‹ Étude sur Madame Roland et son tempsChapitre 32 sur 46 · ACTE DE DÉCÈS · texte numérisé non relu

ACTE DE DÉCÈS

Paris. — Municipalité de Paris. — An ij (1793. — D. « Du Décadi, 30 brumaire, l'an ij^ de la République. n Acte de décès de Marie-Jeanne Phelipon, du 18* de ce mois^ âyée de

ccxLiv MADAME ROLAND ET SO?h TEMPS.

» Simon-François la Maix'lie, â{jé de treiite-cintj ans, natif de Paris, ci-devant directeur {|énéral de la fabrication des assignats, convaincu de complots tendant à provocjuer la (juerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres, et dont les suites ont coûté la vie à un nombre de citoyens dans la journée du 10 août 1792, a été condamné à la même peine.

» Ils ont subi h'ur ju^jement vers les cin({ heures du soir. »

Le Père DucJiesne du 9 novembre (n" 309) dit gaiement :

« Mieux vaut tuer le diable que le diable ne nous tue, comme je l'ai dit autrefois. Les sans-culottes ont donc bien fait, dame Coco, de te faire jouer à la main cliaude; car si ton vieux ce. de mari ne s'étoit pas cassé le nez avec son brissotagfe, tu aurois été une seconde Autrichienne.

» Puisque la terreur est à l'ordre du jour et la ^piillotine permanente, que tous les ennemis du peuple périssent. »

Mais Audouin , le {fendre de Paclie, s'indigne que la victime ait osé regarder la mort d'un front serein et sourire sur la charrette même :

« Au moment où j'écris, dit-il dans le Journal universel, n» 19 du deuxième mois, la femme Roland est traînée au supplice; c'est le second tome de la Corday. Le vrai courage ne rit pas... Mais des scélérats peuvent-ils avoir un vrai courage qui n'appartient (ju'à l'innocence?... *. »

O glorieuse association ! Charlotte Corday, madame Roland ! Elle n'était pas fortuite de la part d' Audouin : plus

» 39 ans, domiciliée à l'an», rue de la Harpe, mariée à... Rolland, exn m in istre .

» Vu l'extrait du jugement du tribunal criminel révolutionnaire, et du » procès-verbal d'exécution, en date du 18 de ce mois.

» Signé : Woi.l-K, cuniinis j|refKer ;

» Claude-Antoine DKLTnoiT, oftieicr public. » Signé : Dkltiioit.

^ Svlvaift Maréelial, dans le Calendrier républicain de lau III, où il rend compte des événements de l'an II, se plaint comme Audouin de la hautaine attitude de niadame Holaud. « Une femme qui aurait eu conscience de sa vertu, ou qui auroit sacrifié sa vie à la Républicpie, n'auroit pas eu ce maintien. >i

' Exccutcc le 18 brumaire an ij (vendredi 8 novembre 1793).

MADAME ROLAND ET SON TEMPS. gcxlv

d'une fois les contemporains, frappés de l'analogie du courage, ont rapproché ces deux noms, compai'é la jeune fdle, chaste et sévère, et la femme tendre et forte. Nous en donnerons un curieux exemple.

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