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Il sent très bien le besoin, il sent fort bien aussi le passage de la sonde sur tout son trajet, il se sonde devant moi et peut indiquer chaque point de l’urèthre où arrive l’extrémité de la sonde.
Il a cependant une anesthésie assez marquée des membres inférieurs.
L'urine est un peu trouble, sans odeur ammoniacale.
Constipation opiniâtre.
Os. X. — Ataxie locomotrice. Début par la difficulté des mictions,
Gaud..…., 40 ans, se présente le 9 novembre 1883 à la consultation de l'hôpital Beaujon. fl a eu une blennorrbhagie légère à 19 ans. Il raconte qu’il a eu la jambe gauche en partie gelée en 1870.
En 1871, il lui vint à la région supérieure de la cuisse gauche une tumeur du volame d’un œuf, qui a été diagnostiquée kyste (?). Cette tumeur disparut spontanément en 1876.
Depuis 1871, il avait presque constamment une forte douleur lombaire, mais jamais de douleurs fulgurantes.
Depuis deux ans et demi, sa miction est difficile, et oblige à de grands efforts. Une fois le jet commencé, le reste de la miction s'opère bien. Il lui est arrivé trois ou quatre fois que quelques gouttes d'urine se sont écoulées dans son pantalon, une fois la miction terminée.
Il se plaint aujourd’hui d'une diffieulé dans la marche, qu’il attribue à un affaiblissement de sa jambe gauche autrefois malade.
Mis en éveil par le trouble urinaire, je l'examine au point de vue de l'ataxie : je remarque qu’il ne peut sans tomber se tenir debout, les talons joints, et les yeux fermés. Il ne peut marcher les yeux fermés; il lance en marchant ses jambes à droite et à gauche, et ce symptôme ne disparaît pas complètement quand il a les yeux ouverts. Réflexes rotuliens nuls, c’est donc un ataxique, et ce sont Ics troubles de miction qui ont mis sur la voie du diagnostic.
Ops. XI. — Ataxie locomotrice. Ataxie vésicale, anesthésie uréthrale.
Lasne, 65 ans, hospice de Bicètre, service de M. Debove, salle Perdiguier, 45.
Ataxique depuis 1867. Début par des douleurs fulgurantes, ensuite incoordination dans les membres supérieurs, puis inférieurs.
Depuis deux ans, il a des troubles de la mielion ; souvent il ne parvient pas à uriner, bien qu’il en sente le besoin, .et parfois, quelques minutes après, l'urine s'écoule d'elle-même, quand il ne fait plus d’etforts. La nuit, il urine fréquemment dans son lit, bien qu’il ne dorme
guère, cela tient probablement à ce qu'il ne sent pas bien l'urine qui passe dans le canal.
Anesthésie plantaire, pas d’anesthésie cutanée.
Il a été sondé une fois, avec une sonde d’assez petit calibre.
OBs. XII, — Ataxie locomotrice. Parésie vésicale, puis anesthésie vésicale et uréthrale,
Teissèdre, 53 ans, hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle Perdiguier, 16.
Ataxique depuis 16 ans. Début par des douleurs fulgurantes, puis incoordination, crises gastriques. Strabisme externe et amblyopie du côté gauche, depuis quatre ans. La pupille droite est beaucoup plus dilatée que celle de gauche (paral. 3° paire gauche).
Dans les premières années de sa maladie, il éprouvait une grande difficulté à vider sa vessie, cependant il n’a jamais été sondé.
Il y a quatre ans, il a commencé à perdre ses urines, non pas constamment, mais principalement lorsqu'il était debout ; sans qu’il eût senti le besoin d’uriner. Dès qu’il se sentait mouillé, il prenait vite son urinal, et il lui arrivait alors de le remplir complètement.
Actuellement, il ne perd plus jamais ses urines, mais ne les sent pas passer dans l’urèthre. La sensation de besoin paraît être réduite à une sensation de plénitude et de tension abdominale.
Un peu d’anesthésie cutanée ; lenteur des perceptions sensitives.
Ors. XIII, — Ataxie locomotrice, Incontinence nocturne. Dysurie. Anesthésie vésicale et uréthrale.
Depreux, 37 ans, hospice Bicètre, service de M. Debove, salle Perdi- guier, 19. — Syphilis en 1869.
Début de l’ataxie il y a sept ans par des douleurs fulgurantes des membres inférieurs.
Mal perforant plantaire, il y a quatre ans; ensuite, incoordination,.
En 1880, on lui a fait l’élongation d’un des rerfs sciatiques (M. Berger); il n’en a ressenti aucune amélioration, les douleurs fulgurantes ont encore augmenté depuis cette opération.
En 1879, il perd ses urines, la nuit, pendant son sommeil; cet étal dure environ six semaines, et n’est pas revenu depuis, mais il présente d’autres troubles de miction :
40 Il ne sent pas toujours de besoin ;
2° Il ne peut uriner que s’il regarde son méat.
Depuis 1879, on a dû le sonder à plusieurs reprises, mais la rétention n'a jamais duré longtemps.
Depuis une dizaine de jours (6 novembre 1882), il urine peu, et s'est sondé lui-même plusieurs fois, il ne sent pas passer la sonde, sauf quand elle approche de la vessie.
Il a encore des douleurs fulgurantes, des crises gastriques, de l’incoordination motrice des membres inférieurs.
OBs. XIV. — Ataxie locomotrice. Parésie vésicale.
Kuhlmann, 60 ans, hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle Denis Papin, 4.
La maladie paraît avoir débuté à la suite d’un naufrage en mer sur les côtes du Labrador en décembre 185%.
Douleurs fulgurantes confirmées en 1857; puis incoordination et atrophie musculaire. Crises gastriques ; diminution de la vue.
Actuellement, l’anesthésie est complète aux membres inférieurs, incomplète aux membres supérieurs.
Il éprouve souvent des crises de douleurs dans le bäs ventre, et à ce moment, il est obligé de faire de grands efforts lorsqu'il veut uriner.
Il n’y a pas d’anesthésie de la verge, ni de l'urèthre, ni de là vessie.
OBs. XV. — Ataxie locomotrice. Parésie vésicale, mictions involontaires,
Cambl... (Ch.}, 60 ans, hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle Denis Papin, 8.
Début en 1877 par l’incoordination ; les douleurs fulgurantes ne sont bien marquées qu’en 1880. Douleur en ceinture.
Ordinairement, il ne peut uriner qu'en allant à la selle et avec de grands efforts qui restent parfois infructueux.
Parfois, au contraire, il perd son urine malgré lui, avant d’avoir eu le temps de se mettre en mesure d’uriner. Il sent passer l'urine dans le canal. Pas d’anesthésie cutanée.
o8s. XVI. — Ataxie locomotrice. Parésie vésicale ; anesthésie de l'urèthre.
Rac… (Paul), 42 ans, hôpital Beaujon, service du Dr Gombault, salle Beaujon, n° 4.
A l'âge de 20 ans, chancre qui paraît avoir été infectant ; condylomes de l'anus. À eu plusieurs uréthrites peu intenses.
En 1873, douleurs fulgurantes, d'abord dans le pied droit, puis les mollets, les cuisses; en 1880, les douleurs étaient limitées dans les
bras.
Crises vésicales dépuis le mois de mai 1882 et ataxie des mouvements (surtout depuis le mois d'octobre de cette année) dans les membres inférieurs.
A la suite d’excès de boisson, il a eu de la rétention d’urine, qui a cédé à une injection d’eau fraîche dans l’urèthre : cec1 à plusieurs reprises.
Il a eu, il y a deux ans, des désirs violents et des aptitudes génésiques développées qui ont depuis disparu.
Vers juillet et août 1882, après une nouvelle ribotte, il a eu de V’inconiinence.
Anesthésie du canal de l’urèthre, depuis janvier 1883 ; il ne se rend compte qu’il urine que par la vue et le toucher.
Depuis un mois environ, il né peut plus pisser couché ; il est obligé de se mettre debout ou à genoux et de faire des efforts considérables.
Pendant un mois (février 1883), cystalgie avec besoins fréquents ét douloureux, se répétant plusieurs fois par heure, surtout la nuit. (Soulagé par les injections de morphine.)
Depuis huit jours, il a des crises gastriques.
Quant aux troubles de la sensibilité, on constate de l’anesthésie des membres inférieurs, assez marquée, au moment de son entrée; elle a diminué ‘depuis, mais. il existe encore. de l’hémianesthésie à la partie inférieure du ventre, aux organes génitaux, à la partie externe des cuisses ; en se rapprochant du genou, on trouve très nettement un retard dans les sensations perçues.
OBs. XVII. — Ataxie locomotrice. Miction impér'euse, anesthésie de: l’urêthre.
Mesple (Jean), 41 ans, hopital Laënnec, service du Dr Ball. salle Béhier, 194
Pas de maladie antérieure, ni rhumatisme, ni syphilis, ni alcoolisme. À eu huit enfants, un seul vivant, les autres morts en nourrice.
En janvier 14817, alors qu’il n’avait encore ressenti aucune espèce de douleur, il s'aperçoit qu’il pérd un peu d'urine, lorsqu'il est resté à peu près deux heures sans uriner.
En courant après un omnibus, il remarque aussi que ses mouvements sont un peu moins libres. En mars de la même année, pendant huit jours, il a de, la diplopie,
Peu de temps après, il a conscience que le contact de quelque corps froid détermine chez lui des douleurs ayant le caractère fulgurant ; plus tard, à la suite d’un refroidissement en voiture, les douleurs fulgurantes vraies s'installent, débutant par les orteils, avec irradiations ascendantes.
À partir de l’année 1878, l’ataxie des mouvements rend la marche très difficile. Pendant tout ce temps, il est obligé de satisfaire immédiatement le besoin d’uriner dès qu'il se fait sentir, sous peine de laisser échapper du liquide (7 à 8 mictions dans les vingt-quatre heures). Il n’a pas fait attention, à ce moment, à un symptôme dont il s’est aperçu plus tard, vers 1879 : c’est qu’il ne sentait pas couler son urine, ne se rendait pas compte quand commençait et quand finissait la miction, à moins d’y regarder, ou à moins que le toucher ou leuïe ne vint suppléer à la vue. Il en est résulié, que depuis ce moment, il se décide avec peine à uriner dans l'obscurité, et qu’il applique son doigt au devant du méat. 11 lui faut faire pour uriner des efforts plus marqués qu'autrefois.
Jamais il n’a eu de mictions fréquentes ni douloureuses ; jamais de douleurs dans le canal.
En 4880, sous l'influence d’un traitement (frictions, vin diurétique, digitale), il s’est senti pendant six mois tout à fait guéri, plus aucune douleur ; il peut faire 40 kilomètres à pied ; mais après cinq à six mois de voyage, les mêmes symptômes ont apparu de nouveau, d'abord progressivement, puis très rapidement.
En 1880, luxation spontanée de l'épaule gauche, et depuis ce temps, les symptômes d’ataxie ont progressé; les douleurs fulgurantes n’ont pas cessé; l'incuordination des mouvements n’a pas diminué ; et depuis huit mois, les membres inférieurs se sont atrophiés.
Depuis 1879, il à des crises laryngées fréquentes : elles ont cédé depuis qu'il a des piqûres de morphine.
Etat actuel : 12 juin 1883.
Douleurs fulgurantes continuelles traversant tout le corps; encore un peu de douleur en ceinture (6 injections de 4 centigramme de morphine par jour).
Aux membres inférieurs, ataxie très masquée par l’impotence due à l’atrophie musculaire très considérable aux muscles des cuisses et des mollets.
Pas de paralysie oculaire, mais la pupille droite est très dilatée,
Quant à la miction, elle est plutôt moins troublée qu'auparavant (3 à 6 mictions dans les vingt-quatre heures); il ne semble pas sentir l'urine passer dans le canal, et il mouille son linge quand il reste trop longtemps sans uriner.
Constipation très accentuée.
si l'on récherche les troubles de la sensibilité, on constate une anes” thésie presque complète des membres inférieurs: avec persistance, toutefois, d’un certain degré de thermesthésie ut de sensibilité à Ja
deuleu (retard des sensations). Anesthésie de la verge; anesthésie moins complète du gland et du scrotum. |
Réflexes rotuliens nuls.
En 1876, excitalion génésique qui a diminué dès qu’il a commencé à être malade : de 17 à 21 ans, il coïtait, par moment, 7 à 8 fois par nuit, et plusieurs nuits de suite.
Depuis plusieurs années, il n’a plus d’érections.
27 octobre. Depuis quinze jours, il a perdu toutes ses incisives el ses canines de la mâchoire inférieure.
Il continue à ne pouvoir uriner sans regarder : « Quand je n’y YOIs pas clair, j'ai beau pousser, l'urine ne vient pas. Si je me découvre et regarde, alors l'urine vient bien. »
ll prétend, qu’actuellement, il sent l'urine passer (?).
Os. XVIII. — Ataxie locomotrice. Anesthésie de l’urèthre et de la vessie. Cystite.