AP VE
d’uriner toutes les dix minutes ; douleur pendant et après la miction ; depuis six semaines, l’urine dépose beaucoup de pus.
OBs. LXIX. — Paraplégie. Mictions inconscientes pendant le sommeil.
Rivot, 35 ans, hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle Denis Papin, 10.
Atteint depuis 1874 d’une mryélite chronique ayant déterminé une paraplégie, qui est survenue progressivement.
Le malade dit n'avoir jamais eu la syphilis.
En même temps que la force diminuait dans les membres inférieurs, 1 survenait des crampes dans les jambes, puis de la douleur à la pression le long de la colonne vertébrale.
Il a actuellement la trépidation spinale très prononcée.
Pas d’anesthésie,
Il ne peut retenir longtemps le besoin d’uriner pendant le jour: il vide d’ailleurs sa vessie incomplètement ; en 1876, il a été sondé avec une sonde n° 44, qui a trouvé après la miction, un demi-verre d’urine non évacuée.
La nuit, pendant son sommeil, il perd son urine, et il prend la précaution de mettre, avant de s’endormir, son urinal entre les cuisses.
L’urine est chargée, mais il n’y a pas de douleurs de cystite.
Il ne peut pas retenir les matières fécales lorsqu'elles sont liquides.
OBs. LXX. — Paraplégie. Incontinence vraie? Amélioration.
Jubl... (Ch.), 35 ans, hospice Bicêtre, service de M. Debove, salle Bichat, 2.
Il a beaucoup souffert en 1870, pendant sa captivité en Prusse.
En 1879, il lui survient une paraplégie qui devient complète en l’espace de dix jours. Pendant vingt-six mois, il ne pouvait pas faire un mouvement avec ses membres inférieurs.
Il y a eu, au début de sa maladie, de l’incontinence qui paraît avoir été absolûe : il dit que l’urine suintait goutte à goutte, el qu'il étail forcé d'envelopper la verge avec une compresse ; il ne lui semblai! . que sa vessie fût pleine, et n’avait pas de pesanteur ni de tension
lhypogastire. (Cependant on ne l’a jamais sondé.)
A la suite de cautérisations le long de la colonne vertébrale, 'incontinence cesse ; il commence à avoir des besoins fréquents, ei ne retient son urine qu’à grand peine pendant les quelques instants nécessaires pour prendre son urinal ; aussi il urine souvent dans son lit, surtout la nuit.
Peu à peu, il retient de mieux en mieux son urine.
Actuellement, il ne peut se retenir très longtemps, mais il sent le besoin, et a le temps de prendre son urinal; il n’urine plus jamais dans son lit, même en dormant, car le besoin le réveille. Il sent bien passer l'urine.
Jl ne peut retenir ses matières lorsqu'elles sont liquides, ce qui est rare.
Au point de vue de sa myélite : il éprouve parfois une douleur entre les deux épaules et de la constriction en ceinture.
La motilité est en partie revenue aux membres inférieurs, plus à gauche qu’à droite ; il peut marcher avec des béquilles.
Il a eu de l’anesthésie des membres inférieurs, elle a aujourd’hui presque complètement disparu. Il y a des soubresauts dans les jambes, exagéralion des réflexes et un peu de trémulation spinale.
OBs. LXXI. — Paraplégie. Incontinence.
Vic.…., 57 ans. Hospice Bicêtre. Service de M. Debove ; salle Bichat, n° 98. A l’âge de 22 ans, chancre induré ; traitement spécifique institué par Ricord. Bronchite et emphysème depuis 1875.
En janvier 1883, névralgie intercostale droite qui dure plusieurs mois ; sensation de fatigue générale.
34 mars. Il sent ses jambes faibles, et doit prendre une voiture
-pour aller à son bureau.
4er avril. Il ne peut se lever : ses jambes étaient paralysées, et un peu enflées, il avait une forte oppression.
Il se fit soigner quinze jours chez lui, puis entre à la maison de santé, où il prend de la digitale, et de l’iodure de potassium. L'œdème des jambes disparut, et il revient quelques mouvements dans les membres inférieurs, à la fin de mai.
Il entre alors à Lariboisière où on lui fit de la révulsion le long de la colonne vertébrale (service de M. Jaccoud.)
Il avait toujours quelques douleurs intercostales, et par moments des soubresauts dans ses membres inférieurs qui commencent à se contracturer dans la flexion. +
1l entre à Bicêtre le 12 octobre 1883.
A ce moment, il est pâle, amaigri, cachectique.
Pas d’atrophie musculaire, ni de déformations articulaires.
Pas de déformation de la colonne vertébrale ; pas d’eschare.
Membres inférieurs en flexion permanente, ils ne peuvent exécuter aucun mouvement sans le secours de ses mains.
On peut les mettre dans l’extension, mais en usant de violence, et :
Geffrier. 24
Abe
cette extention provoque de vives douleurs dans les reins et dans le thorax. La contracture varie d'intensité suivant les moments.
Il survient des secousses convulsives dans les membres inférieurs, accompagnées de douleurs lombaires ; ces secousses sont spontanées, ou provoquées par une excitation.
Pas de trépidation épileptoïde.
Sensibilité diminuée aux membres inférieurs, sauf à la partie interne et supérieure des cuisses, Pas de cs des perceptions.
L'état de la sensibilité varie d’un jour à l’autre; elle est parfois presque normale ; elle est surtout diminuée quand Îles jambes sont le plus contracturées.
Pas de douleurs dans les membres inférieurs.
Pas de troubles moteurs Ou sensitifs dans les membres Shbe- Tieurs. a
Pas d’incontinence d'urine ni des matières fécales.
Pas de douleurs FIeRMAGATEER pes de cÉphalaIsss, ni de troubles oculaires.
Du côté de la poitrine: bronchite emphysème ; ; pas de souffle au CŒUT.
6 novembre 1883. Quelques jours après son entrée, incontinence d'urine qui persiste actuellement depuis trois semaines.
Auparavant, il sentait le besoin, mais n'avait pas toujours le temps de prendre son urinal, d'autant plus qu'il est fort gêné par la -contracture des cuisses. |
Depuis qu'il a de l’incontinence, l'urine s'écoule presque con$tamment, mais il y a parfois des temps d’arrêt, à la suite desquels il survient une contracture violente dans ses jambes, et en même temps sa vessie expulse un jet d'urine. ;
Pendant que je l’examine, l'urine suinte goutte à goutte par le méat ; l’écartement forcé de ses cuisses provoque une crise intense de dyspnée ; la vessie semble vide à la percussion.
Os. LXXII. — Paraplésies parésie vésicale, puis mictions involontaires.
Mae... Antoine, 42 ans. Hôpital Laënnec, service de M. Damaschino, salle Trousseau, n° 22.
Chante irtque en 1879.
Il entre le 10 septembre 1881 à Beaujon dans le service de M. Mil-
lard pour une paraplégie qui était survenue progressivement,
En même temps que ses jambes s'étaient affaiblies, la miction était devenue irrégulière : il a commencé d’abord par uriner en deux temps, il croyait avoir terminé, puis s’apercevait qu’il avait encore besoin et évacuait encore une certaine quantité d'urine.
Plus tard, il eut de la miction involontaire: huit à dix fois par jour ik sentait le besoin d’uriner (an immédiatement l’uriné éoulait sans qu’il pût l'empêcher.
Il a été sondé une fois à Beaujon, on a trouvé peu d'urine dans sa vessie.
Actuellement (8 novembre 1883), il ne peut encore marcher qu'avec des béquilles, cependant la force qu’il peut mettre pour résister aux mouvérnents de flexion ou d’extension, qu’on cherche à imprimer
malgré lui à ses membres inférieurs, est considérable. Un peu de raideur par contracture dans les membres inférieurs. L'état de la miction s’est un peu amélioré : quand il a la sensation du besoin d’uriner, s’il a son urinoir à portée de sa main il a le temps de le prendre, mais s’il en est éloigné séulement de quelques pas, l’urine s'échappe dans son pantalon,
La nuit, quand il dort, : à quelquefois une miction inconsciente.
OBS. LXXII. — an Difficulté de la miction volontaire, ressemblan
à l'incoordination vésicale des ataxiques; possibilité d'un début d’ataxie locomotrice.
Bar... Ch... 38 ans. Hôpital Laënnec, service de M. Damaschino, salle Trousseau, n°,7.
A eu un chancre à l'age de 27 ans.
Sa paraplégie a débuté il y a deux ans par des. douleurs vives à la
région lombaire, suivies d’un affaiblissement progressif dans les membres inférieurs.
Presque en même temps, la miction devient difficile, nécessitant de
grands efforts.
Quand la paraplégie est devenue complète, il a eu de la miction
involontaire : il sentait le besoin, faisant des efforts sans résultat
puis, à un moment donné, l’urine sortait involontairement.
La nuit, il urinait. dans son lit en dormant.
Sa paraplégie a subi ure période d'amélioration qui n’a pas duré et il a bientôt cessé de nouveau de pouvoir marcher. Ila actuellement (8 novembre 1883) une douleur en ceinture persistante, des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs qui sont souvent secoués par
des soubresauts ; il a un ceriain degré d’anesthésie cutanée.
Il urine encore fréquemment et il lui faut toujours faire de grands
efforts pour évacuer l'urine. Il lui arrive la nuit de s’éveiller, sentant ” e besoin, il prend son urinal et, pendant qu’il cherche à faire des ef-
forts il se rendort; à son réveil il trouve son urinal rempli.
es JO
OBs. LXXIV. — Paraplégie syphilitique; parésie vésicale et parésie du sphincter ; périodes d'amélioration alternant avec des périodes de recrudescence. Miction inconsciente pendant le sommeil.
Meyer, Conrad, 28 ans, boulanger, entre le 23 novembre 1883, salle Saint-Louis, n° 31, service de M. Millard.
Antécédents: Chancre en 1881 (novembre), deux mois après, plaques muqueuses autour des organes génitaux, à l'anus et plus tard à la gorge et à la bouche. Éruption.
En février 1883, il dit avoir eu de nouveaux chancres (?) avec écoulement uréthral, mais sans nouveaux accidents secondaires.
Il éprouvait souvent du mal de tête et de la faiblesse dans les jambes depuis le mois de mars 1883.
La faiblesse des membres inférieurs augmente progressivement. À ce moment, il avait souvent de Ja difficulté dans la miction. Parfois il était longtemps sans pouvoir uriner, malgré ses efforts.
Un soir après s’être accroupi, il ne put se relever. On le reconduit chez lui en le portant ; il ne pouvait plus marcher. Il reste trois semaines dans cet état d’impotence. Le jour même de là recrudescence de sa paraplégie, il a de l’incontinence: il ne se sentait pas uriner ni le jour ni la nuitet l’urine sortait en petite quantité toutes les cinq minutes. Les selles étaient également involontaires.
Au bout de trois semaines il commence à se tenir un peu sur ses jambes, puis à pouvoir faire quelques pas, en même temps il peut retenir ses urines d’abord une demi-heure, puis une heure, deux heures (hôpital Saint-Louis, KI, 6 gr. et pilule).
Il sort de Saint-Louis le 5 juillet, boïtant un peu de la jambe droite. À ce moment, les mictions étaient devenues difficiles comme au début. |
Au commencement d'octobre, il sent que ses jambes s’affaiblissent de nouveau, surtout la droite. La miction est toujours difficile.
Il est soumis au traitement spécifique et l’amélioration ne tarde pas à se faire sentir, depuis son entrée à Beaujon.
État actuel (4 décembre). — La marche se fait mieux, cependant la force est au-dessous de ia normale dans les deux membres inférieurs surtout à droite.
Sensibilité normale, réflexes plantaires presque nuls, réflexes rotuliens exagérés à gauche, à peu près normaux à droite.
Aucune atrophie. Pas de douleurs en ceinture, ni douleurs fulgurantes. Plus de douleurs lombaires depuis l'application des pointes de feu. 11 souffre un peu dans les aines.
T sent bien le besoin de miction (cinq à six fois par jour). Il est obligé encore de pousser pendant plusieurs minutes avant d'obtenir un Jet assez mince. Il peut se retenir 1/4 d'heure, plus longtemps l’urine s’échapperait. (Avant son entrée à l'hôpital, il avait depuis six semaines des besoins impérieux, irrésistibles, plus fréquents, qu’il devait satisfaire immédiatement : pendant son sommeil, il urinait toujours dans son lit.)
Cet état a disparu depuis qu’il est entré à Beaujon et qu’il a été soumis au traitement mixte (KI et frictions m'ercurielles).
Il a encore perdu des matières dernièrement après une purgation. Il a encore aujourd’hui quelque difficulté à retenir ses gaz, quand il fait un effort.
Le 6 décembre. Salivation mercurielle, suppression des frictions mais continuation de l’iodure de potassium, |
Le 11. La marche est plus facile, mais la pointe des pieds traîne à terre des deux côtés, Il dit dormir toute la nuit sans uriner plus de deux fois, il se réveille et peut prendre son urinal. Le jour, il urine plus souvent, mais il sent le besoin et peut maintenant se retenir environ 20 minutes. Parfois même, la sensation de besoin disparaît momentanément pour ne reparaître qu’au bout d’une heure. Parfois, quand le besoin est intense et qu’il y résiste, il s'écoule un petit filet d'urine, puis il peut encore se retenir.
Plus d’incontinence de matières fécales.'Il prend 7 grammes d'iodure de potassium.
Le 18. I est repris de besoins très fréquents d’uriner (plusieurs fois par heure); ces besoins sont impérieux et il n’y peut résister que juste le temps nécessaire de prendre son urinal.
Son canal est absolument sain, une sonde no 16 passe facilement et trouve dans la vessie environ 180 gr. d’urine transparente, claire, inodore.
Aucune douleur à la miction.
Même traitement.
Le 20. Les besoins se renouvellent moins fréquemment.
OBS. LXXV. — Mal de Pott dorsal; paraplègie. Rétention d'urine, d’abord complète, puis incomplète,
La nommée Midav.., 60 ans, couturière, entre le 3 septembre dans le service de M. Millard, hôpital Beaujon, salle Sainte-Marthe, 2.
Elle se plaint de souffrir depuis sept mois d’une douleur constrictive en ceinture au-dessous des côtes. Elle sentait en même temps ses membres inférieurs s’affaiblir. Il survint des douleurs à forme fulgurante dans les membres inférieurs, surtout du côté gauche.
Depuis deux mois la paralysie est devenue à peu près complète.
La sensibilité n’est que diminuée. Il y a du retard des sensations aux membres inférieurs ; les réflexes plantaires sont exagérés ; la cons stipation est opiniâtre. la rétention d’urine est absolue depuis quel- ques jours. Les trois dernières vertèbres dorsales font une forte saillie angulaire. à
Il n’y a aucune autre trace de diathèse, soit uen eee soit même carcinomateuse.
L'urine renferme beaucoup de pus, les besoins sont très. vivement sentis, et la malade a quelque peine à attendre l'heure du cathétérisme qu’on fait matin et soir ; lavage. de la vessie avec une solution tiède d’acide borique à 3 0/0.
Le 1° octobre, on constate le. retour complet de la sensibilité dans les membres inférieurs, qui restent un peu œdématiés; pas d’eschares.
Elle commence à pouvoir expulser elle-même un peu d’urine.
On applique quatre cautères autour de la tumeur dorsale.
k Le 14. La malade continue à pouvoir uriner plusieurs fois par vingt-
quatre heures, mais si on vient à la sonder après qu’elle a uriné, on trouve encore environ 306 gr. d'urine dans sa vessie, aussi on reprend le cathétérisme tous les matins, et on refait des lavages Deriqués, car il a reparu un peu de pus dans l'urine.
Quand elle urine spontanément, elle éprouve du ténesme vésical et des douleurs fulgurantes ans les membres inférieurs ; elle ressent:à peu près la même chose pendant le cathétérisme, et ses cuisses éprouvent des contractions musculaires involontaires qui les rapprochent l’une de l’autre. RES
Elle à un peu de ténesme rectal; œdème des membres inférieurs.
Le 6 novembre. Quelques mouvement dans les membres inférieurs. Même état de la vessie.
La malade a remarqué que, quand elle avait.eu récemment une selle, elle urine relativement bien, si au contraire elle n’a pas eu de selle depuis plusieurs jours,et ce en a qu'avec des lavements, elle ne peut plus uriner du tout, la rétention redevient complète. Le toucher vaginal donne l'explication de ce fait, en montrant que les matières fécales accumulées dans la partie inférieure du rectum, proéminent si fortement dans le vagin, qu'elles compriment l’ ie contre la symphyse. Le doigt pénètre difficilement entre le rectum distendu et la Sig Exp raté ; Ja se ne passe qu'avec une certaine difficulté.
Os. LXXVI. — Myélite; paraplégie; rétention d'urine rendue persistante par une hypertrophie de la prostate (résumée).
J.-B., 58 ans, profession sédentaire.
Depuis plusieurs mois la marche est pénible et'pas en rapport avec la fatigue musculaire. Douleurs vagues dansles membres supérieurs, à la plante des pieds. Mictions fréquentes, Rss ani la nuit, mais pas douloureuses.
“Octobre 1882, Douleur vive occupant brusquement la région lombaire; cessation des douleurs vagues dans les membres. Marche très DRE Apyrexie.
Puis, élancements dansles membres inférieurs, mictions fréquentes, surtout la nuit. L’urine s’écoule à petits jets, sans que le malades’en aperçoive. Urines ttoubles. Constipation.
Novembre. Douleurs lancinantes, très vives, tout le long du nerf sciatique droit. Hypertrophie prostatique. Le cathétérisme avec une sonde en caoutchouc permet de retirer une grande quantité d'urine. il est répété fréquemment jusqu’en janvier.
Janvier. Paralysie complète, hyperesthésie, suppression des réflexes tendineux. Rétention d'urine. Ténesme vésical et rectal.
Février. Eschare au sacrum.
Mars. Mouvements involontaires dans les pieds; puis mouvements volontaires suivants : flexion des doigts de pied, du pied, abduction et adduction, OEdème des jambes, grande maigreur des cuisses. L'eschare diminue. Mictions plus rares, et moins abondantes.
Avril. Les mouvements s’accentuent : flexion de la jambe, rotation de la cuisse, Guérison de l’ eschare. Pas d'émission ae d’urine. Const Balrbn.
(Electrisation des membres, de la vessie. Massage.) Au mois de juillet, le malade peut se tenir debout, appuyé sur une canne. La dysurie s’'amende. Quelques émissions volontaires d'urine.
Môïs de novembre. Le malade peut marcher avec l’aide d’un bras ou d’une canne. La miction est encore gênée par l’hypertrophie de la prostate.
OBs. LXXVII. — Myélite consécutive à une névritepériphérique; paraplégie incomplète; rétention complète, puis parésie de la vessie et du sphincter.
X..., 40 ans, salle Saint-Vincent, n° 1, Antécédents.— Bonne santé habituelle jusqu'’il y a deux ans. A cette époque, troubles cérébraux (congestion): céphalalgie pendant deux
ou trois semaines ; guérison complète. Pas de syphilis, ni de rhumatisme; alcoolisme probable.
Deux mois, avant son entrée (19 mars 1882), il reçoit en travaillant une poutre qui le frappe violemment à la fesse gauche : il est renversé et va rouler à quelques mètres.
Le lendemain, il reprend son travail, n’éprouvant que quelques douleurs et un peu de faiblesse dans le membre inférieur gauche. Ces symptômes augmentent les jours suivants, mais ‘ce n’est qu’une, dizaine de jours après l’accident qu'il fquitte complètement son tra- ‘ vail pour prendre le lit. À ce moment, il prétend qu'il ressentait dans la jambe droite des élancements douloureux, la parcourant de haut en bas.
Les membres inférieurs se refusaient à le porter (paraplégie complète). On lui met un vésicatoire sur la fesse gauche. :
Il y avait quinze jours environ qu'il était au lit, lorsqu'il fut pris de rétention d'urine sans cause appréciable. Il était resté de quinze à dix-huit heures sans uriner, quand il fut sondé, d'ailleurs très faciment. Le lendemain, incontinence absolue : l'urine s'écoule goutte à goutte ; la sensation du besoin et les mictions volontaires n'existent plus : le malade urine, sans être sondé, par regorgement.
Après trois mois d’état stationnaire, il se décide à entrer à Necker, le 19 mars 1882.
Etat à l'entrée :
Voies urinaires. — Canal libre, prostate modérément volumineuse ; rétention avec incontinence par regorgement ; distension dela vessie.
Motilité.— Peut à peine se tenir sur sesjambesen vacillant; réflexes rotuliens non modifiés.
Sensibilité. — Absolument normale dans tous ses modes.
Pendant les premiers temps de son séjour, trois cathétérismes dans les vingt-quatre heures; un lavage à la solution boriquée. Urirines claires. Quelques jours plus tard, électrisation quotidienne de la portion membraneuse avec l’explorateur spécial (conducteur à boule métallique). Les douches alternent avec les bains sulfureux.
Huit à dix jours après, amélioration très sensible; il peut conserver ses urines plusieurs heures après avoir été sondé et commence à expulser spontanément un peu d’urine. Le malade se trouve aussi plus solide sur ses jambes. <
L'amélioration s’accentue. Cependant les douleurs lancinantes des deux cuissss persistent, bien qu'atténuées (vingtième jour après l'entrée). Plus de troubles urinaires. Miction naturelle.
Cependant il est encore sondé et lavé à l’acide borique une fois par joue,
On cesse l’électrisation,
Le malade marche aisément,
15 août, Il survient un peu d’incontinence en même temps que les membres inférieurs deviennent plus faibles: le malade se tient debout avec quelque difficulté (cautérisation ponctuée le long de la colonne lombaire).
Le surlendemain, amélioration très sensible.
M. le professeur Charcot a fait à propos de ce malade une leçon clinique qui a été publiée dans le Progrès médical (3 mars 1883).
OBs. LXX VII (résumée d’après le cahier d'observations de la clinique des maladies nerveuses). — Myélite encore mal déterminée. Retention, puis signes de parésie dela vessie et du sphincter.
Garnier 49 ans. — A 12 ans, une roue de voiture lui passe sur le dos ; au bout d’un mois le rétablissement est complet. \
Entre à la Salpêtrière service de la clinique le 2 janvier 1883.
En avril 1882, rétention subite sans motif; sondéau bout de vingtquatre heures, puis cathéthérisme répété 3 fois par vingt-quatre heures pendant quinze jours ; au bout de ce temps, la miction redevient normale, et sa santé n’éprouve aucun trouble ; les érections avaient dis= paru depuis deux ans.
6 septembre 1882. Il est pris subitement dans la rue, de malaise, de titubation, sueurs, il doit se cramponner pour ne pas tomber ; cependant il peut rentrer chez lui avec l’aide de quelqu'un, et se met au lit.
La rétention d'urine reparaît ce même jour; on le sonde de nouveau, les urines sont troubles , sans odeur.
Bientôt surviennent des frémissements, puis des véritables secousses dans les membres inférieurs, qui se raidissent sitôt qu’il essaie de marcher: ses pieds s’embarrassent l’un dans l’autre el il tombe fréquemment.
En octobre 1882 appareît une douleur en demi-ceinture, constrictive; cette douleur paraît partir des troisième et quatrième paires lombaires, el aussi des dixième et onzième dorsales. Les vertèbres dorsales sout nn peu sensibles à la percussion. Pas d’änesthésie.
Membres inférieurs. — Pas de troubles de sensibilité ; pas de raideur au repos. S'il se lève, ses jambes se raidissent, surtout à gauche, etse mettent dans l'extension.