‹ Étude sur les œuvres de PuzosChapitre 24 sur 33 · DÉLIVRANCE ET SUITES DE COUCHES · texte numérisé non relu

DÉLIVRANCE ET SUITES DE COUCHES

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La délivrance, dit Puzos, est l'expulsion du placenta et des membranes, et un complément {du travail proprement dit; « on sait qu'après le travail qui procure la sortie de l'enfant, il s'en établit un second pour l'expulsion du placenta ou plutôt c'est une suite du premier », mais les voies étant dilatées et le corps à expulser plus petit, « les douleurs sont moins fortes ». Le premier temps de la délivrance est parfaitement entrevu : « Pendant cette manœuvre, la matrice se contracte, elle travaille, en se fronçant de toute part, à décoller le placenta et à le chasser par de petites dou-

leufs et tranchées que la femme sent de temps en temps. Ces tranchées se font aussi apercevoir à la main occupée à tenir le cordon un peu tendu, il semble que le cordon rentre un peu pendant la douleur, et si on s'en aperçoit il ne faut point s'y opposer mais suivre au contraire, ce mouvement. Quand la douleur est passée, le cordon fléchit sensiblement et on sent que la masse du placenta baisse à chaque tranchée, tantôt plus, tantôt moins... Quand on touche le placenta et qu'il paraît fort près de l’orifice du col, on se sert du cordon pour le tirer avec un peu plus de force qu'on ne faisait auparavant; on peut en même temps se faire aider des efforts de la mère. » Puzos n'était

point du tout d'avis d'intervenir immédiatement après l'accouchement comme le pratiquait Mauriceau et comme le recommandait encore Deventer. « On est,

en Allemagne et dans beaucoup d'autres pays, dans l'usage de porter dans tous les accouchements la main dans la matrice, pour en extraire le placenta aussitôt que l'enfant est venu au monde. On n'attend pas que les tranchées naturelles achèvent cette seconde opération comme elles ont terminé la première. En réfléchissant sur cette pratique, il paraît d’abord difficile de condamner une méthode qui a l'avantage de délivrer promptement et d'être à l'abri du renversement de la matrice et de la rupture du cordon; je ne puis cependant lui donner mon approbation, en ce qu'elle s'écarte des lois de la nature, qui montre assez qu'elle se charge de la consommation de l'accouchement, par les tranchées qu'elle excite, par les efforts

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involontaires qui suivent la sortie de l'enfant, et par la sortie du cordon, qui se présente comme un guide pour marquer la route que doit tenir le placenta. Je condamne enfin la précipitation de ceux qui, méprisant ces moyens doux et presque toujours efficaces, replongent les femmes dans des douleurs beaucoup plus fortes qu'elles n’en devraient avoir, et peuvent exciter une perte de sang en provoquant extraction d’un corps qui n’asouvent pas eu le temps de se décoller. »

Plus loin, page 151, notre auteur revient encore sur ce sujet et n'hésite pas à condamner la pratique de Mauriceau et de Clément, bien qu'il eût pour eux beaucoup d'estime et de vénération : « Je ne saurais passer à un

aussi grand praticien que l’a été Mauriceau, le précepte absolu qu'il donne au premier volume de son Traité d'accouchement de 1712, p. 248, de délivrer la femme aussitôt que l'enfant est sorti, dans la crainte, ditl, que la matrice ne se referme, et que le temps de nouer le cordon et de mettre l'enfant en sûreté ne devienne par sa longueur un obstacle au passage du placenta. » La contractilité de la matrice est en effet très affai-

blie par le travail excessif qu'elle vient de faire. « Tant

qu’il reste quelque corps renfermé dans la matrice d’un volume tel que le placenta d’un enfant à terme, l'orifice est la partie la plus lente à se resserrer ; il est donc possible d'y passer la main une heure et plus après la sortie de l'enfant et on doit, conséquemment, attendre quelque temps l'expulsion naturelle du placenta si aucun accident n'oblige d’en précipiter la sortie. Condamnant, comme je viens de le faire dans

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Mauriceau, la méthode de délivrer trop promptement, je ne dois pas être plus indulgent à l'égard de M. Clément, malgré le respect et la reconnaissance dont je suis pénétré pour cet habile praticien que j'ai eu le bonheur d’avoir pour maître. »

Voici maintenant le mécanisme du décollement du

placenta : « La matrice, toujours occupée à se déli-

vrer, continue donc son action ; elle se fronce successivement de son fond à ses parties latérales, et comme le placenta qui est dépourvu de sensibilité et par conséquent d’action, ne peut suivre ses mouvements de contraction, il reste dans toute sa largeur et se décolle nécessairement du fond de la matrice, à cause de l’inégalilé des surfaces qui se trouvent entre ces deux corps. » Le deuxièmé temps de la délivrance,

c'est-à-dire le passage à travers le col est également

ien décrit. « Aussitôt que la matrice est débarrassée des adhérences du placenta, elle agit avec plus de force sur ce corps pour le chasser ; devenue libre dans ses mouvements, elle le pousse de derrière en devant par des contractions périodiques qui ne cessent que lorsqu'il est tout à fait hors de sa cavité. Ces contractions opèrent des douleurs ou tranchées, maiselles sont beaucoup plus faibles que celles du travail de l'enfant, parce que pour lors la matrice chasse un corps mol qui lui résiste faiblement, et elle le chasse

par une voie suffisamment ouverte pour le laisser passer. »

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