ACCIDENTS DE LA DÉLIVRANCE
Cependant bien que Puzos se soit efforcé, comme on vient de le voir, de démontrer que la délivrance est un fait physiologique qui peut parfaitement s'effectuer avec les seules forces de la nature, il n’ignorait point que parfois il survient des accidents divers qui forcent l'accoucheur d'intervenir : « Les contractions de la « matrice, secondées des efforts de la mère, ne suffisent « pas toujours pour chasser le placenta ; il y a des cas « où on est dans l'obligation de porter la main dans « la matrice pour le saisir et l’amener, quand, par « exemple, le cordon casse du côté du placenta, où bien « lorsque ce corps charnu est tellement adhérent que « ni les secousses, ni les efforts ni le temps n'ont pule « décoller du fond de la matrice. » Puzos consacre un paragraphe spécial à ces cas de rétention placentaire.
Rélention du placenta. — Notre auteur s'occupe d'abord des cas où le placenta se déchire et où quelques-uns de ses fragments restent dans l'utérus.
Puzos fait remarquer que le placenta est d’une consistance si ferme et si résistante, « que, dans des cas « d’adhérence, on a reconnu qu'il entrainait plutôt le « fond de la matrice que de se rompre et de sortir « mutilé dans quelques-unes de ses portions. » Cependant notre auteur n'’ignore point que la masse placentaire parfois se fragmente : « On a pourtant vu dans « ces mêmes cas d’adhérences rester quelques portions
Wagner. 10
LR Ve
de placenta. » Il est vrai que Puzos met le plus grand nombre de ces cas sur la maladresse de l'accoucheur qui fragmente le placenta au lieu de le retirer en entier. Puzos n'a pas l'air de se préoccuper outre mesure de ce genre d'accident : « Il ne faut pas croire « qu'un si petit malheur mérite les inquiétudes que l’on « prend à ce sujet, la nature fond toujours ces restes « par suppuration ou bien elle les expulse avec le « temps, aussi facilement qu'elle fait des petits pla- « centas en entier qui n’ont pu suivre des fœtus de « deux ou trois mois et qu'il a fallu abandonner aux « soins de la nature. S'il survient du danger et que la « mort le suive de près, il faut plutôt l'imputer à l'in- « flammation et au tourment qu'on a fait à la matrice, « qu'aux portions de placenta restées. » Comme on le voit, Puzos est non-interventionniste comme le professeur Tarnier, mais sans être aidé comme lui par cet auxiliaire puissant qui est l’antisepsie. Mais il ne faut pas prendre, dit notre auteur, des morceaux de membranes ou de simples caiïllots pour des morceaux de placenta. L'erreur est souvent commise et fait douter injustement de la capacité d'excellents accoucheurs.
Cependant, page 146, 1l dit expressément : « Quelques « malheurs dont j'ai été témoin, comme des inflamma- « tions de la matrice, des fièvres dangereuses et quel- « quefois funestes causées par la pourriture de ce corps « ét’anger dans la matrice, ces malheurs, dis-je, me font « décider qu'on ne doit jamais commettre aux soins de « Ja nature un placenta adhérent, quand il est possible
« de l'aller chercher avec la main. Cette opération peut « s'exécuter avec facilité peu de temps après l’accou- « chement et sans causer les cruels tourments dont « parle Ruysch dans son traité anatomique sur la « matrice. Je ne sais donc pas pourquoi cet auteur « conseille d'abandonner le placenta trop adhérent au « temps et aux forces du muscle orbiculaire de la « matrice plutôt qu’au secours de la main, qu'il dit « être très douloureux et fort dangereux pour la « femme. Il n’est ni dangereux ni difficile de séparer le « placenta adhérent à la matrice peu de temps après « l'accouchement. »