‹ Étude sur Madame Roland et son tempsChapitre 33 sur 46 · MADAME ROLAND ET CHARLOTTE CORDAY AUX ENFERS · texte numérisé non relu

MADAME ROLAND ET CHARLOTTE CORDAY AUX ENFERS

Un des moyens d'enseignement de la presse de ce temps est de faire parler les morts, qui viennent devant le public confesser leurs fautes ou leurs crimes , et témoigner par là de l'équité du jugement qui les a frappés. Quelquefois le journaliste a dû arriver aux enfers aussi vite que la victime, pour trouver le temps d'en revenir et de rendre compte du dialogue. C'est ainsi que, moins de quinze jours après la mort de Philippe - Egalité , le Journal universel rapporte l'entretien de d'Orléans et de Capet aux enfers; et huit jours auparavant il avait donné un dialogue de Brissot et de Démade !

Le goût de ce genre d'amusement littéraire a donné naissance, vers le mois de mai 1794, à deux volumes in- 12 sous ce titre : Colloque des morts les plus fameux condamnés par la loi portée contre les conspirateurs, écrit dans le genre des Dialogues des Morts de Fénelon , avec des différences qu'il est superflu de faire ressortir ici. Custine rencontre et entretient Luckner, — Ghatelet, Biron , — Duport , Le])run , — Barnave , Sillery, — Fonfrède , Françoise Desille , — Philippe - Egalité , Hébert , — Chabot , Danton , — Oobel , Ghaumette et Dillon , — Camille Desmoulins , Ronsin et Momoro, — Olympe de Gouges, Laborde, etc., etc. — Les enfers ont été si bien peuplés depuis deux années , que l'auteur n'a eu qu'à choisir entre les rencontres de gens qui se sont aimés ou combattus.

Les extraits suivants du dialogue de madame Roland et de Charlotte Corday donnei«ont une idée du genre de moralité de cet ouvrage et de la valeur des renseignements qu'il fournit à l'histoire :

ccxLvi MADAME ROLAIND ET S0>' TEMPS.

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