XXIV MADAME P.OLAM) ET S0>« TEMPS
iné{falitës sociales, dont ils se rendent compte, que les femmes. Pour celles-ci, la heautc, la grâce, l'esprit refilent la hiérarchie. Madame Roland ne supportait pas ces distinctions : la raison rpi'elle en donne, c'est que « dés qu'il étoit question de valoir par soi-mcme, elle n'avoit pas peur de manquer le ran(j; qui pouvoit lui convenir. »
Rousseau avait jusqu'ici échappé au va^jabondaf^je de ses lectures : « Je l'ai lu très-tard, et bien m en a pris; il m'eût rendue folle; je n'aurois voulu lire que lui; peut-être encore n'a-t-il que trop fortifié mon foihle, si je puis ainsi parler. » Sa mère, (pii avait pris soin de l'écarter, jufjeait sans doute « qu'il ne falloit pas entraîner son cœur sensible prés de se passionner — Ah! mon Dieu, ajoute madame Roland, que de soins inutiles pour échapper à sa destinée ! »
La destinée de Marie Phlipon était en effet de mettre toujours sa vie dans une passion : passion de dévotion jusqu'à treize ans, passion d'amitié jusqu'à vingt-cinq, passion maternelle lorsqu'elle eut une fille, et passion de la chose publique jusqu'au jour où la passion d'amour s empara de son âge mûr. Mais la j)assion n'a pas été pour elle ce trouble profond qui obscurcit la raison, elle a été l'explosion de la vie, qui a donné momentanément plus d'éclat à un sentiment, sans détruire l'équilibre des facultés de sa nature.