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Ogs. LIT, — Fracture de la 7e vertèbre cervicale et de la 1re dorsale. Réduction. Paraplégie. Rétention d'urine; amélioration rapide.
(Obs. de Tuson, in thèse de Carañ).
Th. Hichson, 42 ans, entre.le 27 octobre 1842 à l'hôpital de Midd- Jesex.
Une heure et demie avant son admission, étant ivre, il était tombé du haut d’un chariot sur le dos. Il fut relevé et transporté à l'hôpital dans une voiture qui le secoua beaucoup. Il avait entendu au moment de la chute un craquement derrière le cou. Lorsqu'il voulut sortir de voiture, il trouva qu’il ne pouvait plus se tenir sur les jambes, ét qu'il ne sentait même plus lorsqu'on les jui touchait. En examinant les apophyses épineuses de la 7 cervicale et la {re dorsale, là où le choc avait porté, on trouva dans ce point quelque irrégulariié et du déplacement. Priapisme, Pouls à 50 ; perte du mouvement et de la sensibilité des jambes. M. Tuson fit alors fixer la tête et tirer fortement et graduellement sur les jambes; immédiatement le mouvement et la sensibilité reparurent comme à l’état naturel. Le malade dit qu'il était guéri; il leva les deux jambes et les agita en tous sens. Le priapisme cessa. Il fut couché à plat et on le sonda, les urines ne coulant plus spontanément.
Jusqu'au 45 janvier, la motilité et la sensibilité des membres étaient demeurées parfaites ; il avait même recouvré en peu de temps la faculté de rendre volontairement les urines, lorsque ce même jour, il se plaignit de douleurs à la partie postérieure du cou et d’engourdissement le long des bras jusqu’au petit doigt, On le condamna alors au repos le plus absolu. Cet état dura jusqu’au 24 janvier.
Depuis ce moment, il regagna graduellement de la force. Sauf de légères variations, le sentiment et la motilité se rétablirent dans les membres supérieurs. Il quitta l'hôpital le 13 février, assez bien portant, quoique faible encore. Il revint ensuite à la consultation pendant un mois. Au bout de ce temps, la guérison était cemplète.
OBs. LIV. — Fracture de la 11e vertèbre dorsale. Paraplégie. Rétention d'urine. Extension. Guérison rapide.
(Obs. du Dr Wollaston (The Lancet, 1869), in thèse de Carafi (résumée).
Un homme de 36 ans, tombe étant ivre, d'une hauteur de 4 mètres, le 18 novembre 1868. On constate une fracture de la 41° vertèbre dorsale ayant occasionné une paraplégie, avec hyperesthésie cutanée aux deux membres inférieurs.
La fracture fut réduite par l’extension au moyen de poulies; la résolution musculaire étant obtenue par le chloroforme. Rétention d’u-
rine,.
19 novembre. Même état, pouls 28 à la minute. Cathétérisme, injections de morphine.
Le 21. Toujours 3 ‘cathétérismes par vingt-quatre heures ; urine un peu trouble et ammoniacale, vomissements. :
Le 23. L'hyperesthésie diminue; léger engourdissement des jambes. Plusieurs selles ; l’urine est légèrement alcaline.
4 décembre. Pour la première fois le malade urine tout seul. Il s’assoit dans son lit. La constipalion persiste : on continue les purgatifs.
Le 23. Il se lève et marche avec un soutien dont il arrive à se passer peu à peu. Conserve un peu de raideur dans Je dos.
4er janvier 1869. Le malade sort de l'hôpital complètement guéri.
OBS. LV. — Fracture des vertèbres lombaires ; paraplégie (extension et contre-extension). Rétention. d'urine suivie d’incontinence, (Obs. VII de la thèse de Carañi (Dr Grace. Brit. Med. Journ., 1872), résumée).
W. Spicer, âgé de 22 ans, mineur, reçoit sur le dos un bloc de fer d'environ 1,000 livres. Les quatre premières vertèbres lombaires paraissent atteintes. L'état général devient immédiatement très inquiétant, et il se produit une paraplégie complète de la motilité et de la sensibilité. On essaie immédiatement de faire l'extension, on réduit en partie la fracture ; la respiration et le pouls deviennent plus satisfaisants. |
La rétention est complète et nécessite le cathétérisme.
Au bout de dix jours, le malade ayant été déplacé, on refait de nouveau l’extension.
Un mois après, la sensibilité revient un peu au côté gauche, et bientÔt après au membre inférieur droit.
‘On dut sonder le malade tous les jours, pendant deux mois, ensuite l'urine « s'écoule involontairement. »
Au troisième mois, il peut s'asseoir et se tenir debout. Il avait eu une petite eschare sacrée. AE
Au bout de deux ans, il peut reprendre son métier de mineur.
Cinq ans après, certaines parties restent encore insensibles : plante des pieds, mollets, perinée, région anale, serotum, pénis. Il ya de lincontinence ‘pour les matières fécales liquides ; il les retient lorsqu’elles sont solides. « L'incontinence d'urine est dans le même état: »
Il'a repris ses devoirs conjugaux et a eu deux enfants depuis son accident. , 1 2
O8s. LVI. — Fracture de la première vertébre lombaire. Rétention d'urine, d'abord complète, puis incomplète. Mort par pyélo-néphrite.
Obs. du Dr Barlow (Med. chirurg. Transactions. London, 1832), in thèse de Carafñ (obs. résumée),
Homme de 28 ans, chute du haut d’un arbre; fracture au niveau de la première lombaire : paraplégie motrice et sensitive.
Rétention d’urine nécessitant le cathétérisme. Constipation. On pratique l’extension graduelle, sans grande amélioration.
Au bout de huit mois, même état de la paraplégie ; l'émission des urines s’était un peu améliorée.
Au bout de douze mois, il commençait à pouvoir s'assroir dans un fauteuil, lorsqu’il fut pris de symptômes de cystite avec pylonéphrite, et il ne tarda pas à succomber, après avoir eu de la fièvre, des frissons, des vomissements. Il s'était fait dans les derniers temps une eschare au sacrum.
On trouve à l’autopsie une fracture de la première lombaire, une compression avec ramollissement de la moelle à ce niveau.
Les bassinets étaient dilatés et remplis de pus mélangé d'urine.
O8s. LVIT.— Fracture au niveau des 11e et 12° vertèbres dorsales ; paraplégie promptement guérie à la suite de tentatives de réduction. Rétention d'urine.
(Obs. X de la thèse de Carafi, résumée).
Une jeune femme de 21 ans, tombe le 20 avril 14884, d’une hauteur de trois étages, elle se fait une fracture du radius, fracture par écrasement des deux calcanéums, enfin fracture au niveau des 11° et 12 vertèbres dorsales.
La paraplégie est presque complète, mais la sensibilité n’est qu’affaiblie. Rétention d'urine.
On procède à la réduction, puis la malade est placée dans une gouttière de Bonnet.
Ea rétention d'urine persiste jusqu’au 5 mai; le jour où elle commence à uriner seule, elle peut aussi faire exécuter quelques mouvements aux muscles de la cuisse droite.
20 mai. Les mouvements sont presque entièrement revenus à Ja jambe droite.
15 juin. Les mouvements sont entièrement revenus dans les deux membres inférieurs. |
Le 20. La malade commence à marcher.
Elle quitte l'hôpital le 2 août.
O8s. LVIIT. — Fracture de la % vertèbre dorsale. Paraplégie. | Rétention d’urine. Mort (in. th. de Carafi.),
Un maçon de 95 ans, tombe sur la tête, d’une hauteur de 10 à 12 mètres. On observe, au moment de son entrée, une paraplégie complète, sensitive et motrice. Rétention d'urine, Il a en outre des érections et de la contracture du bras gauche. Délire.
Déformation considérable, au niveau de la 10e dorsale. Réduction immédiate sans chloroforme, dont le seul résultat fut la cessation des érections. Le malade tomba dans le coma et succomba au huitième joûr de sa fracture.
À l’autopsie, foyer d’hémorrhagie dans l'hémisphère droit.
La fracture du rachis porte sur la 9e vertèbre dorsale, dont le corps est divisé en deux fragments. Le tassement du corps de la vertèbre a été sans influence sur le calibre du canal -vertébral. Pas d’hémorrhagie dans le canal vertébral.
OBS. LIX. — Fracture de la 11° dorsale, traitée par la méthode de Cras:; amélioration très considérable. Réténtion. Anesthésie passagère de la vessie et de l’urèthre. Uréthro-cystite. Guérison des troubles urinaires, Par M. Elouet (in thèse de Carañ).
Auffret (J.-M.), 35 ans, maçon, entré à l'hôpital de la Marine le 24, service du professeur Cras.
Get homme a fait dans la journée une chute de la hauteur du deuxième étage sur les fesses. Perte de connaissance au moment de l'accident. À son arrivée à l'hôpital, il a. repris ses sens,,et l’on: constate les symptômes suivants :
Douleur très vive au niveau de la région lombaire, s’exaspérant à la moindre pression; paraplégie incomplète, mouvements de reptation produits par les muscles de la cuisse. lorsqu'on lui dit de soulever les membres. ;
Les muscles de la jambe sont inertes ; pas. de mouvements volontaires, de flexion et d'extension des orteils; la sensibilité est obtuse à la paroi abdominale, aux fesses et à la partie supérieure de {a cuisses est nulle à la jambe et au pied. La muqueuse anale est insensible ainsi que la muqueuse uréthrale.
L'exploration de la colonne vertébrale est très douloureuse vers la 41° dorsale, et, à ce niveau, on constate une saillie angulaire masquée; en partie par un épanchement sanguin, La fesse droite, vers Fischion, est distendue par une bosse sanguine. Le périnée est violacé et. pré-
Pr.
sente ‘une plaie peu dy) qui laisse suinter un peu de sang. FRE à 92:'T: - 8704.
On porte le diagnostic : fracture de la colonne vertébrale et proba © blement de la 11° dorsale. Le malade est couché sur un cadre perc avec un coussin sous la région lombaire.
Le 95. Nuit assez bonne ; respiration un peu gênée ; quelques yomissements ; pas d'émission d'urine. L'insensibilité est la même. On introduit une sonde en caoutehoue n° 46. Le passage de la sonde n’est pas senti. Rend de 4 à 500 grammes d’urine ne renfermant pas d’albumine ni de sucre. Pas de selles. Prescription : Régime à volonté, eau vineuse, demi-lavement.
Le 26. Aucune modification. Catéthérisme. Demi-lavement purgatif donnant lieu à une selle involontaire quelques heures plus tard ; pas de fièvre. Même prescription.
Le 27. On place le blessé sur un amas de coussins disposés en forme de double plan incliné dont l’arête répond au siège présumé de la fracture. Le trone est ainsi placé en déflexion forcée, les fesses touchant à peine le plan du lit.
Le 28. La position a été conservée depuis la veille sans trop de peine. La zone de sensibilité est incontestablement plus étendue ; le malade éprouve le besoin d’uriner, bien qu’il ne puisse accomplir cet acte spontanément. Le passage de la sonde est nettement perçu. Pour maintenir le tronc dans la déflexion, qui paraît diminuer la compression, un a recours à d'appareil à suspension. On glisse sous la région lombo-dorsale, une plaque capitonnée, à l’aide de laquelle on maïntient la déflexion, telle qu’elle est produite par l'appareil provisoire. On place sous les épaules, sous les fesses et les membres inférieurs les autres pièces de l'appareil, et on soulève le blessé en déflexion lombodorsale. Sous le siège de la fracture, un fort conssin de balle est maintenu par un bandage de corps, et on enroule autour du membre inférieur, du bassin et du tronc jusqu’au mamelon, des bandes d’ouate maintenues par un bandage spécial ordinaire. Avant de placer tout cet appareil de bandes silicatées, une plaque épasse de gutta percha est appliquée à la région lombaire ; quatre-vingt-dix mètres de bande silicatée sont employés.
Le blessé est maintenu suspendu pendant deux heures; puis on le laisse reposer sur le cadre P.88; T, 37° 2
Le 29. La sensibilité fait des progrès manifestes. Cathétérisme matin et soir. Légère uréthrite ; pas de selles.
Le 30. Régime à volonté. Eau vineuse; demi-lavement.
La sensibilité paraît être complètement revenue dans les membres inférieurs. Aucune modification notable ne se manifeste jusqu'au
15 octobre, Les urines sont un peu troubles, muco-purulentes. (uréthro-cystite). La température oscille de 360 3 à 3706. On pratique le cathétérisme deux. fois par jour et tous les deux jours on donne un lavement. La constipation est opiniâtre. .
15 octobre. — Accès de fièvre attribuée à uné congestion rénale ; une selle. Pouls à 180. T. 40°. Sulfate.de quinine 0,60.
Le 15. La nuit a été fort agitée ; il y a eu du délire. On ouvre le bandage en enlevant une valve antérieure sur le tronc et en débarrassant les membres. Il ne reste plus du bandage qu’une cuirasse appliquée sur Ja région dorsale sous laquelle est placé un coussin. Depuis quelques jours, un matelas d’eau a été placé sous le cadre. P. 108. T. 38.
Le 17. Le blessé accuse une assez vive douleur à la région lombaire gauche. La quantité des urines est à peu près normale, 4 200 gr, Dépôt muco-purulent au fond du vase. Ni albumine, ni sucre. Amaigrissement marqué des membres inférieurs. OEdème des malléoles. La sensibilité est complètement revenue. La motricité est toujours diminuée dans les membres inférieurs; elle est abolie aux orteils droits et gauches. Le pied gauche est dans l'extension. P. 96. T. 3806. Sulfate de quinine, 0, 50.
Ee 18. Pas de fièvre. Pouls 80. 7.36. Pas de selles depuis trois jours. Prescription : demi-lavement purgatif.
Du 18 octobre au 3 novembre, même état : pas de fièvre, sommeil bas, peu d'appétit. On sonde deux fois par jour. Urine, 1200 @Ts contenant encore du musco-pus. Ni albumine ni sucre. Constipation. Lavement purgatif tous les trois jours.
Le 3. Aujourd’hui, pour la première fois, on constate des mouvements de flexion et d'extension des orteils à droite.
Le 5. Le malade commence à uriner spontanément.
Le 9. Le blessé a uriné spontanément un verre d’urine trouble et rouge. À gauche le mouvement des orteils commence aussi à être apparent.
Le 7. Le malade a encore uriné seul, mais peu.
Le 8. Le malade continue à uriuer seul. La sonde, à la visite du matin, ne ramène que 200 grammes.
Le 12. 1200 grammes d'urine dans les vingt-quatre heures. On remplace les coussins placés sous le malade. On le débarrasse de la cuirasse silicatée. Une petite eschare siège au niveau de la fracture.
Du 13 au 20. Même état. 1200 grammes d’urine en moyenne. Constipation.
Le 20. Nombreuses selles involontaires dans la nuit.
Du 20 novembre au 2 décembre. La quantité d'urine varie entre 900 et 200 grammes. La température prise chaque jour oscille entre
3808 et 37° 4. Selles involontaires. Une nouvelle eschare para it à la région sacrée. Par suite d’un malentendu, l’infirmier a enlevé le matela $ d’eau et placé le blessé dans une position telle que tout le poids du corps portait sur le sacrum.
Le 3. Urine, 1650 grammes. T. 3608. P. 76. L’eschare du dos est stationnaire ; celle du sacrum a augmenté d’étendue. Les urines sont beaucoup plus claires. On ajoute au régime deux litres de lait.
Le 7. Trois selles involontaires, Urine, 1200 grammes. Mouvements de la jambe gauche plus étendus.
Le 9. Jour où je vois le blessé pour la dernière fois, la sensibilité est très marquée dans les membres inférieurs. Le malade peut soulever le membre gauche à une hauteur de quinze centimètres environ. Le membre droit est plus lourd. Cependant il peut aussi le mouvoir, mais non l’élever. Le malade a beaucoup maigri. Lesdouleurs lombaires ont disparu ; plus de douleur au niveau de la fracture. On peut tourner complètement le blessé sur le côté gauche sans lui faire éprouver de douleurs, Les eschares suppurent beaucoup. Les urines sont émises naturellement et en quantité normale. Elles ne contiennent qu’une faible quantité de muco-pus. Quand le malade va à la selle, il rend d’abord une certaine quantité de mucosités et de gaz, puis de matières fécales consistantes. Pas de fièvre. Appétit bon.
O8s. LX. — Mal de Pott. Paraplégie,
X... Hôpital Laënnec. Service du Professeur Ball, salle Broca, 27. Mal de Pott : début il y a treize ans. A ce moment apparition d’une tumeur à la partie supérieure de la région dorsale ; bientôt après, nouvelle tumeur à la partie inférieure de la même région (onzième vertèbre dorsale): la première a disparu au bout de quelques mois. Douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs; douleurs en ceinture; affaiblissement progressif des membres abdominaux. Il ya douze ans, la paraplégie motrice était complète, sans qu'il y ait eu d’anesthésie bien marquée.
Il survient une eschare au sacrum qui met quatre à cinq mois à guérir. En même temps, on notait les troubles de la miction suivants : Pendant huit à dix jours, miction très fréquente (4 à 5 fois par heure) sans douleur aucune. À peine-sentait-elle le besoin d’uriner, que le liquide coulait sans qu'el pût le retenir, sans avoir le temps d’attendre le bassin. Si, à pareil moment, on venait à la sonder, on ne retirait qu’une quantité insignifiante d'urine.
Geffrier. 20