OBSERVATIONS
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Alaxie locomatrice
OBS. I. — Ataxie locomotrice. Incontinence, puis rétention.
Dum.…. (Jean), 46 ans, hôpital Laënnec, service de M. Ferrand, salle Beau, 25. Vu la première fois le 27 octobre 1883.
Chancre syphilitique à l’âge de 23 ans.
Incontinence nocturne d'urine jusqu’à l’âge de 10 ans.
Début de la maladie par des douleurs fulgurantes, en 1879.
Il a été soigné dans plusieurs hôpitaux (Saint-Antoine, en janvier 1880), traité avec un demi-succès par l’iodure de potassium et l’électrisation.
Il peut travailler depuis le mois d'août 1881 jusqu’en août 1883, mais pendant tout ce temps, il a de l’incontinence nocturne d’urine ; il l’attribue à ce que, exténué de fatigue, il dormait d’un lourd sommeil et que l’envie d’uriner ne parvenait pas à le réveiller. Il n'avait jamais d’incontinence dans la journée. Depuis qu'il est au repos à l'hôpital, il n’a plus d’incontinence (son sommeil est beaucoup plus léger), mais il ne peut guère uriner sans aller à la garde-robe; comme symptômes d’ataxie, il a des douleurs fulgurantes, de l’incoordination des mouvements, une atrophie musculaire très marquée; il a un peu d’anesthésie à la jambe droite, et du retard des sensations ; il dit cependant sentir l’urine à son passage dans l’urèthre. Anaphrodisie complète.
Il présente des signes d’une tuberculisation pulmonaire avancée.
Je revois le malade le 8 novembre ; il semble dans un état de cachexie terminale ; il se plaint de n’avoir pas pu uriner depuis plusieurs jours; on le sonde avec facilité, ‘et on sort environ 250 grammes d'urine foncée, pas de pus.
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OBS. Il. — Ataxie locomotrice. Parésie.et léger degré: d’ataxie vésicale ; anesthésie de l’urêthre.
Tess.. (Gh...), 56 ans, hôpital Laënnec, service de M. Ferrand, salle Beau, 12. Chancre infectant il ya vingt ans.
Les douleurs fulgurantes ont débuté il.y a environ trois ans, dans lés membres inférieurs, puis dans l'anus, plus tard sont survenues des douleurs en ceinture et de l’incoordination.
I a actuellement des plaques d’anesthésie aux membres inférieurs.
I n’a jamais eu de blennorrhagie. Il dit que, de tout temps, une émotion quelconque, la présence d’une personne, suffisaient pour l’empêcher d’uriner facilement.
Depuis un an il ne pisse qu'au prix de grands efforts, et généralement en allant à la selle; il ne peut uriner debout, mais accroupi. Le jetest toujours petit, fréquemment interrompu. Il urine environ trois fois par vingt-quatre heures, et ne sen! pas passer l'urine, ce ani le gêne pour uriner la nuit sans lumière,
Il y a six mois, on l’a sondé avec une assez grosse sonde, qui à
passé facilement, mais lui a donné un peu d’urélhrite.
OBS. IIT. — Ataxie locomotrice. Mictions inconscientes ; ataxie de la vessie.
Gill. (Claude), 39 ans, hôpital Laënnec, service de M. Ferrand, saile Beau, 24. Blennorrhagie il y a trente-cinq ans.
Sa maladie a débuté, dit-il, il y a dix-huit mois, par des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs, puis vint l’incoordination.
Il a de lanesthésie mcomplète des membres inférieurs (peau et muscles). La vue et l’ouïe ont notablement diminué.
Pendant les premiers temps de sa maladie, il perdait fréquemment ses urines : sans avoir eu la sensation de besoin, il se trouvait mouillé brusquement, sans avoir eu le temps de prendre son urinal.
Actuellement, il lui arrive de vouloir uriner, de faire les plus grands efforts et d’être obligé de se retirer sans avoir pu y réussir, puis un instant après, l'urine s'écoule tout à coup sans qu'il le veuille. Ceci lui arrive surtout an moment des crises fulgurantes.
L’urine est claire, non ammoniacale.
OBg. IV.— Ataxie locomotrice. Ataxie vésicale,
Parv... (Paul), 52 ans. Hôpital Laënnec, service du professeur Ball, salle Béhier, 12.
Début en 1878 par des crises gastriques qui restent la seule manifestation de la maladie jusqu’en 1881. Puis survient l’incoordination et enfin les douleurs fulgurantes dans l'estomac, les lombes, les épaules, Il n'y a plus de réflexes plantaires et tendineux.
Pas d’anesthésie cutanée.
Depuis quatre ans, il est affligé du trouble suivant de la miction : aux moments des crises gastriques, lorsqu'il sent le besoin d’uriner, il s'efforce de le satisfaire, et n’y parvient pas; puis, après plusieurs essais infructueux, il est obligé tout à coup de courir à l’urinoir pour satisfaire le besoin qu’il ne peut maîtriser, l’urine s’échappant malgré lui.
Ces accidents se produisent plus volontiers la nuit que le jour; cependant le malade affirme qu'il sent très bien passer l’urine dans soi canal.
OBs. V. — Ataxie locomotrice. Parésie de la vessie. Emission involontaire de quelques gouttes d'urine; anesthésie de la vessie et de l’urèthre.
Goir.., hospice de Bicêtre, service de M. Debove, salle Perdiguier, 47.
Début de la maladie, en 1880, par l’incoordination des mouvements, qui rend la marche difficile, puis viennent les douleurs fulgurantes.
11 a actuellement (6 novembre 1883) une anesthésie complète de la moitié inférieure du corps, y compris la verge.
Les doigts sont un peu engourdis, ce qui le gêne pour écrire.
Depuis dix-huit mois, il urine avec difficulté, et est obligé à beaucoup d'efforts qui le font un peu souffrir. Il n’urine jamais dans la jonrnée, mais il s’échappe quelques gouttes lorsqu'il tousse.
ll ne peut uriner que couché; ne sent pas passer l'urine dans le canal pendant la miction.
Il n’a la sensation du besoin d'uriner que par la tension de son ventre, lorsque la vessie est distendue, et alors il lui arrive souvent de remplir deux urinaux de suite sans s'arrêter.
I dit avoir eu deux érections depuis qu'il est anesthésié.
OBs. VI. — Ataxie locomotrice. Parésie vésicale, léger degré d'ataxie de la vessie.
Dumont (Jean), hospice de Bicêtre, service du Dr Debove, salle Rochoux, 14.
Début, il y a quinze ans, par crises gastriques. Strabisme externe gauche, dysécie et affaiblissement de la vue. Depuis six ans, incoordination des mouvements : depuis quatre ou cinq ans, douleurs fulgurantes,
Il y a six ans, il a eu une rétention d'urine pour laquelle il a dû être sondé deux ou trois fois.
Depuis ce temps, il a des périodes de miction difficile. Pendan ses crises gastriques, la rétention s’accentue. Il urine parfois dans son lit.
Peu d’anesthésie cutanée. La marche est encore possible. Il a perdu toutes ses dents, il y a deux ans.
OBs. VII. — Ataxie locomotrice progressive. Alaxie vésicale. Anesthésie de l'urèthre.
Tavenot, 32 ans, hospice de Bicêtre, service du D" Debove, salle Rochoux, 5. Jamais de blennorrhagie.
A eu un chancre syphilitique en 1861.
Début il y a six ans, par douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs et quelques crises gastriques.
Depuis trois ans, il existe de l’incoordination des mouvements et, depuis deux ans, des troubles vésicaux. Il éprouve, au moment de la miction, des douleurs dans la verge et une sensation douloureuse à l'h ypogastre. Parfois il lui arrive d’éprouver le besoin d’uriner sans pouvoir le satisfaire ; plus généralement, il ne peut pas retenir longtemps son urine ; il n’a pas la sensation du passage de l'urine à travers le canal et ne sait pas s’il a uriné, autrement qu’en y regardant.
Il en est de même pour les fèces. Il lui arrive d’uriner dans son lit pendant le sommeil.
La sensibilité persiste au niveau des membres inférieurs et de la verge; elle paraît cependant affaiblie au niveau de l'extrémité du gland.
La fosse naviculaire a conservé une certaine sensibilité.
O8s. VIII. — Ataxie locomotrice. Incontinence avec un peu de rétention incomplète.
X..., hospice de Bicêtre, service du D: Debove, salle Rochoux, 15. Début il ya dix ans, par troubles gastriques (douleurs et vomisse ments) et rétention d’urine. k Il a été considéré comme calculeux : plusieurs jours de suite on était forcé de le sonder, puis il se mettait à pisser seul, mais avec difficulté.
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Il ya cinq ans, ont apparu des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs, plus tard dans les bras ; puis des douleurs en ceinture.
Depuis deux ans, l’incontinence d’urine est complète. Le liquide coule goutte à goutte entre ses jambes, soit dans l’urinoir, soit dans ses linges et ses vêtements.
Depuis deux ans aussi, il marche très mal et depuis un mois, il ne peut plus se lever.
Actuellement, il existe de la diminution de la sensibilité cutanée ; de l'arthralgie du genou gauche et des crises gastriques, Les urines sont troubles, ammoniacales, et le malade accuse de la douleur à l'hypogastre.
La vessie n’est pas vide : en appuyant dessus, on obtient l’expulsion de 40 à 50 grammes de liquide qui sort en jet.
Le malade a perdu toutes ses. dents de la mâchoire supérieure en six mois; celles de la mâchoire inférieure ont une teinte bleuâtre.
OBs. IX. — Ataxie locomotrice. Rétention ayant précédé de quinze jours l'apparition des premières douleurs fulgurantes.
Lemonn... (J...), 58 ans, hospice de Bicétre, service de M. Debove, salle Rochoux, 10. Jamais de maladie vénérienne.
Début de la maladie en 1872, par une rétention d'urine : il ne parvenait, avec de grands eflorts, qu’à pisser goutte à goutte.
Il'entre à l'hôpital Saint-Antoine où on le sonde (1800 grammes d'urine la première fois) ; il sort de l'hôpital au bout de six jours.
C'est quinze jours après ce début qu’il sentit les premières douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs; plus lard survient l’incoordination des mouvements.
Pendant les deux années qui suivent, la miction reste pénible, et il se produit de la cystite. Puis les symptômes ataxiques semblent s’amender pendant quelque temps, mais le malade laisse souvent échapper ses urines.
En 1881, la marche était devenue [presque impossible, il entre à Lariboisière où on le sonde, et on trouve beaucoup d'urine dans sa vessie dès la première fois.
Transféré à Laënnec, on continue à le sonder une fois par vingtquatre heures, et on lui fait des lavages de la vessie; il lui arrive souvent d’uriner par regorgement, en attendant l’heure du eathététérisme.
Depuis qu'il est à Bicêtre, il a appris à se sonder lui-même avec une sonde molle en eaoütchouc, il se sonde environ cinq fois :par vingt-quaire heures.