‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 27 sur 34 · X...— Hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle n · texte numérisé non relu

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Il y a dix ans qu’il est atteint d’ataxie avérée : début par des douleurs fulgurantes, puis incoordination ; enfin, impotence complète.

Ii a subi, il y a trois ans, l’élongation du sciatique par M. Gilleite.

ll dit que depuis il a moins de douleurs fulgurantes, et qu’il sent mieux la position de ses jambes dans son lil.

Lorsqu'il est pris de crises gastriques, il urine en même temps inconsciemment, sans s'en apercevoir autrement qu'en se sentant mouillé.

Quand il urine à son ordinaire, il ne sent jamais le besoin, mais il fait de grands efforts d'expulsion quand il pense qu'il doit avoir besoin : l'urine sort alors assez régulièrement, mais son passage n’est pas senti dans l’urèthre.

A la fin de la miction, l'urine est un peu chargée de pus, et il y a, pendant un instant, une cuisson vive.

Constipation ordinaire. Le passage des matières fécales n'est pas perçu. Anesthésie par plaques aux membres inférieurs.

OBs. XIX. — Ataxie locomotrice. Miction inconseiente pendant le sommeil.

Favre, 52 ans. — Hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle D. Papin, 11.

Ataxique depuis quatre ans. Début par des douleurs en ceinture, Incoordination de la marche pendant la nuit. Puis douleurs fulgu rantes,.

Actuellement, la marche est devenue impossible.

late

Il y a un peu d’anesthésie cutanée, mais surtout ! un a retard très marqué des sensations.

Actuellement, il y a peu de douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs ; elles sont plus marquées dans les membres supérieurs.

La douleur en ceinture persiste.

Il urine assez bien pendant la journée, ses mictions sont un peu fréquentes ; il peut se retenir pendant quelques instants. Il sent le besoin et a la sensation du passage de l’urine. Pendant la nuit, il est obligé de placer son urinal entre les cuisses, et il urine en dormant sans se réveiller.

Os. XX. — Ataxie locomotrice. Pa, ésie vésicale, ete. Début de la maladie par les troubles de miction.

Guy..., Jean, 38 ans.— Hôpital Laënnéc, service de M. Legroux, salle CR 8.

Chancre syphilitique, il y a onze ans.

La maladie actuelle a débuté il y a trois ans par is difficultés de la miction ; il sentait très fréquemment le besoin d’uriner, etau moment de cette sensation de besoin, quelques gouttes d’urine s’échappaient involontairement: Il pouvait cependant se retenir pendant quelque temps, mais quand ensuite il voulait uriner, il n’en pouvait expulser que fort peu. L’urine était un peu trouble, mais il n’y avait aucune souffrance spéciale pendant et après la miction; cependant il souffre constamment un peu en arrière du pubis. Il dit souffrir davantage quand il veut uriner étant couché.

Quelque temps après ces troubles de miction surviennent des douleurs fulgurantes, du sträbisme interne de l'œil gauche, puis de l’incoordination.

11 y a de la diarrhée, s’accompagnant d’incontinence des matières, alternant avec la constipation.

Il dit n'avoir qu’une sensation très vague du passage de l'urine. Anesthésie cutanée très peu prononcée aux membres inférieurs ; retard des perceptions à ce niveau.

OBs. XXI. — Ataxie locomotrice. Rétention d'urine, etc.

Pig.., Ernest, 33 ans. — Hopital Laënnec, service de M. Legroux, salle Rostan, n° 32.

A eu un chancre à 17 ans, puis des plaques muqueuses ; à suivi pendant trois mois un traitement dont il ignore la nature. Son ataxie aurait débuté, il y a neuf ans, par des crises gastriques. Geffrier. 16 :

gg

Il affirme qu’il n’urinait pas pendant les quelques jours que duraient les crises gastriques.

Il eut ensuite des douleurs fulgurantes, puis de l’incoordination motrice. ,

La miction commença à être troublée il y trois ans ; il ne pouvxai, plus uriner ni debout, ni couché, mais il deyait s'asseoir comme pour aller à la selle ; il devait faire de grands efforts, et éprouvait une douleur presque continuelle dans la vessie.

Le jet d'urine était intermittent, s’arrêtant brusquement por re-

prendre.

Il dit avoir eu, en 1882, étant dans le service de M. Vulpian, une rétention d'urine; il fut sondé et on retira plus d’un fitre d'urine. Il n’a jamais eu d’incontinence.

Sa constipation est habituelle.

Anesthésie des membres inférieurs.

Il sent bien passer l’urine dans son urèthre.

Os. XXII. — Ataxie locomotrice. Incoordinatien vésicale ; amesthésie de l’urêthre.

En... Gilbert, 58 ans. — Hôpital Laënnec, service de M. Legroux, salle Rostan, n° 33,

Début de La maladie par des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs, puis incoordination ; enfin, troubles de la vue et de l'urine.

Actuellement il lui arrive Héquemment de se présenter à l’urinoir, ayant besoin, et de ne pouvoir uriner; il revient à son lt, alors l'urine s'échappe res lui, et il remplit son urinal.

Il ne sent pas passer l'urine, ni les excréments.

Il sent le besoin d’uriner trois ou quatre fois par jour.

Par moments, il éprouve une sensation de constriction vésicale.

L’anesthésie est assez prononcée aux membres inférieurs, sauf pour les sensations de température.

OBs. XXIII. — Afsïie locomotrice. Incoordination de i: vessie. Anesthésie de l'urèthre,.

Lill.., Lucien, a ans. — Hôpital Laënnes, service de M. Legroux, s Île Rostan, D;

Début de l’ataxie, il y a douze ans, par des spasmes laryngés et de la fxïklesse des membres inférieurs.

Deux ans après, douleurs fulgurantes, puis en ceinture, incoordination ; :l ne peut marcher la nuit.

Il se rappelle qu'avant tout autre symptôme, il eut quelques troubles de la miction : pendant environ six mois, les besoins d’uriner étaient suivis immédiatement de l'expulsion d’une petite quantité d'urine; i pouvait ensuite vider librement sa vessie.

Après ces six mois, il cessa de pouvoir uriner debout : il devait s’accroupir ou s'asseoir et faire de grands efforts d'expulsion. Cet état dure encore actuellement, mais parfois il lui arrive d’uriner tout à fàit librement. |

Il p’urine jamais la nuit; il ne sent pas passer l'urine dans le canal et doit regarder pour savoir s’il pisse.

Il a. de l’anesthésie incomplète des membres inférieurs et du retard des sensations.

IL sent les matières fécales passer à l'anus et peut se retenir du besoin de défécation.

Il affirme qu'il y a un an il a uriné du sang assez abondamment.

OBs. XXIV,. — Ataxie locomotrice. Incoordination vésicale, miction involontaire.

Ist., Ernest, 37 ans. — Hôpital Laënnec, service de M. Damaschino, salle Trousseau, n° 20.

Chancre à l’âge de 18 ans.

L’ataxie a débuté, il y a sept ans, par des douleurs en era des crises gastriques, puis des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs; enfin survinrent l’incoordination et la perte du sens de position.

Presque au début de la maladie, il y eut des difficultés de miction : il était obligé à des efforts assez grands qui demeuraient parfois infructueux, bien qu’il sentît le besoin.

Depuis quatre ans, la sensation de besoin est immédiatement suivie de miction involontaire, et il mouille son lit ou ses vêtements s’il n’a pas toujours son urinal sous la main ou entre les cuisses. Il sent bien que l'urine coule, mais il ne peut la retenir.

La nuit, il urine en dormant sans s’en apercevoir.

Il a des plaques d’anesthésie aux jambes.

OBS. XXV. — Ataxie locomotrice. Début par l'incoordination vésicale.

Bout...,.27 ans. — Hôpital Laënnec, service de M. Damaschino,

salle Trousseau, n° 21.

Aucune maladie vénérienne.

Sa maladie a débuté, il y a trois ans, par des troubles de miction,

Il'à eu ensuite de l’incoordination motrice, de la perte du sens de position, puis de la diplopie, et, en dernier lieu, des douleurs fulgurantes. |

Les troubles de miction du début consistaient en ceci :

Il était pris d’envies d’uriner très fréquentes 13 à 20 fois par 24 h.), et l'urine s’écoulait immédiatement dans ses vêtements sans qu'il pût

‘la retenir; il s’empressait alors de se mettre en position d’uriner, et malgré ses efforts, il ne pouvait terminer la mielion commencée malgré lui; s'il refermait son pantalon, presque aussitôt l’urine récommençail à s’écouler.

Depuis que la maladie est entrée dans sa période d'état, la miction est redevenue normale.

Il n’y a pas d'anesthésie bien marquée des membres inférieurs, si ce n’est à la plante des pieds.

OBS. XXVI. — Ataxie locomotrice. Incoordination vésicale. Anesthésie de l'urèthre. ! j

Bau..., 30 ans. — Hôpital Laënnec, service de M. Damaschino, salle Trousseau, n° 8.

A eu autrefois un chancre induré et une blennorrhagie.

Il y a quatre ans qu'il a senti pour la première fois des douleurs

fulgurantes dans les mollets.

. Des troubles de miction survinrent il y a trois ans; il sentait le besoin, mais avait de la difficulté à le satisfaire. Quelquefois, après des efforts infructueux, la miction se faisait involontairement, sans même que le malade s’en aperçut autrement qu’en sentant son pantalon mouillé.

Quand il urinait, il ne sentait pas passer l’urine et devait regarder pour s’en rendre compte.

Actuellement, il a des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs, des douleurs en ceinture, de. l’incoordination motrice et un peu d’anesthésie des membres inférieurs.

Il ne peut uriner debout, mais est obligé de s'accroupir; il peut cependant uriner couché. Il ne peut vider sa vessie que lorsq u’elle est très distendue (2 à 3 mictions en 24 heures).

Il n’a pas de rétrécissement bien étroit, car il a été sondé une fois facilement, avec une sonde de petit calibre, il est vrai.

Il dit sentir un peu maintenani l’urine au passage dans l’urèthre.

OBs. XXVII. — Ataxie locomotrice. Crises uréthrales. Ataxie vésicale.

X... — Hôpital Laënnee, service de M. Damaschino, salle Trousseau, n° 14.

Les douleurs fulgurantes ont débuté, il y sept ans, dans les membres inférieurs ; il est survenu ensuite de la paralysie de la troisième paire du côté gauche, puis une amblyopie double ; c Li à peine s’il distingue maintenant le jour de la nuit.

L'incoordination des mouvements ne s’est montrée qu ‘il y trois ans. Il était, il y a deux ans, dans le service de clinique de l'Hôtel-Dieu, lorsqu'il fut pris de crises uréthrales extrêmement deuloureuses; la première crise se serait accompagnée d'hématurie (?).

La douleur commence à la racine de la verge et s'irradie vers le gland qui est le siège d'élancement que le malade compare à ceux que donne un panaris. Au bout de quelque temps, la douleur se porte vers le rectum, et il survient un grand besoin d’uriner.

Les crises uréthrales durent d’un à deux jours et se reproduisent encore maintenant plusieurs fois par semaine.

Une crise de douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs suit ordinairement chaque crise uréthrale. 11 lui semble qu’il a un besoin continuel de miction et de défécation.

Quand il veut uriner, il doit s'asseoir et pousser fortement comme pour aller à la selle; alors le jet d’urine commence, puis s'arrête pour recommencer.

Il a eu des mictions involontaires il y a quelques années ; actuellement cela lui arrive rarement.

Il sent passer l’urine dans le canal, mais avec une sensation douloureuse de brûlure ; aucun écoulement uréthral.

Ogs. XX VIII. — Ataxie locomotrice. Troubles moteurs de la vessie, incoordination, cystite.

Montalescot, 51 ans, entre le 26 avril 1880, à l'hôpital Laënnec, service de M. le professeur Ball, salle Beau, n. 20.

Il a eu un chancre suivi de plaques muqueuses, il y à 24 ans; pendant six mois à la suite, il a pris des pilules de Dupuytren,

La maladie actuelle remonte à quatre ans.

Elle débuta par une incontinence d’urine qui s’écoula d’abord pendant quelque temps par une sorte de miction involontaire, puis g goutte à goulle (miction ue regorgement ?).

Il dil avoir eu à cette époque des hématuries qui ont duré vingttrois mois.

Un an après le début de ces troubles urinaires, il s'aperçut qu'il pliait sur ses jambes, et que la marché devenait difficile. Il avait déjà ressenti plusieurs fois depuis l’année précédente, quelques douleurs en éclair dans les deux jambes : ces douleurs fulgurantes, comparées par le malade à des coups d'épingle, survenaient par crises durant plusieurs heures, changeant de place.

Elles survinrent de plus en plus fréquemment pendant les deux années qui suivirent; depuis un an elles ont diminué, mais il est survenu une douleur consirictive en ceinture.

Il n’a jamais eu de crises viscérales. La vue est affaiblie ; il y a eu un peu de diplopie qui a disparu.

Il présente actellement une ataxie du mouvement, des plus accentuées aux membres inférieurs, moins aux membres supérieurs.

Quand il marche, il jette ses jambes involontairement à droite et à gauche, il accroché le sol, trébuche, et présente: en un mot la démarche typique des ataxiques.

La force musculaire est encore assez bien conservée.

La sensibilité est affaiblie en plusieurs points, notamment aux membres inférieurs, et à la face dorsale des avañt-bras.

On constate la pérte complète du sens de position, ainsi que la disparition des réflexes tendineux du genou.

Les troubles de la miction ont persisté depuis le début, mais se sont modifiés : Il peut uriner sans difficulté, mais les besoins se répètent très fréquemment, il sont impérieux, et il se produit pendant la miction une sensation de brûlure à l’hypogastre et vers la fosse naviculaire, qui persiste un certain temps après la miction.

L’urine laisse déposer une couche assez épaisse de pus.

On prescrit au malade deux pilules Sedillot par jour, et deux grammes d’iodure de potassium.

On s’occupe aussi de traiter la cystite qui gêne beaucoup le malade : il prend chaque jour quatre pilules de térébenthine, et on lui fait quotidiennement un lavage de la vessie avec. une soluiion tiède d'acide borique à 3 pour 400.

Au bout de quelques jours une amélioration très grande se fait sentir dans l'état de la vessie : les mictions sont moins fréquentes et moins douloureuses, l’urine devient plus claire.

Au bout de quinze jours, l'urine est devenue. parfaitement limpide, et les mictions sont absolument normales ; on cesse les lavages de la vessie, ainsi que la térébenthine.

Le traitement spécifique est continué sans. succès pendant six mois, puis on donne du chlorure d'or (un milligramme en moyenne, par

jour), «ce médicament est cessé aussi au bout-de deux mois, à cause des crampes d’estomac qu’il détermine.

Le 22 janvier 4880; le malade est maïgre, presque cachectique.

Les douleurs fulgurantes ont diminué, surtout à gauche.

Douleur contrictive autour «dun thorax, presque permanente.

La miction est restée parfaitement normale.

IL’ataxie des mouvements ;est très nette aux membres inférieurs ; elle est beaucoup moins prononcée aux membres supérieurs.

Le malade ne peut plus marcher.

Anesthésie par plaques irrégulières sur des membres inférieurs.

Aux membres supérieurs, la sensibilité est diminuée à la paume des mains, et surtout à la face dorsale des avant-bras, qui cependant sentent mieux les différences de température que la face antérieure. Retard des sensations. ;

Le dynamomètre donne 41 kilogrammes à la main droite ; .32 kilogrammes à la gauche,

L’auscultation ne fait rien entendre d’anormal-aux poumons.

45 avril 4880. — TL’atrophie musculaire augmente ; les douleurs continuent à diminuer.

Le malade s’affaiblit; bien qu’il ne tousse pas, on ‘entend des râles aux deux sommets.

12 mai. — OEdème des malléoles; ‘eséhares aux deux régions trochanttriennes. |

Le malade urine fréquemment sous lui; il sent le besoin d’uriner dendant le jour, mais il est obligé à de grands efforts; le jet commencé s'arrête pendant un instant, puis repart après quelques instants, involontairement, et plus fort qu'avant.

La nuit, il arrive parfois que le malade se réveille en sursaut sentant le besoin, et il lui faut le satisfaire immédiatement.

I s’affaiblit de plus en plus, ne mange plus; il tousse peu, crache à peine, et meurt le 31 mai 1880, dans un état d’amaigrissement extrême.

Autopsie. — 24 heures après la mort.

La moelle présente les lésions classiques des cordons postérieurs très visibles à l’œil nu; les meninges sont peu adhérentes, et à peine épaissies.

L'encéphale est sain, les méninges un peu laiteuses, non ARE rentes.

Les poumons sont remplis dans leurs nes supérieurs, de granulations grises jaunâtres;; il y a de chaque côté, de petites cavernes en voie de formation.

Le foie présente quelques granulations tuberculéuses, et deux petits angiomes superficiels.

Les reins sont congestionnés, quelques traînées purulentes dans la substance médullaire.

La muqueuse des bassinets est rougeâtre, mais on n’y trouve pas de pus.

La vessie à des parois à colonnes, très épaisses. La pression sur les orifices des urétères fait sourdre du pus qui est situé dans une cavité située à l'embouchure de ces canaux.

La muqueuse vésicale présente une coloration pâle.

OBs. XXIX.— Ataxie locomotrice. Absence d’incoordination motrice. Parésie vésicale.

Dard, 52 ans, entre dans le courant de l’année 1878, à l'hôpital Laënnec, service de M. le professeur Bal], salle Beau n. 15.

Comme antécédents héréditaires nerveux, son père a été atteint dé paralysie (!) à l'âge de 62 ans.

Quant à lui, il nie tout antécédent vénérien; il avoue des excès alcooliques, et il a habité, pendant les deux années qui ont procédé le début de sa maladie, une chambre très humide.

C'est en février 1879, que cette observation est prise :

La maladie actuelle parait avoir débuté il y a 15 ans, par des douleurs en ceinture avec prédominance du côté gauche.

Il y a six ans, il y eut une recrudescence de la douleur à la région lombaire et dans le flanc gauche; en même temps, se produisit un affaiblissement des membres inférieurs qui rendit la marche difficile. Il avait dans les jambes, une sensation d’engourdissement et de fourmillement,

Il y a quatre ans, il commença à éprouver de vives douleurs dans les membres inférieurs, surtout du côté gauche ; alors les fourmillements cessèrent, et la marche devint plus facile. Ces douleurs fulgurantes, que le malade décrit fort exactement, se produisaient tantôt à la cheville, au mollet, à la cuisse, etc.

En même temps, la douleur en ceinture se montrait des deux côtés.

A cette même époque, apparut de la diplopie, puis bientôt, une chute des deux paupières avec strabisme bilatéral, qui diminue au bout de six mois. La vue s’affaiblissait en même temps, et des bourdonnements d'oreille incommodaient le malade.

Il y a trois ans (octobre 1876); il entre, pour la troisième fois depuis le début de sa maladie, dans le service de M. Lasègue, et on constate, ce qui n'existait pas lors de son précédent séjour, qu’il était devenu anesthésique.

Il avait à ce moment de fréquents vomissements, et des étourdisse-, ments.

18 février 1819. — Etat actuel : L'intelligence, est très nette, la mémoire serait un peu affaiblie au dire du malade.

La marche est assez correcte, il n’y a pas d’ataxie du mouvement.,

Il se produit des douleurs spontanées, à caractère fulgurant dans les membres inférieurs, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

Les réflexes tendineux sont normaux.

Il existe un certain degré d’affaiblissement musculaire, surtout au membre inférieur droit. |

L'anesthésie est assez marquée aux membres inférieurs, le malade y sent mieux les différences de température et le simple contact que la douleur.

L’analgésie est presque complète, surtout au membre supérieur gauche où la sensibilité au contact est très affaiblie aussi.

La vue s’est affaiblie progressivement depuis le début de la maladie; l'ophthalmoscope fait voir qu'il y a un peu de sclérose de la papille.

Il y a de l’exophthalmie que le malade dit avoir toujours eue, du strabisme externe de l’œil droit avec diplopie; pas de ptosis, ni d’inégalité pupillaire.

Légère surdité de l'oreille gauche, bourdonnements d'oreille.

Perte complète de l'appétit.

Le fond de son traitement consiste en courants continus et applications répétées de pointes de feu le long du rachis.

5 mars 1819. — L'analgésie parait à peu près complète sur toute la surface tégumentaire. |

La marche est facile et normale, mais si le malade ferme les yeux, la démarche devient hésitante, et la titubation est manifeste.

Il s’est produit quelques vomissements les jours précédents.

Des crises de douleurs fulgurantes surviennent souvent dans les membres inférieurs, elles sont plus fréquentes, mais moins intenses qu'auparavant.

Il survient parfois des crises gastriques, avec ou sans vomissements, puis des étourdissements.

5 avril. Pas de réflexes tendineux aux genoux, pas de mouvements réflexes au chatouillement de la plante des pieds qui est pourtant perçu. L'état de la sensibilité reste le même : l’analgésie est absolue partout; les articulations sont sensibles à Ja pression, plus que les masses musculaires. Pour que les deux pointes de l’esthésiomètre soient perçues, il faut qu'elles soient écartées de six centimètres et demi à la face antérieure de l’avant-bras droit ; à la pulpe de l'indica-

Geffrier. avt

téur droit de deux millimètres ; cette même pulpe étant traversée de part en part avec une épingle ne donne aucune sensation gouloureuse, mais seulement une sensation de contact et de froid.

Il y a de la difficulté de la miction sans doulear en urinant. IL éprouve parfois une impossibilité absolue d'uriner, le besoin d'uriner est d'ailleurs peu intense, malgré que la vessie soit distendue; le malade emploie alors un artifice qui lui réussil presque toujours: il trempe ses mains dans l'eau froide et bientôt la miction se fait librement. A plusieurs reprises cependant, il a fallu le sonder, le canat est d’aillewrs absolument libre.

Le passage de l'urine n’est pas perçu. Quand il 4 dé la rétention, il ne souffre pas dé la distension de la vessie.

95 mai. La sensibilité reste nulle sûr toute la surface cutanée, cependant la peau de l’éminence thénar est légèrement sensible à la piqûre d’une épingle.

La sensibilité à la témpérature persiste:

Le sens de position n’est que peu altéré.

Les douleurs gastriques ét les douleurs fulguranites des membres in= férieurs deviennent plus fréquentes que jamais.

19 juin. La galvanisation a été continuée tous les jours (courants céntrifuges allant dé là moelle aux membres).

La sensibilité au toucher est revenue sur les téguments des membres inférieurs et du tronc au-dessous de l'ombilie.

La sensibilité à la température existe sur toute la surface du corps. La sensibilité à la douleur est nulle, même là où existe la sensibilité tactile. La difficulté de la miction reste la même.

Le 29 août. On a fait depuis lé commencement du mois quaire séances d’électrisation statique : (imprégnation de fluide négatif, le malade étant isolé sur un tabouret à pieds de vérré pendant vingt minutes). L’anesthésie ét l’analgésie ne sont en rièn modifiées.

Les crises gastriques paraissent diminuées après chaque séance.

OBS, XXX.— Ataxie locomotrice au début. Parésie vésicale ; anesthésie de l’urèthre.

Côme Alfred, 43 ans. Il a eu la syphilis en 4870 : chanére induré, pléiade ganglionnaire, plaques muqueuses: il a pris irrégulièrement des pilules de protoiodure, des bains de sublimé, de l’iodure de potassium. Il a eu plusieurs blennorrhagies et avoue des excès de coït. Depuis trois ans, il éprouve des douleurs vagues dans les membres inférieurs, une sensation de constriction à la ceinture et des douleurs lombaires. è

Il y a trois ans apparut brusquement une paralysie de la troisième paire gauche,

Vers la même époque se montrèrent quelques troubles de la miction : il ne sentaït pas l'urine s’écouler par le canal ei il lui devint de plus en plus difficile d'évacuer sa vessie, il n’urinait bien qu’en allant à la garde-robe.

Jamais il m'a ressenti de douleurs violentes dans la vessie, seulement un peu de pesanteur à l’hypogastre ; il a du ténesme rectal, de fréquentes épreintes.

Depuis quelques mois, il éprouve des douleurs tte té qu'il compare lui-même à des lames de feu dans les membres inférieurs; il souffre beaucoup d’une sensation de eonstriction en ceinture à la base du thorax. Il ressent souvent'des douleurs au niveau des sourcils.

La marche est encore facile, même dans l’obscurité. Pas de perte du sens de position.

L’urèthre est libre sur toute son étendue.

OBs. XXXI. — Ataxie locomotrice. Incoordination et parésie de la vessie,

. Schom..., 39 ans. Hôpital Laënnec, service de M. le professeur Ball. Salle Béhier, n° 19. l

Syphilis en 1867,

Début de la maladie en 1879 par une faiblesse des membres inférieurs qui augmente après les excès de boisson.

Dès cette époque, il lui arrivait, quand il n’avait pas uriné depuis quelque temps, de perdre une certaine quantité d'urine dans son pantalon; il en était de même des matières sitôt qu'il avait un peu de diarrhée. En 1880, il lui vient une douleur en ceinture, constrictive, et des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs ; il en eut aussi, mais moins fortes, dans les-membres supérieurs.

Ces douleurs se produisent encore actuellement (novembre 1883), mais elles ont diminué d'intensité.

1 mars 1883. On a constaté : la diminution de la sensibilité et le retard des sensations aux membres inférieurs ;

La perte des réflexes plantaires et rotuliens ;

L’incoordination des membres inférieurs; il manque de tomber sitôt - qu'il ferme les yeux. ,

49 juin. La marche est difficile à cause de l'incoordination des mouvements. Il tombe s’il ferme les yeux étant debout, même sans marcher.

Pas de réflexes tendineux.

La sensibilité est très affaiblie, le retard de sensations très marqué, Quant à la miction, il lui arrive parfois de rester 45 ou 16 heures sans

pouvoir parvenir à uriner. Parfois en se retournant dans son lit, l'urine s'échappe et immédiatement, s’il prend son urinal, il ne réussit pas à pisser.

En général, quand le besoin vient, il faut qu'il soit satisfait immédiatement; les besoins sont d’ailleurs rares (trois fois en 24 heures). En 1879, étant à l'Hôtel-Dieu, il avait fréquemment de faux besoins d'uriner avec douleur à l’hypogastre, mais les mictions véritables n'étaient pas fréquentes. oi

Jamais l'urine n’a été trouble.

Sur ma prière d'essayer d’uriner (il y a plus d’une heure et demie qu’il a uriné), il n’arrive qu'après bien des efforts à expulser quelques gouttes.

OBs. XXXII, — Ataxie locomotrice. Mictions inconscientes.

(Observation communiquée par mon ami Chaslin, interne des hôpitaux).

Veuve Walbert, 55 ans. Hospice de la Salpétrière, service de M. Luys, salle Barth, n° 41.

Depuis 1865, douleurs lombaires; depuis 1881, douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs et supérieurs et dans la tête. Douleurs en ceinture. Très peu d’incoordination motrice. Pas d’anesthésie n taire. Strabisme convergent et amaurose depuis 1877. Actuellement diplopie.

Pas de perte du sentiment musculaire. Fourmillements de temps à autre.

Troubles urinaires. — Quand la malade est debout, il arrive souvent, principalement aux périodes de douleurs, qu’elle urine sans s’en apercevoir. Aucune douleur ni avant, ni pendant, ni après la miction. Miction normale sous le rapport de la fréquence et de la quantité.

OBs. XXXIII. — Ataxie locomotrice. Incoordination vésicale.

(Observation recueillie par M. Chaslin, interne des hôpitaux).

Davaulay, Céline, 45 ans. Salpêtrière, service de M. Luys, salle Pinel, n° 17.

Vers 1871, dit la malade, amaurose et surdité subites, mais passagères (durée : une quinzaine de jours). En avril 4879, titubation.

En 1874, douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs et supérieurs et dans Ie tronc.

Anesthésie plantaire, musculaire et articulaire.

Actuellement, pas d’anesthésie au tact, au froid ni à la douleur. Ver

tiges fréquents. Incoordination motrice peu accentuée, mais atrophie des muscles de la région antérieure des jambes (pas de contractilité faradique).

Troubles urinaires. — De temps à autre : grande difficulté pour uriner : la malade pousse comme si elle allait à la selle tout le temps de la miction, qui se fait par saccades, péniblement et lentement, quelques gouttes venant seulement à la fois. En même temps que se se produisent ces troubles urinaires, la malade éprouve pendant toute la durée de la miction et non pas au commencement et à la fin, une douleur vive au niveau du pubis; elle a moins nettement la sensation de besoin qui, d’ailleurs, ne se fait sentir que deux fois dans la journée au lieu de cinq à six fois; cependant la quantité totale d'urine rendue paraît la même quand la malade a ses troubles urinaires et quand elle ne les a pas. Pas de miction involontaire.

Elle ne peut pas dire depuis combien de temps ces troubles se produisent, ni s’ils coïncident avec les exacerbations de douleurs ni combien de temps ils durent (cinq ou six jours peut-être ?P).

En tout cas, ces troubles sont intermittents et ils coïncident avec des urines louches, d’ailleurs sans mauvaise odeur.

Troubles analogues du côté du rectum ; sensation de poids dans le rectum, en dehors des envies de défécation.

OBs. XXXIV. — Ataxie locomotrice. Farésie de la vessie, diminution de sa sensibilité ; anesthésie uréthrale.

(Observation communiquée par M. Chaslin, interne des hôpitaux).

Veuve Schwartz, 51 ans. Hospice de la Salpêtrière, service de M. Luys, salle Barth, n°3. s

Chute au mois de novembre 1881, à laquelle la malade rapporte la cause et le début de sa maladie.

M. Charcot, qu’elle a consulté, paraît croire à l’accélération de la marche de l'affection sous l'influence du traumatisme.

D'abord fourmillements et raideurs dans les membres inférieurs; au - bout de trois mois, impossibilité absolue de marcher, par incoordinanation motrice exagérée. Douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs ; douleurs en ceinture et rachialgie lombaire ; douleurs dans les membres supérieurs depuis cinq à six mois. Incoordination dans les mouvements des membres, surtout inférieurs. Anesthésie plantaire. L'roubles plus accentués à droite. Diplopie transitoire, il y a deux ans. Troubles vaso-moteurs des mains.

Depuis trois à quatre ans, outre une constipation opiniâtre, existent des troubles urinaires. La malade doit faire des efforts considérables

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pour uriner; quelquelquefois, bien qu'éprouvant le besoin, elle est obligée de rester une journée et une nuit sans le satisfaire. Cependant, malgré la rareté des mictions, elles sont peu abondantes; les urines sont rouges et sentent mauvais, dit la malade,

Jamais de douleurs avant, pendant où après la miction. Même quand la malade est restée cinq où six heures sans uriner, le besoin s’en fait sentir très modérément. l

Le passage de l’urine n’est pas senti au niveau de l'urêthre.

OBs. XXXV.— Ataxie locomotriee: Ataxie vésicale.

(Observation communiquée par mon collègue et ami Chaslin, interne des hôpitaux).

Adam, Victoire, 59 ans. Hospice de là Salpêtrière, service de M. Luys, salle Barth, n° 44, ;

Début pendant la guerre de 1870, par des douleurs fulgurantes, douleurs articulaires aux genoux, puis douleurs en ceïnture et rachidiennes. Fes

Incoordination motrice. Perte de la notion de position dans les membres inférieurs.

Douleurs dans le fondement et la matrice.

Paralysié des membres inférieurs (muscles de la région antérieure de la jambe); anesthésie au tact et à la douleur ; pas de thermo-anesthésie. Réflexes abolis. Diplopie.

Troubles urinaires depuis trois ans.

Avant la miction, petité douleur sus-pubienne, ou plutôt sensation de brûlure qui, partant du creux de l'estomac, descend jusqu’au pubis ; puis miction impossible, malgré les efforts de la malade ; d’autres fois, au contraire, après cette douleur, la malade ne peut pas se retenir et urine.

Pendant le sommeil, miction involontaire. Ces troubles avaient cessé pendant deux ans, mais ils ont repris depuis quatre à cinq mois.

Pas de douleur ni pendant, ni après la miction, Fréquence des mictions augmentée; quantité d'urine rendue à chaque miction diminuée. Quelquefois la toux fait uriner la malade involontairement.

Depuis huit à dix jours, amélioration des troubles sous l'influence de la potion suivante : KBr, 4 gr. ; sp. morph., 30 gr., chlôral, 4 gr.

Urines légèrement rouges et troubles ; mauvaise odeur.

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“ÔBs. XXKVI. — Ataxie locomotrice. Ataxie vésicale, Mictions inconsciéntes petidant le sommeil ; légère cystite.

(Communiquée par M. Chaslin, interne des hôpitaux).

They... Anne, 64 ans. Entrée le 26 décembre 1882. dans le service de M. Luys, salle Barth, n° 16, hospice de la Salpêtrière.

Douleurs fulgurantes en 1880.

Rachialgie, douleurs dans les membres inférieures, variables et mobiles. Douleurs en ceinture. Incoordination considérable. Abolition des réflexes rotuliens. Anesthésie à la douleur, légère; pas au contact ni au froid, aux membres supérieurs et inférieurs. Amblyopie et diplopie passagère.

Pas de douleur avant, pendant et après la miction. Mictions nocturnes. involontaires. Fréquence des mictions augmentée quelquefois. Miction nécessitant de grands efforts. De témps en temps, douleur dans le canal pendant que « ça passe ». Quelquefois, urines troubles avec mauvaise odeur. Ces différents troubles sont inconsfanis, passagers et variables ; ils datent de deux mois à peine.

Ténesme rectal, sensation de corps étranger rectal.

OBs. XXXVII. — Ataxie locomotrice. Incoordination de la vessie.

(Recueillie par M. Chaslin, interne des hôpitaux).

Gaill.. Has 65 ans, entrée le % octobre 1880, à la Salpétrière, -Salle Pinél, , Service du Dr Luys.

Début de ya 25 ans. Douleurs fulgurantes fixes dans les membrés inférieurs et supérieurs ; douleurs en ceinture, douleurs dans la sphère -du trijumeau, douléurs rachidiéennes. Incoordination motrice. |Réflexes abolis. Amäurose. Pas de surdité. Troubles urinaires : mictions très difficiles ; là malade pousse fortement. Puis quelquefois, quand elle -ést restée longtemps sans uriner, mictiôn involontairé (quelques gouttes) ; souvent les mictions ne donnent que quelques gouttes.

Hypéresthésié de l’urêthre ; petite sensation de brûlure au passage dé l'urine.

Pas de douleur avant ni après la miction.

Ops. XXX VIII. — Ataxie locomotrice, Rétention momentanée d'urine. Diagnostic avec une lésion ancienné des voiés urinaires.

Le nommé Blot, 49 ans, vieut à la consultation des voies urinaires de l'hôpital Necker, le 6 septembre 1881.

Blennorrhagie en 1830. Continue à couler, avec recrudescences pen, dant environ cinq ans. Chancre induré (Ricord) 1867. Plusieurs autres écoulements dont lés dates restent indéterminées. Excès vénériens, Il se vante d’avoir pu accomplir le coït six fois dans la nuit.

En 1870, soigné par M. Mallez pour une blennorrhagie, il survient une épididymite double, puis prostatite subaïiguë ; enfin, hypertrophie de la prostate.

En 1874 (?) il entre dans le service du professeur Guyon, ayant des mictions très fréquentes et très douloureuses.

Il y a trois ans, nouveaux symptômes urinaires.

Puis surviennent des douleurs fulgurantes dans les jambes, de l’incoordination des mouvements, du strabisme.

Il vient en septembre 1881 se plaindre d'avoir par moments de la rétention d'urine qui nécessite l'emploi de la sonde. Quand il urine, il paraît sentir l’urine qui coule à travers l’urèthre, mais la sensation n’est pas toujours bien nette; la sonde passe aisément sans rencontrer d’obstacle.

I se fait faire presque tous les jours une injection de morphine.

Os. XXXIX. — Ataxie locomotrice. Crises vésicales,

Ver.., 46 ans.

Antécédents. Aucune affection vénérienne.

Père mort après avoir souffert de douleurs de 45 à 76 ans (rhumatisme probable). Mère bien portante. Fièvre intermittente à Tours, Pas de rhumatisme. Six enfants.

Début il y a dix-huit mois, par une douleur lombaire, très violente parfois, avec constriction en ceinture, revenant plusienrs fois par jour,

Douleurs fulgurantes du côté droit, fourmillements à la cuisse droite et l’orteil gauche. Appétits sexuels exagérés, érections continuelles, puissance génésique considérable. Quelquefois, excès sexuels étant jeune.

Il y a un an, il entre salle Saint-Vincent, dans le service du professeur Guyon. On avait diagnostiqué (en ville) un rétrécissement de lurèthre avec cystite et prostatite. A la première séance d’examen, l'explorateur n° 18 passa facilement.

L'urêthre est sain ainsi que la vessie.

éprouvait une sensation de brûlure en uürinant, de la douleur au bout de la verge et à l’hypogastre après la miction, pendant de quinze à vingt minutes; il urinait parfois trois à quatre fois en une heure; d’autres fois, il restait plusieurs heures sans uriner.

L'urine est parfois trouble, blanchâtre ; le malade affirme que plus

il souffre, plus son urine est claire. Jamais d’incontinence (un peu de 4 à 6 ans) ni de rétention.

Elancements dans le rectum. Chatouillement dans la verge. Crises gastriques très violentes il y a six mois; pendant deux mois, sans vomissements.

Il a conservé toute sa vigueur. Il trébuche parfois en marchant, avance difficilement les yeux fermés, se tient bien debout. Réflexes rotuliens très diminuées ; un peu plus faibles à. droite.

Pas d’anesthésie du canal de l’urèthre, ni du rectum. Constipation. Pas de troubles oculaires, ni auditifs. Pas d’anesthésie des membres inférieurs.

Depuis un an, suintement continuel par lurèthre (le Béniqué 32 peut passer). Epidimyte il y a trois semaines. Il reste un noyau gros comme une noix à la tête de l’épididyme. La queue est encore grosse et douloureuse. Varicocèle à gauche. ;

Toux depuis six semaines, mais sonorité normale; la respiration s'entend mal partout, mais pas un râle, pas de respiration soufflante.

Traitement Kbr. — Pointes de feu dorso-lombaires ; bain sulfureux deux fois par semaine.

95 mai. Douleurs fulgurantes disparues ; douleurs à la région lombäire el alourdissement dans les jambes le matin seulement.

Depuis une quinzaine de jours, gastralgie soulagée par le repas. Pas de vomissement.

Rien de changé dans l’état des:voies urinaires et génitales.

Meilleur sommeil ; plus d’'appétits sexuels, plus de souffrance dans, dans le coït.

Traitement : Suspension de Kbr; cautérisatron ; douches froides,

. Ogs. XL, — Ataxie locomotrice. Parésie vésicale, parésie temporaire du sphincter. Cystite légère.

Tourn.…, Marie, 53 ans. Hospice de la Salpétrière, service du Dr Charcot, salle Cabanis, n° 93.

Début d’ataxie il y a vingt ans : Douleurs fulgurantes, incoordina= tion motrice, étourdissements. Depuis six ou sept ans, elle est obligée de faire effort pour uriner ; si elle cesse de faire effort l’urine s'arrête pour repartir si l’eflort reprend.

Il y asix ou sept ans, incontinence pendant trois mois; l'urine coulait presque constamment.

Il y a environ six semaines, l'incontinence est revenue ; elle ne sentait pas le besoin, et fréquemment l'urine partait sans qu'elle put

Geffrier, 18

Di

la retenir. Elle accusait aussi de l'ardeur et de la cuisson après la miction. (Cystite).

Actuellement, elle retient son urine, mais toujours avec efforl.

OBs. XLI. — Ataxie locomotrice. Parésie vésicale, puis cystite ulcéreuse.

Legris, Pose, 71 ans. — Hospice de la Salpétrière, service du Dr Luys, salle Broca,. n° 7,

Ataxie. Douleurs fulgurantes depuis vingt ans dans les membres inférieurs et les viscères abdominaux. |

Troubles vésicaux depuis quatre ans. Auparavant, elle éprouvait déjà. de la difficulté à uriner et la miction élait douloureuse. Besoins fréquents; urines troubles. Aggravation continuelle et progressive depuis cette époque. Elle urine des glaires, quelquefois du sang ; elle est en proie à un ténesme continuel qui la force si souvent à uriner qu'elle conserve nuit.et jour: son vase près de son. siège.

O8s. XLII. — Symptômes tabétiques, peu accentués. Troubles de miction dus à une cystite blennorrhagique concomitante.

Aub..…, 25 ans, Cocher de tramway.

Antécédents hérédilaires : Père mort hémiplégique; un frère est épileptique ; sa mère est rhumatisante.

Il eut il ÿ a un an une blennorrhagie, qu’il soigna par des capsules de térébenthine et des injections au sulfate de fer.

Quinze jours après le début de la blennorrhagie, les mictions deviennent plus fréquentes, puis il survient une douleur violente après la miction; enfin, chaque miction se termine par des efforts douloureux s'accompagnant de l'expulsion d’une certaine quantité de sang. Cet état commence à s’amender au bout d’un mois.

Depuis deux mois environ, le malade sé plaint de souffrir d’une douleur en ceinture, et de douleurs vives, lancinantes, à caractère fulgurant à la face interne des cuisses.

Le membre inférieur gauche est moins fort que le droit qui est normal.

H y a un très léger degré d’incoordination dans la marche; cette incoordination est exagérée si le malade ferme les yeux. Il se sent mal en équilibre les,talons rapprochés et les yeux fermés.

Les réflexes tendineux du genou sont normaux.

Il accuse aussi depuis deux mois des douleurs continues au niveau de l’hypogastre, exagérées par le travail, et il souffre en urinant.

Les miclions ne sont pas très fréquentes ; l’urine est chargée, et laisse un dépôt jaunâtre ; pas d'écoulement uréthral. Le passage de l'urine est bien perçu.

OBs. XLAII. — Syphilis. Ataxie probable. Rétention d'urine, puis parésie yésicale.

Pallier, 31 ans, syphilis probable, il y a environ un an ; traitement spécifique conseillé par un médecin du Havre ; ulcération au gland, roséole, excoriations à la bouche ; plusieurs blennorrhagies.

Depuis le mois de juin 1881, il a ressenti de violentes douleurs dans la colonne vertébrale. Ces douleurs, qui survenaient brusquement, comme de violents élancements, débutaient à la région cervicale pour descendre jusqu’à la colonne lombaire ; elles ne se sont jamais faits sentir dans les membres. ,

Au moment des crises, le malade dit qu'il éprouvait parfois des mouvements involontaires et que, s’il était debout, il manquait tomber. Au début, il est resté trois mois au lit ; puis il s’est servi d’une canne pour marcher ; mais la marche devenant de plus en plus difficile et, de crainte de se laisser choir sous l'influence de ses douleurs spinales, il a pris des béquilles dont il se sert encore aujourd’hui.

Peu de jours après le début de ces douleurs, il éprouva des troubles urinaires: rétention suivie d’incontinence par regorgement. Il fut sondé, puis plus tard se sonda régulièrement lui-même pendant irois mois avec une sonde en gomme n° 16.

Vers le mois de septembre, il commença à pouvoir uriner sans sonde, mais il a’urinait pas quand il voulait, n’expulsant son urine , que lorsque, en même temps, il expulsait par le rectum des matières ou des gazs. :

‘D'ailleurs, fréquemment les urines s’écoulaient involontairement et, à peu près à la même époque, il gâtait dans son lit; il prétend qu'en outre, à ce moment, son siège el peut-être ses membres inférieurs étaient privés de sensibilité.

Le jour où nous le voyons (15 févr. 1882), il marche avec deux béquilles, mais peut facilement se tenir debout, et même marcher sans elles ; mais la marche est incertaine ; les pieds quittent à peine }a sol et les jambes sont maladroïtes.

S'il ferme les yeux, il vacille en marchant.

Même force musculaire dans les quatre membres; pas d’anesthésie exagération notable des réflexes tendineux du genou ; pas de trémulation spinale par l'extension du pied. :

Les douleurs spinales ont persisté. Il a encore de l'incontinence

(il porte un réservoir dans son pantalon) ; ila parfois quelques douleurs à l’hypogastre ; ses urines sont très troubles. Il n’a pas de rétrécissement ; un explorateur à boule n° 49, parcourt facilement toute la longueur de l’urètre.

Traitement : Sirop de Gibert, deux cuillerées par jour.

Paraplégie.

O8s. XLIV.— Fracture de la colonne lombaire; paraplégie. Rétention d'urine, puis mictions inconscientes se rapprochant de l'incontinence absolue.

Novak..., 25 ans. Hôpital Laënnec ; service de M. Damaschino, salle

Trousseau, 12. Le malade s’est fait il y a treize mois, à la suite d’une

chute d’un lieu élevé, une fracture de la colonne vertébrale. Il existe

encore aujourd'hui une forte saillie au niveau des cinq vertèbres lombaires ; c’est la cinquième qui est la plus saillante.

À la suite de cet accident, il se produisit immédiatement une paraplégie motrice complète.

La paralysie des membres inférieurs est encore complète actuellement (novembre 1883) ; l’anesthésie est absolue, sauf à la partie antérieure de la cuisse droite. Il éprouve dans ces membres anesthésiés des douleurs spontanées très pénibles, et ils sont le siège d’un œdème considérable.

Depuis sept mois, il a une vaste eschare sacrée, aujourd'hui en voie de cicatrisation.

Pendant tout le :premier mois qui a suivi son accident, il n’a pu uriner sans être sondé, Au bout de ce temps, la miction est devenue ce qu’elle est encore actuellement.

Il ne sent jamais le besoin d’uriner.

Il conserve toujours son urinal entre les cuisses; cependant il affirme que l’urine ne coule pas constamment goutte à goutte, mais que parfois elle reste deux à trois heures sans couler. Si on lui prend son urinal, l'urine, dit-il, se met immédiatement à suinter (?); sitôt qu'on le remue, pour le changer de linge, le nettoyer ou panser son eschare, l’urine s'écoule.

I fait un effort devant moi pour uriner et réussit à expulser en jet un peu d'urine (30 à 40 grammes environ), il contracte violemment pour celà ses muscles abdominaux. Un instant après, je presse fortement au-dessus du pubis, et il s'écoule encore une certaine quantité d'urine (50.gr. environ); après cela, il semble à la palpation que la vessie n’est pas encore absolument vide.

En examinant son méat pendant un temps assez long, on ne voit s’y produire aucun suintement.

L'urine est ammoniacale et purulente.

OBs. XLV. — Paraplégie ; rétention d'urine, puis mictions involontaires. (Communiquée par mon ami Marcigney, interne du service).

Michel M..., 34 ans. Hôpital Beaujon, deuxième pavillon, n° 17. Service de M. Labbé. |

Cet homme, chargé d'un sac d'avoine, est tombé sur les pieds dit-il, d’une hauteur de trois mètres, puis il a perdu connaissance. Il est amené le jour même à l’hôpital Beaujon.

10 juillet 1883, il est dans l’état suivant : Intelligence complète, état général très bon, pas de fièvre.

Paraplégie motrice complète, avec anesthésie incomplète : la sensibilité existe sur les cuisses et la moitié supérieure des jambes, le reste est insensible,

Incontinence des matières fécales.

Rétension complète d'urine.

Légère dyspnée.

Lorsqu'on examine la région dorso-lombaire, on constate une saillie qui s'étend de la dixième vertèbre dorsale à la première lombaire ; pas d’ecchymose.

Douleur vive à la pression ; on sent facilement l’apophyse épineuse de la onzième dorsale. Pas de douleur en ceinture.

On porte le diagnostic de fracture ou luxation de la colonne vertébrale.

La réduction est tentée : Contrextensiou sur le thorax, traction par deux hommes sur les membres inférieurs. On sent un léger choc, et la réduction est faite ; il ne reste plus qu’une légère saillie occupant la région précitée.

Immédiatement, le malade se trouve soulagé des douleurs profondes qu'il sentait à ce niveau.

Il est placé sur un plan horizontal ; on lui applique trois ventouses scarifiées de chaque côté de la colonne lombaire.

Le 12. Il exécute de petits mouvements dans les membres inférieurs, mais ne peut détacher les pieds du plan du lit.

La sensibilité commence à reparaître sur les jambes.

Le 20. La paralysie de l'intestin et de la vessie persistent; la constipation est combattue par des lavements. On place le malade dans une goattière de Bonnet.

Le 2°. Ballonnement du ventre, constipation; parfois selles involontaires.

La rétention d'urine persiste, on le sonde deux fois par jour. Léger

catarrhe vésical et uréthral.

Le 24. État général excellent. Il ne peut encore soulever complètement les pieds.

La sensibilité est partout revenue, sauf sur le pied gauche.

Début d’eschare au sacrum.

Même rétention d'urine ; lorsque la vessie est trop pleine, il expulse malgré lui quelques gouttes d'urine.

410 novembre : La sensibilité et la motilité ont fait quelques progrès : le pied. gauche, sauf le gros orteil, et le côté interne de la jambe, restent seuls insensibles.

Les muscles du même pied et ceux de la région autéro-externe de la jambe, son encore paralysés. Les mêmes groupes musculaires du côté opposé‘exécutent de petits mouvements, le malade commence à marcher avec des.béquilles.

L’eschare sacrée, large et assez profonde, est en voie de cicatrisation.

Incontinence des matières fécales.

Depuis un mois et demi on ne le sonde plus, parce qu'il expulse spontanément, mais involontairement l’urine de sa vessie toutes les heures environ. |

On lui a fait pendant le mois d’octobre des lavages de la vessie avec une solution d’acide borique, à cause de la purulence des urines, et chaque fois, la sonde trouve dans la vessie une certaine quantité d'urine, même lorsqu'il vient d’uriner.

Depuis trois semaines, en ne faisant aucun mouvement, il peut conserver l'urine pendant une heure ou une heure et demie, puis en faisant un grand effort, et pressant l’hypogastre avec sa ma, il parvient à la chasser au dehors.

Lorsqu'il remue dans son lit, et pendant son sommeil, il lui arrive de pisser malgré lui; aussi prend-il la précaution, pendant la nuit, de conserver son urinal «entre les cuisses.

Il lui arrive parfois de se réveiller avec le besoin d’uriner, il pisse alors volontairement.

OBs. XLVI. — Paraplégie. Rétention, puis miction involontaire, à intervalles rapprochés.

Brug.. Louis, 23 ans. Hospice de Bicètre. Service de M. Debove, salle Rochoux, 2.

Fracture de la colonne vertébrale, paraplégie immédiate, il y à seize mois. On constate encore de la douleur à la pression au niveau de la 8e, et surtout de la 4e vertèbre lombaire.

La paraplégie motrice est restée complète.

L'anesthésie à peut-être un peu diminué, cependant elle est encore

LOTIR Ar,

actuellement complète aux deux membres inférieurs, sauf à la partie antérieure des cuisses et à la région interne,

Depuis dix mois, il éprouve des douleurs spontanées, et depuis cinq: mois, il a de l’œdème des membres paralysés.

Pendant les trente premiers jours qui ont suivi son accident, il a dû être sondé de deux à quatre fois par jour: il sentait bien le besoin d’uriner, mais ne pouvait le satisfaire.

Au bout d'un mois, il put uriner comme il urine encore aujourd’hui: c’est-a-dire que toutes les heures environ, il a la sensation de besoin, et presque immédiatement le jet d'urine sort sans qu’il ait fait aucun effort.

L'urine est légèrement purulente.

T1 laisse quelquefois aller les matières dans le lit, surtout s’i} a la diarrhée.

Eschare au sacrum depuis un mois.

OBs. XL VII. — Fracture dé la colonne vertébrale ; parésie des membres inférieurs.

Paul Rémy, 21 ans. Hôpital Beaujon. Service du Dr Tillaux. Salle Ambroise Paré, n° 15. — Observation communiquée par un collègue et ami Guinard,. interne du service.

Entré le 14 juillet 1883 : La veille, s'étant endormi sur le talus des fortifications, il s’est réveillé au fond du fossé, environ deux heures après, sans pouvoir expliquer comment la chute s’est produite.

Parfaite lucidité d'esprit. Pas de paraplégie véritable ; mais parésie des membres inférieurs; tandis qu’il peut soulever les genoux, ses talons ne peuvent quitter le plan da lit. Sensibilité entièrement conservée, sauf aux deux pieds, à partir d’une ligne qui passerait assez exactement par l'extrémité des malléoles. Dans cette zône, anesthésie complète même à l’épingle.

Rétention complète d'urine, rétention des matières fécales ; la vessie elle-même est paralysée, car l'urine coule en bavant par la sonde. Pas d’érections. à

L'examen de la colonne vertébrale fait percevoir un peu de douleur au niveau delapophyse épineuse de la douzième dorsale, qui est plus saillante que les vorsines, mais non déviée latéralement.

97 juillet. Plus de parésie n1 d’anesthésie dumembre inférieur droit; pas de changement pour le membre gauche; même état également pour la vessie et le rectum : on sonde le malade fois par jour.

Abolition complète des réflexes dansles membres inférieurs, à droite comme à gauche.

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