DU TRAITÉ DES ACCOUCHEMENTS
Le Trailé des Accouchements de Puzos n'a paru qu’assez longtemps après sa mort. Notre auteur en avait laissé tous les élements, c'est-à-dire de nombreuses notes, qu'il avait confiées à Gervais, un de ses élèves favoris, qui devait les réunir en un corps d'ouvrage, et suppléer au besoin aux lacunes, grâce à la connaissance parfaite qu'il avait des doctrines du maître. Occupé qu'il était par sa nombreuse clientèle, cet accoucheur n'eut jamais le temps de remplir le vœu de Puzos, dont la famille, fatiguée par ces retards
è prolongés, se décida enfin à lui retirer le manuscrit, pour le confier à Morisot-Deslandes, docteur-régent de la Faculté de médecine, qui jouissait d'une assez grande réputation, et s'entendait en accouchements.
Morisot-Deslandes se fit donc l'éditeur et aussi le correcteur de Puzos, car, après avoir rappelé le mérite de cet homme célèbre et les progrès qu'il avait fait faire à l'obstétrique, il ajoute :
« Mais toutes ces richesses étaient pour ainsi dire « en mine dans le manuscrit de Puzos. Sans un tra- « vail préalable, elles n'auraient point paru avec « l'éclat qu'elles méritent, et le Traité des Accouche- « ments n'aurait répondu nullement à la grande répu- « tation dont a joui cet auteur. J'ajoute qu'il aurait « fallu même un grand courage pour chercher le bon, « tant 1l était dans un ouvrage où ne brillaient certai- « nement pas la précision dans le style, la clarté, ét « même quelquefois la liaison dans les idées, ni l'ordre « dans la distribution des matières. Je n'ai garde de « faire un crime à Puzos de la façon peu correcte dont « ce traité était écrit; peut-être même y trouverai-je la « matière d'un éloge, puisqu'on a par là la preuve « qu'il s'était livré tout entier à l'exercice de son art. »
On nous apprend ensuite que le Petit traité sur les maladies des enfants est de M. Morisot-Deslandes, qu'il a cru devoir refondre certains chapitres, notamment celui du toucher, « afin de rendre plus frappante « une méthode de faire cette opération qui était nou- « velle ». Enfin on nous avertit que le chapitre x, « où 1l s’agit de l'accouchement naturel est tout entier
« l'ouvrage de M. Gervais », qui s'était inspiré des idées de son maitre. Morisot-Deslandes a fait suivre le Traité des Accouchements des Mémoires que Puzos avait communiqués à l’Académie de Chirurgie, sur les hémorrhagies de la grossesse et sur la fièvre de lait. Enfin, à la fin du volume on trouve la traduction d'une plaquette en latin, de Cornaro, sur les déchirures utérines. Nous n'analyserons que ce qui appartient réellement à Puzos.