‹ Etude sur l’ulcère simple du duodénumChapitre 13 sur 18 · XXXIV · texte numérisé non relu

XXXIV

I" Un homme de 34 ans entre à l'hôpital à 11 hem-es du matin. Le même jour il 10 heures, il avait été pris tout à coup d'un vomissement de sang.

À 2 h. 30, nouvelle héuiatémèse et le soir melsena très copieux. Collapsus et mort dans la nuit.

Autopsie. — Ulcère duodénal tangent au pylore, à bords nettement découpés; son diamètre mesure uu demi-pouce (13"'">,5). Buse adhère au pancréas. Deux ouvertures dans l'artère pancréatico-duodénale.

Il» Homme de 49 ans, mort de bronchite. Troubles gastriques (?) depuis trois mois sans qu'on puisse soupçonner l'ulcère.

Autopsie. — Ulcère perforant à bords taillés A pic, situé tout contre le pylore. Base adhère au pancréas. Adhérences péritonéales. Trois petits ulcères de l'estomac près du duodénum.

Observation 5. — Fraser (D.). Glasgoto M. J., 1884, XXI, 135.

M. Fniser présente à la Société anatomique de Glasgow un cas d'uloère simple du duodénum chez un dyspeptique, mort de syncope.

La perte de substance, du diamètre du doigt, irrégulièrement arrondie, siège très près du pylore; elle repose sur la vésicule biliaire.

La valvule pylorique, considérablement épaissie, permet le passage d'un crayon. Ectasio gastrique.

Observation 6. — streeter. Med. Bec, N.-Y., 1884, XXV, 67.

Femme de 44 ans, jouissant d'une bonne santé, est prise subitement de vomissements d'abord alimentaires, puis sanglants. Mort en vingt-quatre heures.

Autopsie — Duodénum épaissi et très rétréci, dans son premier tiers ; montrant trois cicatrices plissées et entourées d'adhérences péritonéales (signes évidents de lésions anciennes). A la partie inférieure du premier tiers, ulcère de la dimension « of a dime » (?) communiquant avec la cavité péritonéale.

Observations 7 et 8. — Cave. Lancet, Lond., 1886, I, 250.

I" Femme, 56 ans. II y a quatre ans, attaque d'hématémèse, sans recliute, dont elle guérit en deux mois.

Depuis cette époque, elle est sujette à des crises gastriques avec vomissements. Ces derniers surviennent vers le milieu de la nuit et n'ont aucun rapport avec l'alimentation. Constipation habituelle.

Admise à l'hôpital dans le collapsus, avec signes évidents de péritonite par perforation. Mort deux heures après l'entrée.

Autopsie. — Péritonite généralisée avec épanchement et fausses membranes. Dans la première portion du duodénum, juste au-dessous du pylore, deux ulcères : l'un non perforé, à bords épaissis, du diamètre d'une demi-couronne (32°"°) ; l'autre perforant, plus près de la valvule pylorique, de la dimension de « six pences » (19 millim.). Le long de la petite courbure de l'estomac, plus près de l'œsophage que du pylore, un autre ulcère rond.

Pas de sang dans l'intestin.

Il" Femme, 45 ans. Antécédents nuls. Constipation habituelle. Il y a huit jours, elle est prise subitement d'une douleur abdominale vague, avec malaise général. Syncope brusque l'avant- veille de son admission à l'hôpital; vomissements, rétention d'urine.

Elle entre dans le collapsus, avec douleur dans l'hypochondre droit. Les vomissements ont cessé. Mort dans l'après-midi.

Autopsie. — Péritonite généralisée. Perforation arrondie de la paroi antérieure, première portion du duodénum. L'ulcère est éloigné d'un demi-pouce {\?>^"\b] du pylore Diamètre d'une pièce de 50 centimes (18™"»).

Kien dans le tube digestif. Athérome aortique.

Observation 9. - Ulcère du duodénum; diagnostic d'ulcère de l'estomac porté pendant la vie; gastrorrhagie et hématémèse. Mort. Aidopsie. Ollivo G-iz., méd. de Nantes, 1886, IV, p. 31.

Le 25 novembre 1885, un homme de 43 ans entre à l'Hôtel-Dieu pour s'y faire ti-aiter de troubles dyspeptiques. Le malade en souffrait depuis près de dix ans.

Son père a 77 ans, la mère est morte de variole, un frère a succombé à la tuberculose. Marié, il a eu huit enfants, il y a six ans, il a eu une pleurésie à gauche dont on trouve encore des traces : diminution de la sonorité, frottements très légers, mais l'auscultation des sommets n'indique aucun symptôme de tuberculose.

Il est dans un état d'amaigrissement excessif, le teint pâle, mais n'est point cachectique. Depuis neuf ans, il vomit, mais malgré tout le soin que nous mettons à interroger notre malade, il n'accuse jamais d'héraatémèse, ni de melaîna,, jamais de vomissements noirs. Les vomissements ont toujours été des vomissements alimentaires. Ordinairement constipé, il a quelquefois un peu de diarrhée.

La palpation de l'estomac ne fait découvrir aucune tumeur^ ne détermine point de douleurs. Il n'y a pas de douleurs spontanées. La palpation de l'abdomen ne fournit encore aucun renseignement malgré la facilité avec laquelle on peut déprimer la paroi.

Le jour de son entrée^ le malade n'a pas d'œdème aux jambes, mais quelque temps auparavant il avait eu, pendant une semaine, un peu d'infiltration des malléoles. Rien au cœur.

Pendant plusieurs jours, nous tenons notre malade en observation, jusqu'à ce qu'il se produise un vomissement de matières alimentaires, qui ne fut remarquable que par l'abondance des matières vomies.

C'est devant cette manifestation que nous résolûmes de procéder au lavage de l'estomac. Disons toutefois qu'il n'y avait aucun signe de dilatation de cet organe.

Le l"'" décembre, nous introduisons le tube de Faucher. A peine le tube a-t-il atteint le milieu de l'œsophage, que le malade est pris de vomissements noirâtres, extrêmement abondants. Nous parvenons toutefois dans l'estomac, et le liquide que nous y introduisons ne revient pas par le siphon. Les matières vomies examinées nous montrent clairement que le malade a eu une gastrorrhagie, qui, fâcheuse coïncidence, a dû se produire quelque temps avant notre intervention. Dans ces matières, on trouve des caillots noirâtres, et l'un d'eux s'était engagé dans le tube, empêchant le retour du liquide. Dans la nuit du 1<"" au 2 décembre, les vomissements ont continué avec une abondance extrême, et il y a eu de plus plusieurs selles noirâtres et liquides.

La quantité de liquide rendu, tant parles vomissements que par les selles, était ao moins de deux litres.

Nous tenons à faire ressortir qu'à aucun moment il n'y a eu rejet de sang

rouge .

Notre intervention qui, je le répète, a si fâcheusement coïncidé avec la gastrorrhagie, nous a permis d'aflirmer l'existence de l'ulcère et de mettre immédiatement le malade au régime lacté exclusif.

Les vomissements ne se reproduisent plus, mais le G décembre il y a encore une selle noire et liquide assez abondante. Mais la débilité de notre malade est telle qu'il succombe le 8 décembre ù, 8 heures du matin.

Autopsie. — Elle donne les résultats suivants : l'estomac a la forme d'un sablier, il est petit et les parois en paraissent excessivement épaisses. Une incision est faite, dans toute la longueur de la paroi antérieure,' et laisse écouler le contenu liquide et noir de l'estomac. Nous ne trouvons aucune altération de la muqueuse, mais immédiatement après la valvule pylorique, existe dans le duodénum un ulcère de la dimension d'une pièce de 1 franc (23"""), très profond et présentant à son centre les ouvertures béantes de l'artère pancréatico-duodénale. L'intestin est d'un calibre assez petit et en deux points présentant des invaginations qui paraissent récentes.

A la base du poumon gauche, quelques fausses membranes. Pas de tubercules.

■ Réflexions. — En somme, voilà un ulcère qui est pour ainsi dire resté latent jusqu'à la veille de la mort de notre malade.

Notre intervention n'a pu être nuisible, puisqu'elle n'a pas amené l'évacuation de sang rouge, et de plus l'ulcère ne pouvait être atteint par l'extrémité de la sonde. Quoi qu'il en soit, il y a là une coïncidence qui doit nous engager à la prudence, pour ne pas voir se produire des incidents qu'on ne manquerait pas d'attribuer à notre intervention.

Observation 10 (résumée). — Allchin. Trans. Paih. Soc. Lond., 1887,

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