‹ Étude sur les œuvres de PuzosChapitre 20 sur 33 · VARIÉTÉ DE GROSSESSE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ DE GROSSESSE

Du temps de Puzos, la grossesse extra-utérine était entrevue grâce aux révélations de certaines autopsies, mais on n'en connaissait n1 les symptômes ni le diagnostic; aussi notre auteur ne lui consacre point de paragraphe spécial; la grossesse gémellaire était étudiée à part. La grossesse habituelle se divisait en trois genres principaux. « On distingue trois sortes de « grossesse : la bonne, la mauvaise et la fausse. » La mauvaise comprenait la grossesse molaire, qui sera décrite plus loin et que nous laisserons donc pour le moment de côté. Voici la définition que donne Puzos de la bonne grossesse : « La bonne grossesse, qu'on « appelle aussi la vraie, par opposition à la fausse gros- « sesse, est celle où le fœtus vivant croît et se conserve

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« dans la matrice jusqu’au temps marqué par la nature « pour sa sortie, à moins que quelque accident ne lui « fasse devancer le termeordinaire. » Quant à la fausse grossesse, elle se rapporte à ces cas, si Curieux, que l'on rencontre parfois chez les hystériques et où la femme se croit enceinte sans l'être.

« La joie qu'elle aura de devenir mère entretient son « erreur et elle écarte l'idée que la simple suppression « de ses règles peut être à la fois cause des symp- « tomes de grossesse qu'elle ressent et de l'élévation « de son ventre. Il faut convenir que des vents qui « s'y joignent et quelquefois de l'eau qui s'amasse « dans le ventre peuvent contribuer à tromper les « femmes dans ces cas-là. » Il remarque que « cette « erreur dure quelquefois jusqu'au neuvième mois; « le toucher pratiqué plus tôt y aurait mis fin, puis- « qu'il aurait fait connaître que la matrice et son ori- « fice étaient dans leur état naturel. » Puzos fait une autre distinction importante, c'est que dans ces cas le ventre n'a point la forme pointue qu'il a dans l'état morbide. La grossesse parfois est accompagnée d'accidents graves. Puzos avait été plusieurs fois témoin de ces perles de sang qui surviennent parfois dans la grossesse. « Elles n'annoncent pas, dit-il, toujours « cependant quelques malheurs dont j'ai été témoin, « comme des inflammations de la matrice, des fièvres « dangereuses et quelquefois funestes, causées par la « pourriture de ce corps étranger dans la matrice ; « ces malheurs, dis-je, me font décider qu'on ne doit « jamais remettre aux soins de la nature un placenta

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« adhérent, quand il est possible d'aller le chercher. « avec la main. » Il n'est pas de l'opinion de Ruysch, qui dit que cette opération amène des tourments horribles et qu'elle est inutile ; cette conduite ne doit être imitée que dans les cas où la matrice peu dilatée et rigide n’admet pas la main. « Il y a, dit-il, une diffé- « rence essentielle qu'on est confondu que cet auteur « nait point faite. » s

Puzos nous fournit plusieurs exemples intéressants d'hémorrhagies survenant pendant la grossesse, quoiqu'il n’en ait pas su, du reste, reconnaître la cause habituelle, c'est-à-dire l'insertion vicieuse du placenta. « Ja; « vu bien des fois survenir des pertes de sang consi- « dérables vers le premier mois de la grossesse, et « durer si longtemps, malgré tous les moyens em- « ployés pour les arrêter, qu'après avoir cru pendant « tout ce temps l'avortement inévitable, j'ai eu la con- « solation d'apprendre des mères qu'elles sentaient « remuer l'enfant et quil avait protité, malgré des « évacuations si contraires à son accroissement. Je « dois cependant avertir que la certitude que j'avais « presque d'un avortement ne m'a jamais empêché de « prendre toutes les précautions possibles pour le « prévenir. La femme d'un magistrat, qui avait eu « déjà beaucoup d'enfants dont elle était accouchée « très heureusement, eut vers le troisième mois d'une « grossesse suivante une perte de sang qui m'obligea « de la faire saigner et de lui faire garder le lit. Deux « mois se passèrent sans obtenir aucune diminution dans « l'accident. Cette dame se portait d’ailleurs très bien;

propos d'une perte de sang qui détermina l'avortement.

EL Pee mais comme elle ne sentait pas remuer l'enfant qui, selon les apparences, devait être mort, et que cela

avait tout l'air d'une grossesse abandonnée, je fis

appeler M. Clément en consultation. L'examen que nous fimes l'un et l'autre nous fit si peu changer de sentiments, que nous lui conseillimes de se lever et de quitter une contrainte qui la fatiguait inutilement, Ce changement de situation produisit un elet tout autre que nous ne l’attendions. Elle sentit au bout de quelques jours remuer son enfant, la perte cessa peu après et la grossesse parvenue à son terme de maturité finit par un accouchement aussi heureux que les précédents. »

Voici d'autre part une autre histoire qui arrive à

Elle à trait à ce fait bien connu, même à cette époque, que dans les premiers temps de la grossesse, les membranes, au lieu de s’'éliminer en un temps avec le fœtus, peuvent rester adhérentes et déterminer de graves accidents, Cette observation montre, « que l’on courrait

risque de ce tromper en se tenant à la règle générale, que la Ssuppuration des corps abandonnés dans la matrice se connait par la mauvaise odeur des matières qui en Sortent, et que la totale destruction de ces mêmes corps se manifeste par l'écoulement de matières blanches et sans odeur. Cette règle, sur laquelle je comptais trop, m'a trompé moi-même dans une occasion que je vais rapporter. Une dame de distinction, grosse de deux mois environ, sentit un écoulement par la matrice, qui lui parut être des

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