‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 30 sur 34 · USE · texte numérisé non relu

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A cette période d’incontinence, succédait une période de rétention d'urine, qui durait quatre à cinq jours. Pendant ce laps de temps, la malade n’évacuait son urine qu’au moyen de la sonde; elle avail la sensation du besoin sans pouvoir le satisfaire. En même temps, incontinence des matières fécales.

Ces alternatives ont duré deux ans.

Après une amélioration de quinze mais, survient une pleurésie et une nouvelle aggravation dans l'état de la paraplégie, mais sans troubles de la miction. Cependant, la malade ne peut pas résister longtemps au besoin d’uriner, qui ne se fait sentir que deux ou trois fois dans les vingtquatre heures. Constipation opiniâtre : on obtient une selle tous les

. huit ou dix jours à l’aide de lavements. C'est dans ces conditions que

se trouve actuellement la malade. |

La tumeur vertébrale inférieure (siégeant au niveau de la onzième dorsale) a depuis trois mois disparu. L’exploration de cette région démontre une simple tuméfaction diffuse peu marquée à ce niveau, et de

? Ja douleur à la pression, dans l’espace compris entre le huitième vertè-

bre dorsale et la cinquième lombaire. Au niveau du coccyx, on trouve les traces d'un abcès ouvert il ya un an, et qui jette encore aujourd’hui, Plus rien, depuis longtemps, au niveau de la nuque.

Actuellement, la malade peut remuer un peu les jambes, mais la marche est impossible: et il existe des contractures en équinisme. Encore des douleurs en ceinture; pas d’anesthésie; exagération des réflexes plantaires.

Traitement: galvanisation; pointes de feu le long de la colonne vertébrale; piqures de morphine.

OBs. LXI. — Paraplésie d'origine spécifique.

Raymond François, 40 ans. Hôpilal Laënnec. Service de M. le Professeur Ball. Salle Larochefoucault, n° 11.

Syphilis contractée en 1810. En 1881, il entre à Saint-Lonis pour une éruption spécifique, dans le service du D" Laillier. Il est soumis à un traitement d'iodure de potassium. Survient une paraplégie subite, avec miction par regorgement qui cesse dès qu’on sonde le malade régulièrement En même temps incontinence des matières fécales.

Au bout de trois mois. la miction est devenue normale, mais l’incontinence des matières persiste. ‘

Il a retrouvé l'usage de ses jambes en 1883. Il continue d'ailleurs à prendre le traitement spécifique (KI de ? à 6 g.).

Actuellement, il marche assez bien ; cependant il est peu solide sur ses jambes, il les pose comme un ataxique et les soulève brusquement

en marchant. Il accuse une diminution de la puissance museulaire : dans les membres inférieur et supérieur gauches. Jamais d’anesthésie cutanée. Il urine actuellement très bien.

O8s. LXIT. — Myélite, d’origine probablement syphilitique. ‘

X... Hôpital Laënnec. Service du Professeur Ball. Salle Broca, n° 26.

Maux de gorge, il y a un an; furoncles, à la même époque; cicatrices blanches sur la jambe,

Début, il y a quatre mois, par de très vives douleurs dans les deux membres inférieurs, ayant duré deux jours, et suivies de faiblesse et d'impotence fonctionnelle graduellement croissante : marche impossible depuis trois mois.

Depuis son entrée à l'hôpital, elle fait tout sous elle; mais elle prétend que cela tient à la difficulté de la mettre sur le bassin, qu’elle sent le besoin de miction et de défécation, et qu’elle peut se retenir un certain temps.

Miction toutes les deux ou trois heures, plus fréquemment quand elle se sent mouillée; mais jamais inconsciemment.

La sensibilité paraît un peu affaiblie, et il ya retard dans les percep-

tions. Traitement actuel: 6 grammes d’ioduré de potassium et pilules de Sédillot.

OBS. LXIITI. — Paraplégie, Miction normale.

Dev..., Jean. — Hôpital Laënnec, n° 14, service de M. Ferrand,

Est arrivé récemment du service de M. Huchard, à Tenon.

Il dit avoir eu une fièvre typhoïde soignée chez lui, en octobre 1882.

Pendant sa maladie, il aurait été pris de paralysie des membres inférieurs. Il entre à l'hôpital Tenon le 19 décembre 1882. Il dit avoir eu au début de la contraclure du membre inférieur gauche.

Le 27 octobre 1883, il présente une paraplégie motrice à peu près complète. Pas d'anesthésie. Il a encore lès cicatrices d'eschares au siège et aux mollets.

La miction et les selles se font d’une manière absolument normale.

OBs. LXIV. — Paraplégie. Miction involontaire,

Fulg..., Mivhel, 30 ans. — Hôpital Laënnec, service du professeur Ball, salle Béhier, n° 8.

Chancre infectant il y a trois ans et demi.

En juillet 1882, à la suite d’un refroidissement, il survient un affai-

me 0

blissement progressif, mais rapide des membres inférieurs, avec des ‘élancements et des douleurs en ceinture.

A son entrée à Laënnec (13 novembre 18892) il présente une paraplégie motrice presque complète, avec incontinence de l'urine et des fèces. Tendance aux spasmes et à la trépidation musculaire dans les membres paralysés, sous l'influence des excitations. Simple affaiblissement de la sensibilité.

Le 27 octobre 1883. La paraplégie du mouvement est encore presque complète, la trépidation facile ; pas d’anesthésie. Il souffre un peu de la région sacrée, mais n’a pas d’eschare, Aucune déviation de la colonne vertébrale.

Il peut garder l’urine pendant un temps qui varie de un quartd'heure à une demi-heure ; il peut résister quelques minutes au besoin, ce qui lui donne généralement le temps de prendre son urinal. 1] lui arrive quelquefois, cependant, de ne pas en avoir le temps et d’uriner dans son lit ; c’est se qui lui arrive assez souvent la nuit.

Parfois il ne peut uriner, malgré qu’il sente le besoin, et en dépit des plus grands efforts, et un instant après l'urine coule involontairement. Il en est quelquefois de même pour les matières.

O8s. LXV, — Paraplègie. Miction presque involontaire. (Impérieuse.)

Maug.. , Toussaint, 60 ans. -— Hôpital Laënnec, service du professeur Ball, salle Béhier, n° 95,

Syphilis antérieure.

Il présente actuellement (28 octobre 1883) une paraplégie motrice avec légère tendance à la trépidation; pas de déformation de la colonne vertébrale ; pas de trouble de la sensibilité. Athérome artérie}, arc sénile de là cornée très accentué. Constipation.

Diagnostic : Myélite chronique diffuse avec prédominance sur les cordons antéro-latéraux.

Il urine fréquement, peu à la fois, sent bien le besoin d’uriner, mais ne peut se retenir et doit satisfaire immédiatement son besoin, sous peine de laisser échapper l'urine.

L'urine est pâle et un peu trouble.

:. OBs. LXVI. — Paraplégie. Myélite syphilitique. Incontinence, rétention puis de nouveau incontinence, enfin mictions impérieuses.

Leroux, Adolphe, 41 ans.— Hôpital Beaujon, service du D* Letulle, salle Beaujon, ne 4 bis.

A l'âge de 20 ans, il a eu un chancre qui a été suivi d’éruption cutanée et ae plaques muqueuses aux lèvres. Pendant soixante-quinze

— fo —

jours il a pris de la liqueur de Van Swieten, à Buénos-Ayres. Il paraît avoir eu à 30 ans un hygroma suppuré du coude.

Pendant son séjour en Amérique, il a fait des excès alcooliques répétés. :

Depuis longtemps, il a des maux de tête violents survenant le soir.

En 1879, alors qu'il n’avait pas fait d’excès récents, survient une attaque ; il tombe tout à coup sur le trottoir, frappé de paraplégie, sans perdre connaissance. Il reconnaît avoir éprouvé depuis deux ou trois mois un peu de faiblesse dans les jambes.

Dès le premier jour, il a de l'incontinence d'urine et des matières fécales. Douleurs en ceinture.

Il entre à Beaujon, le jour même de l'attaque.

Pendant neuf mois, il prend l'iodure de potassium à la dose de 0 gr. 50 à 10 grammes {cette dernière dose pendant quatre mois). Bains sulfureux.

Il n'a pas eu d’eschare au sacrum.

Au bout de quatre mois, il commence à retenir ses urines ; mais bientôt la rétention fait suite à l'incontinence. On le sonde; huit jours après survient une violente cystile (lavages phéniqués, capsules de Santal). Au bout de quinze jours, il peut uriner seul, mais doit satisfaire son envie immédiatement,sous peine d’uriner dans son lit ou son pantalon. Il ne sent pas le passage de l'urine.

IL est sorti en juin 1880, traînant encore la jambe droite ; l’incontinence avait reparu et le malade portait un urinal. Sondé à plusieurs reprises, 11 dit qu’on a toujours trouvé la vessie vide.

En novembre 1880 il est pris d'étourdissements, de brouillard devant les yeux ; il tombe parfois par terre sans perdre connaissance. Un jour, il ne peut pas se relever, la jambe droite lui refusant tout service. Il rentre à Beaujon. L’incontinence persistait comme lors de sa sortie en juin de la même année. Il est soumis de nouveau au traitement ioduré (de 1 à 18 gr.) et on lui applique des pointes de feu le long de la colonne vertébrale.

Il sort de l'hôpital en février 1882. 11 marchait en traînant la jambe droite. IL pouvait rester près d’une heure sans uriner, mais au bout de ce temps il lui fallait satisfaire immédiatement son besoin.

Son état reste stationnaire pendant près d’un an ; cependant la jambe droite devient de plus en plus lourde, et l’incontinence avait presque entièrement reparu.

[1 rentre à la salle Beaujon le 15 février 1883.

De nouveau, iodure de potassium (de 4 à 9 gr.); pointes de feu ; électrisation de la vessie.

“ Etat actuel. 18 avril : 4

Traîne la jambe droite, un peu plus depuis quinze jours ; marche encore moins bien quand il est nu-pieds. IT perd les ongles des gros orteils périodiquement. Altération des autres ongles des pieds.

Réflexes rotuliens exagérés à droite ; réflexes plantaires diminués. Sensibilité normale, égale des deux côtés.

Il peut conserver l'urine une heure en moyenne, le jour comme la nuit. Il mouille quelquefois son lit faute de se réveiller à temps.

Il dit avoir parfois des pertes séminales, sans érection, ni sensation voluprueuse. Il a perdu tout désir vénérien depuis le mois d’octobre 1879. Il n’a que des érections incomplètes et peu durables.

Il sent quelquefois de légers picotements dans le canal de lurèthre.

08s. LXVII. — Myéhte transverse avec sclérose descendante. (Communiquée par M. Achard, interne du service.)

Serkis... (Pierre), 35 ans, hospice de Bicêtre, service du De Debove, salle Bichat, 20.

Père mort à 40 ans, mère bien portante. Ne semble pas avoir eu la syphilis. Il raconte avoir eu sur la verge un bouton ayant guéri en quinze jours, sans traitement. Pendant l'année 4875, maux de tête fréquents En 1876, étant à l'atelier, il éprouve un vertige accompagné de raideur dans les jambes, qui ne persiste que dans la jambe gauche, qu’il traîne èn marchant. La jambe droite est de nouveau prise pendant l'hiver de la même année, de sorte que, en 1877, ayant beaucoup de peine à marcher, il entre à Lariboisière, dans le service du D' Guyot, où il est traité par le sirop de Gibert, l’iodure de potassium et les pointes de feu, sans bénéficier le moins du monde du traitement. Au bout d’un mois de séjour à l'hôpital, il fait une chute, à la suite de laquelle il perdit entièrement la faculté de marcher. Après une amélioration passagère (au printemps 1878) surviennent, à l'occasion des mouvements, des crises de trépidation et de contractures.

En février 1879, il est admis à Bicêtre.

A plusieurs reprises différentes, douleurs lombaires s’irradiant dans les jambes,

Etat actuel (8 janvier 1881), — Le malade est confiné au lit; ses jambes sont raides; mais il peut cependant les fléchir avec un peu d'effort et soulever un peu la jambe droite au-dessus du lit. Si on essaie de les plier, elles sont prises de contracture et résistent aux mouvements qu'on veut leur imprimer.

Accés spontanés de trépidalion ; phénomènes du pied et du tendon très exagérés.

Sensibilité conservée.

Troubles urinaires. — Début en 1817. D'abord incontinence : il sen-

tait le besoin, mais n'avait pas le temps de se metire en position et de. prendre l’urinoir. Urines transparentes ; pas de douleurs de la vessie.

En 1879, la miction devient de plus en plus difficile; on est obligé . de le sonder (sonde n° 17).

Depuis cette époque, il s’est toujours sondé trois ou quatre fois par jour; il sent le besoin, mais ne peul le satisfaire; quelquefois cependant, il arrive, quand il a fort envie, à expulser quelques gouttes avec de grands efforts. L’urine est transparente quoique contenant un peu de mucus en flocons.

O8s. LXVII. —"Syphilis ; paraplégie. Rétention d'urine ; puis parésie de la vessie et du splincter. Cystite.

Chevalier (Albert), 26 ans, hôpital Necker, salle des maladies des voies urinaires, service de M. le professeur Guyon.

Pas d'antécédents héréditaires. Syphilis, il y a un an (chancre et plaques muqueuses).

I y a cinq mois, dans la nuit du 23 au 24 juillet, il commet des excès vénériens (5 coïts en quelques heures). La miction se fait sans difficullé le 24au matin, maïs le 24 au soir, elle est devenne impossible.

Le 25, au matin, fourmillements, engourdissements dans les jambes; la marche est difficile, la sensation du sol obtuse ; la miction impossible ; avec conservation toutefois du besoin d’uriner.

Le 26, il marche encore un peu, mais il est obligé de se coucher ; il se lève el se traine à quelques centaines de mètres de chez lui, dans une maison où il est obligé de rester ; rapporté chez lui, il éprouve des douleurs dans les jambes et des maux de reins peu violents,

Le 27, dans la matinée, un médecin le sonde avec une sonde en caoutchouc rouge n° 18; à ce moment, il était incapable de remuer les jambes dans son lit ; anesthésie au froid, au toucher et à la piqûre.

Jusqu'au 3 août, il reste chez lui dans le même état : on le sonde deux fois par jour. Le 3 asût, il entre à la Charité.

Vers le 20 août, survient une eschare au sacrum (5 centimètres de diamètre). Constipation. [l est mis au traitement spécifique : frictions mercurielles et 4 gr. KI.

À la fin de septembre, l’eschare est guérie : la motilité revient peu à peu.

Au commencement de novembre, il commence à faire quelques pas et la sensibililé revient progressivement. Parfois il urine seul, parfois aussi il a de l’incontivence.

Etat actuel : encore: une grande faiblesse dans les membres inférieurs, surtout dans le gauche. La sensibilité est assez melte, Envies

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