‹ Étude sur les œuvres de PuzosChapitre 15 sur 33 · MATRICE · texte numérisé non relu

MATRICE

Voici la définition que Puzos donne de l'utérus : « La « matrice est un corps charnu et membraneux, creux dans son centre, capable de dilatation et de resserre- « ment et destiné à être le principal organe de la généra- « tion. Situation, figure, composition, attache, structure « tout est à admirer. Tout ce qu'on remarque d'essen- « tiel à la matrice, prouve que la nature l'a douée de « toutes les perfections dont elle avait besoin pour « conduire la génération depuis son principe jusqu'à sa « perfection. » Placée, comme elle est, dans la cavité pelvienne, elle échappe aux injures de l'extérieur, de plus « elle est située entre deux corps qui la garantissent de la dureté des os qui l'environnent. » Son peu de surface la fait échapper à la compression des organes susjacents. D'autre part sa figure « en forme de poire ou « de bouteille renversée est très favorable, soit pour « la génération, soit pour l'accouchement. » En effet, elle tient ainsi moins d'espace et risque moins d'être blessée; enfin, « dans le travail de l'accouchement, la « même figure fait que le poids de l'enfant et des eaux « peut porter à plomb sur son ouverture qui se trouve « au lieu le plus bas. » Cette direction perpendiculaire facilite l'expulsion du fœtus, comme dans la vessie elle rend moins pénible l'expulsion de l'urine.

Puzos indique ainsi la sructure de l'utérus : « La « matrice est d'une substance charnue et membraneuse.

Il y a,en outre, entre ces deux parties, des tissus cellulaires et spongieux, des glandes et des vaisseaux de toute espèce. » À propos de la direction de fibres musculaires, Puzos fait l'importante remarque suivante : « Ces fibres charnues sont extrémement entre- « lacées dans l'état naturel de la matrice, puisqu'elles « ne présentent qu'un petit volume, mais ces mêmes « fibres se placent à côté les unes des autres à mesure « que la matrice se dilate. » Plus loin, page 30, dans un autre chapitre, notre auteur indique la position qu'elles prennent pendant la grossesse : « Ces fibres charnues « sont longitudinales et circulaires, les longitudinales « naissent du centre de la partie qui est son fond, etc: » Cette description, exacte pour la couche interne et la couche superficielle de la matrice, a été en partie confirmée par les recherches d'Hélie et Chenantais. Puzos semble même avoir eu quelque idée de la muqueuse utérine : « La membrane interne tapisse tout l'intérieur « de la matrice ; elle y fait à peu près l'office que fait « l'épiderme à la peau..…, j'ai vu toute la membrane « interne de la matrice suppurer et sortir par lambeaux « à la suite d’un accouchement laborieux, pendant plu- « sieurs jours; cette membrane cst capable d'extension « et de resserrement, ainsi que les fibres charnues. » Contrairement à Deventer, Puzos croit avec Mauriceau que la matrice s'amincit pendant la grossesse : « L'épaisseur ordinaire de la matrice est d'un demi- « travers de doigt; mais à l'approche des règles elle « augmente de quelque chose; après leur écoulement « elle redevient dans son premier état. Sur la fin de la

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« grossesse elle parait extrêmement mince, etl'on ena « des preuves certaines par la vue et par le toucher. »

La cavité de l'utérus en dehors de la grossesse serait très petite : « La cavité intérieure est de grandeur « à loger une aveline dans les jeunes personnes ; dans « celles qui ont eu beaucoup d'enfants, elle pourrait « contenir une châtaigne. »

Les ligaments, les trompes et les ovaires sont très exactement décrits d'après Mauriceau et d’après Graaf; le passage de l'œuf dans le canal tubaire est bien exposé : « Je suis persuadé qu’alors les fibres charnues «-de la trompe se raccourcissent et font fléchir ces « espèces de doigts (franges) par une mécanique aussi « simple que celle de la flexion de ceux de la main, qui s'opère comme on sait par le gonflement et le raccour- « cissement de leurs muscles fléchisseurs. » À propos des ligaments larges notre auteur nous fait part de la remarque suivante, qui montre que les fameux phlegmons de ces replis du péritoine ne lui avaient point échappé : « Il se forme dans ces ligaments larges des dépôts de « lait très considérables, difficiles à connaître dans les « commencements, parce qu'ils échappent à la vue et « au toucher, etil y a cependant des moyens pour les « connaître dans leur principe, les guérir par résolution «et éviter une suppuration toujours dangereuse dont le « point de collection de matière répand peu, ce qui rend « l'opération difficile. » Puzos revient plus loin sur ce sujet à propos de la fameuse fièvre de lait. On trouve très nettement mentionnés les kystes de l'ovaire dans la phrase suivante : « Les ovaires sônt sujets à devenir

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« cirrheux. Ils forment quelquefois des tumeurs en- « kystées qui acquièrent un volume considérable et se « remplissent d’eau ou de matières épaisses. » Fabrice de Hilden, Guillemeau, etc., avaient déjà signalé ces sortes de lésions dont parle aussi Mauriceau.

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