très rare non plus, à la suite de l’absorption de doses un peu fortes dechloroforme (voir à ce sujet les expériences de Pellacani, p. 36 et ss.).

Mes dernières observations (XCIII à XCV) ne peuvent servir de prétexte à une description clinique, elles sont en effet des cas isolés; rares, et n’ont de valeur qu'âtitre de document : dans l'obs. XCIII, il s’agit d’une atrophie musculaire progressive, ayant atteint presque tous les muscles dela région inférieure du corps , et semblant n'avoir pas épargné le sphincter strié qui ne pouvait: s'opposer à l’insue de l'urine dès le premier besoin qui se’ faisait sentir.

L'obs. XCIV se rapporte à un cas intéressant de meningo-encéphalite de naturetuberculeuse que j’ai communiquée à mon excellent collègue et ami Chantemesse, pour iasérer dans un travail qui paraîtra bientôt. Ce malade présenta pendant sa courte maladie, une sorte de miction inconsciente, mais répétée à intervalles très rapprochés ; soit qu’il ait eu, comme je l’ai signalé chez certains paraplégiques, paralysie incomplète portant àla fois sur la vessie et sur son sphincter ; soit au contraire qu'il ait existé une sorte d’excitabilité de la vessie, la faisant se contracter sous l'influence de la moindre cause.

L'observation suivante (XCV) se rapporte à un cas de névropathie se traduisant par de l’hypochondrie, de la spermatorrhée, et quelques troubles urinaires, tels que la fréquence des mictions, et des sensations anormales dans l’urèthre quand le besoin n’est pas immédiatement satisfait. J'aurais pu multiplier beaucoup les observations de ce genre, car les chirurgiens qui s'occupent des voies urinaires sont à chaque instant assaillis par des malades du genre de celui-ci, mais cela sortirait de mon sujet, puisque j'ai tenu à me borner aux maladies nerveuses à lésions, laissant absolument de côté les névroses; je n'ai fait d'exception que pour l'hystérie à cause de la fréquence, je pourrais presque dire de la banalité des troubles urinaires quis’y rencontrent, et que chacun connaît.

J'ai tenu cependant à donner l’observation de cet hypochandriaque, parcequele malade l’a écrite lui-même dans tous ses détails, de sa propre inspiration, et que son état psychique se révèle tout entier dans cette observation, qu'on peut considérer comme le type du genre : avec quelques variantes, tous les « faux urinaires» hypochandriaques ressemblent d'une façon frappante à ce malheureux garçon.

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