‹ Etude sur Nicolas Psaulme, évêque et comte de Verdun, 1518-1575Chapitre 3 sur 10 · VERDUN ATTAQUÉ PAR LES HUGUENOTS · texte numérisé non relu

VERDUN ATTAQUÉ PAR LES HUGUENOTS

Le sage et pieux Fénelon , exprimant dans une admirable fiction les désirs de son noble cœur, nous montre deux peuples beureux ; l'un par sa propre sagesse et l'autre par celle de son roi. Je suis loin, Mesdames et Messieurs, de pouvoir l'aire de notre pays, au temps de Nicolas Psaulme, une peinture pareille à celle que le Cygne de Cambrai faisait de la Bétique et de Salente (1). Nous entrons dans l'une des plus tristes époques de riiistoire, où Dieu semble avoir laissé tomber sur riiumanité coupable tout le poids de sa justice, où les peuples et les rois, aveuglés de toutes façons, se trouvent frappés de tous les fléaux : et cela durera cinquante ans.

Verdun , Messieurs , aura sa part de misère ; mais elle sera moindre que partout ailleurs, giàce à l'esprit d'ordre de ses babitants et à leur fidélité à ranti(iue foi cli rétienne ; grâce aussi à la sagesse

(1) Téluaiaquc. Livre XIIl cl /ÙTf XXI.

de son Evêque, dont nous continuons à étudier la vie.

La mort de François 1" n'avait point terminé la lutte entre la France et la maison d'Autriche. Nous avons vu Cliarles-Quint reprendre avec le fils la vieille querelle qu'il avait eue avec le père, et l'on sait comment il se plaignait de la fortune qui, disait-il, allait au plus jeune (1). Or, ces guerres Misère continuelles dont notre pays, frontière de France publique, et de l'Empire, fut le théâtre, avaient ruiné à diverses reprises les villages, dispersé les lahoureurs, incendié ou détruit les moissons et empêché la culture des terres. La misère était grande dans les campagnes, et plus»grande encore dans les villes : le pauvre des villes avait sans doute alors, comme il a aujourd'hui , plus de ressources au dehors ; mais il sait moins se suffire à lui-même que celui des campagnes.

Nicolas Psaulme, témoin de la situation déplo- Nicolas rable dans laquelle se trouvait la classe indigente Psauime de sa ville épiscopale, témoin aussi des abus d'une ^«"S^ ^ y mendicité parfois insolente, songea à y porter po''^<='' ■■<^'"*^'1<^ remède. Deux moyens lui parurent bons : Réorganiser les hôpitaux, dont les biens, mal administrés, passaient souvent aux employés, au lieu de servir au soulagement des pauvres et des malades, et faire un appel à la bienfaisance publique, alin d'ùter à certains mendiants, les moins nécessiteux en général et les plus paresseux , le prétexte de tendre la main dans la rue.

(1) Cliarlcs-Quinl forcû de lever le siège de Melz disait Irislciiical : H Je vois bien que lu (brlunc esl fefiielle : mieux aimc-l-clle » un jeune roi qu'un vieil empereur. »

C'est pourquoi, vers la fin de 1558, notre Evéque présenta aux Etats de la ville un mémoire contenant ses projets relatifs à la réforme des hôpitaux et à l'organisation de la charité. Ce mémoire avait pour titre : Advis de Monseigneur l'Evesque et comte, pourtant le règlement et ordre den hospitaulx de la Cité de Verdun. Ensemble l'institution de iaubnosne publique , pour estre présenté aux trois Estais du dict Verdun (I).

Réfornic Le règlement qui réforme et réorganise nos ^'^^ hôpitaux établit d'abord un Bureau composé de

opitaux. qyjjt,,g Qy cinq personnages élus par les Trois-Etats de la Cité, lesquels devront « veoir et cognaistre » Testât et le maniement de tous les revenus des » dits hospitaulx. . . et seront les dits commis et » députés appelés Recteurs de l'Aulmosne , qui » n'auront aucun gaige ni récompense que celle de » Dieu. » C'est là, [Messieurs, l'origine des bureaux et commissions qui régissent nos hôpitaux,

A chacun des hôpitaux de la ville est ensuite donné son lot : le petit hôpital St- Jacques ou Aumônerie recevra les orphelins; il y aura un maître d'école dont les leçons seront publiques , afin que tous les enfants de la ville en puissent profiter. La Maison-Dieu de Ste-Catherine servira d'asile aux pauvres non malades, et lorsque le nombre en sera trop considérable, V Aumônerie de St-Vannes servira de succursale. L'aumône publi(|ue sera donnée à Ste-Catherine, qui, en échange, cédera ses revenus à la Maison-Dieu

(1) Ce curieux documciil se trouve aux arcliives de l'hospicu Slc- Ciilherinc.

de St-Nicolas de Gravière. Le dit hôpital de St- Nicolas de Gravière sera destiné « à tous pauvres » hommes et femmes malades et impotents de » ceste Cité et de la terre de TEglise. »

Je remarque, Messieurs, dans ces dispositions, que Nicolas Psaulme veut à St-Jacques une école non-seulement pour les orphelins, mais pour tous les enfants de la ville, et qu'il ouvre les hôpitaux aux pauvres malades des domaines de son évèché, aussi bien qu'à ceux de sa Cité.

Par le même règlement, il est fait défense aux gens valides de mendier dans les rues, et, si ces mendiants sont étrangers à la ville, « qu'ils aient » à la vuyder tout aussitôt. Pourquoi sera député » un sergent qui aura le regard sur les contreve- » nants, pour les mettre en prison et les punir en » exemple à tous les aultres. » Ainsi, vous le voyez, Messieurs, il y a 300 ans, notre Evêque prenait, pour interdire la mendicité dans sa ville épiscopale, des arrêtés pareils à ceux que nos administrations actuelles prennent à la même fin.

Il faisait en outre établir des troncs et quêter dans toutes les églises pour les hôpitaux : nous l'imitons aujourd'hui. Mieux que cela : les Recteurs de l'Aumône chargeront de ces quêtes « des bour- » geoises de la ville, pour demander l'aulmosne » par les paroisses chaque jour de dimanche : » Voilà, Messieurs, nos Dames de charité et nos gracieuses Quêteuses pour les pauvres.

Des troncs seront aussi placés « dans les bolides » et hostelleries, » pour recevoir les dons volontaires des personnes généreuses.

Quant à V Aumône publique , elle consistera

dans une cotisation , pour une certaine quantité d'ari^ent et de grains, faite, chacun de leur côté, par le Seigneur-Evêque d'abord, par les Chapitres de la Cathédrale, de la Madeleine et de Ste-Croix, par les Abbayes de St-Vannes, St-Paul, St-Maur, St-Airy, St-Nicolas-des-Prés , par le Prieur de St- Louis, l'Aumônier de St-Vannes, par tous les Curés de la ville, et par Messieurs des Trois-Etats , église , noblesse et bourgeoisie.

Le produit de ces diverses cotisations sera administré par les Recteurs de l'Aumône. Chaque samedi une distribution de pain sera faite par les dits Recteurs en l'ÏIôtel-Dieu St-Nicolas aux pauvres de la Cité. Seulement les pauvres qui se présenteront pour recevoir ainsi « l'aulmosne publique » seront enrollés et porteront l'enseigne et marque » qu'il sera advisé, afin d'exclure cette multitude » de pauvres qui sont journellement par devant » les huys, dont la plus part sont valides, qui » mangent et sucent ce qui appartient aux vrais » pauvres. Et, pour pourveoir à iceulx valides » mendiants, serait bon d'adviser quelques oeuvres » publiques, ou que les Recteurs de l'aulmosne » les envoyassent à ceux qui pourraient avoir » affaire de gens pour besogner. »

Ecarter une catégorie de pauvres qui font de la mendicité un métier, refuser l'aumône à qui peut gagner sa vie par son travail, procurer ce travail aux classes nécessiteuses, en invitant les particuliers à leur fournir de l'ouvrage et en créant des travaux publics, voilà. Messieurs, aux yeux de Nicolas Psaulme, la charité bien entendue! Voilà, pour le riche, la meilleure manière de

faire Taumône ; voilà , pour le pauvre , la manière la plus honorable de la recevoir !

Ne seront donc admis à recevoir l'aumône publique , que les « pauvres gens et mesnaiges de » ceste cité, chargés d'enfans et maladifs. » Cependant les « pauvres passants estrangiers> auront aussi un secours « selon la discrétion des Recteurs.»

On désignera un médecin et un chirurgien des pauvres, qui « prendront gaiges, » un boulanger et un meunier.

« Et, pour montrer publiquement au peuple de » Verdun la pauvreté et les grandes charges ordi- » naires de l'aulmosne , et pour luy donner » meilleur cœur et plus ardent désir, bonne » volonté et charité envers les pauvres, serait » bon d'ordonner une procession généralle , par » chacun an, de tous les pauvres, tant orphelins » qu'aultres , recepvans les bienfaicts de Taul- » mosne publicque tout au long de l'année, où » se fera sermon pour inviter et persuader le » peuple ; proposant les grands biens qui en » procèdent , tellement qu'il n'y a rien en ce » monde qui tant puisse mouvoir Dieu , nostre » créateur, à avoir pitié de nous, que celle que » nous avons l'un de l'aultre, ni qui tant con- » serve en union et fraternité le peuple, et le •) préserve de tomber en ruyne et entre les mains » de ses ennemis, que la vraye charité, qu'est » l'amour de Dieu et de son prochain. » Belles paroles, Messieurs, où se révèlent le cœur généreux de notre Evèque, sa piété envers Dieu et sa charité envers les pauvres !

« Voilà ce qu'il semble au dict sieur Evesque,

» touchant le règlement des dits liospitaulx et » aulmosne. »

Ce règlement fut adopté parles trois Etats de la ville et mis à exécution quehpie temps après.

A lire tout cela, Messieurs, ne dirait-on pas un règlement fait d'hier? Nicolas Psaulme ne néglige rien , n'oublie rien. Sous la féconde inspiration chrétienne, son intelligence, son esprit d'ordre et d'administration avaient devancé son siècle !

Plus j'étudie la vie de notre illustre Evêque, Messieurs, plus je suis frappé de sa prodigieuse activité. En même temps qu'il pourvoit aux besoins matériels des pauvres, il s'occupe de l'éducation de la jeunesse.

Les écoles élevées par le clergé dans les premiers siècles du moyen-âge, à l'ombre de nos Cathédrales, n'existaient plus; les couvents ne donnaient l'instruction qu'à un petit nombre de jeunes gens, destinés pour la plus part à l'état ecclésiastique; les grandes villes seules avaient des Universités, et Verdun en était privé.

Nicolas Nicolas Psaulme, pour subvenir à cette indigence

Psaulme intellectuelle, si je puis employer cette expression, essaie résolut d'établir dans sa ville épiscopale uneUniverde fonder ^j^^. ^j^j élevait lui scrvir en même temps de séminaire. A cet effet il fit venir à grands frais de Paris de doctes professeurs de théologie, de jurisprudence, de philosophie, de belles-lettres, voire même de médecine, et les établit dans l'aumônerie de St-Jacques dont nous avons déjà parlé (1), fouriiis-

(1) Los bàliinenls de raumôneric de Sl-Jacques, dans la rut- do Rue, après a\oir servi d'Universilé jusqu'en 1570, l'uienl vendus

une

Université

à Verdun.

sant de ses biens et revenus à leur entretien. 11 donna à cet établissement le nom un peu barbare (VOrphano trop lie, parcequ'il y fonda vingt-quatre bourses destinées à entretenir et à nourrir vingtquatre orphelins de familles pauvres se destinant à l'état ecclésiastique.

L'abbaye de St-Paul détruite, on s'en souvient, Reconsirucpendant le siège de Metz , réclamait aussi son ''*'" attention. Nicolas Psaulme, en acceptant le siéoe /^''„^^,*'

' ^ (le Sl-Paul.

épiscopal de Verdun , avait cédé au Cardinal de Lorraine son titre d'abbé de St-Paul et les revenus qui y étaient attachés, se réservant le droit de regrès, mais il en était resté l'administrateur. C'est pourquoi il prit soin de faire reconstruire dans l'intérieur de la ville un nouveau couvent à ses religieux, et en poussa les travaux avec une telle vigueur qu'en trois années ils furent achevés. Vous connaissez. Messieurs, les vastes bâtiments de la seconde abbaye de St-Paul, aujourd'hui employés à d'autres usages (1 ) ? Nous sommes à cette heure dans une des salles du couvent, et j'ai l'honneur de vous y parler de Nicolas Psaulme.

Sans doute que le pieux Prélat eût été heureux de consacrer ainsi tout son temps et tout son zèle à des œuvres comme celles dont nous venons de

aux Religieux de Cliàlillon-l'Abbaye en 1S90. Raclielés en 1682, on y plaça le Se'minaire qui y demeura jusqu'à la Révolution. Ils sont aujourd'hui Iraiisforme's en prison.

(1) Celle seconde Ahbaye de St-Paul est devenue liôlel de la Sous— Prcreclurc et Palais de Justice. Une inscription place'e audessus de la porte d'entrée du Palais, en face de la place, rappelle la première destination de ces bàlimenls : Sa7ictis Paulo jépostolo et Paulo f^irdunensium ^ntistiti . -1686.

Progrès

du

Prolcslan-

tismc

dans le

Diocèse.

Nicolas Psaulme

— sole voir occupé dans sa ville épiscopale. Mais les temps d'alors lui devaient créer bien d'autres soins, comme évê(iue et comme prince temporel.

Comme Evêque, son cœur souffrait de voir le Protestantisme gagner chaque jour du terrain dans son diocèse. La ville de Verdun n'avait pas encore entendu la voix d'un seul ministre de la Réforme , mais il en était autrement dans les campagnes où le passage continuel des armées , le voisinage de rAllemagne, la présence de quelques apôtres ignorés, avaient introduit les nouvelles doctrines dans beaucoup de chaumières et de châteaux.

Afin d'en arrêter le progrès , Nicolas Psaulme visita lui-même une grande partie des paroisses de son diocèse, exhortant les fidèles à demeurer fermes dans les croyances de leurs pères. Il envoya en même temps de tous les côtés des prédicateurs zélés et savants , pour combattre les erreurs , ramener à la foi catholique les dissidents, et raffermir les ébranlés. Usant d'une rigueur fort légitime dans les idées d'alors, il bannit de son diocèse, ou condamna à de grosses amendes ceux qui cherchaient à pervertir le peuple et à faire du prosélytisme protestant.

Comme Prince temporel, il lui fallait chaque jour défendre ses domaines contre les empiétements

qui trouvaient dans les

cède quelques j^g scigUCUrS VOisiUS

^T* discordes relicfieuses une occasion de s'agrandir

au duc ^ "

de Lorraine.

C'est |)ourquoi il chercha à se concilier le duc de Lorraine en lui cédant, de l'avis du Cardinal, ses droits de rachat sur la châtellenie d'Ilattonchàtel et en renonçant, à son profit, à toutes les prétentions

que les Evêques de Verdun pouvaient avoir sur Clerniont, Vienne-le-Château, Varennes, Trognon flleudicourtj et sur la prévôté des Montignons (Bétlielainville , Montzéville, Forges). En échange de quoi le duc lui donnait quelques droits sur divers villages : Souhesnie, Billy, Rembercourt-aux- Pots, et lui assurait son secours contre les ennemis de la religion et de TEtat (1 561 ) . Cet acte fut dans la suite cassé par le roi de France Charles IX, en sa qualité de Vicaire du St-Empire et de Protecteur des Trois-Evêchés.

La bienveillance du duc de Lorraine, assez chère- n nomme ment achetée pourtant, ne parut pas encore suffi- ^^ *^"*' santé à Nicolas Psaulme. Il crut prudent de rétablir ^

Comte

une dignité oubliée depuis 400 ans, et de nommer j^ Verdun. un Comte et 3Iarquis de l'Evesché et Comté de Verdun (1561). « Considérant, dit-il, que l'évesché de Verdun est enclos et confiné entre plusieurs Etats et particuliers Seigneurs prétendants droit de souveraineté, et que, pour estre ledit Evesché limitrophe desdits confins , nos vassaulx et subjects d'icelui sont grandement travaillez et molestez par le moyen de plusieurs entreprises et nouvelletés à leur grand préjudice, et dommage dudit Evesché, et au grand regret et déplaisir de Nous , leur souverain Seigneur et Prince régalien, soubs le Sainct-Empire. Considérant aussi que, pour l'occupation et sollicitude qu'il nous convient prendre et avoir pour la manutention des droits et fiefs et protection des dits vassaulx et subjects, il nous est impossible vacquer au fait de la Religion pour instruire et enseigner les dits subjects et les contenir en

saine doctrine , et principalement en ces temps turbulents et pleins d'émotions pour le fait mesme de la Religion ; laquelle plusieurs mal affectez à l'Eglise Romaine et mal sentants de nostre foy ancienne et catholique, s'efforcent invertir, ruiner et du tout abolir. Les forces et entreprises desquels il nous serait malaisé et du tout impossible de supporter et deffendre, si ce n'estait par le moyen, ayde et support de quelque grand , illustre et généreux personnage, qui de bon zèle et affectioné désir voulut prendre la charge et protection de Nous, nostre dit Evesché, subjets et vassaulx d'icelui. . . Avons, par meure délibération du Conseil, nommé etestabli, nommons et establissons par ces présentes illustre et Puissant Prince, Monseigneur François de Lorraine Duc de Guyse, ses hoirs masles nez ou à naistre et procréez de luy en loyal mariage, en tiltre de Comte et 3Iarchis dudit Evesché et Comté de Verdun. »

Cette charge obligeait celui qui en était revêtu, le maintenir, garder et défendre l'évèque, ses ens, les domaines de l'évêché, ses vassaux, spécialement la Religion. « Et afin que le dit Seigneur Comte et Marchis puisse résider et demeurer quand bon lui semblera sur les terres dudit Comté,... cédons et transportons audit

sieur Duc de Guyse et à sesdits hoirs le

Chastel , Chastellenie et Prévoslé , Terres et Seigneuries de Dieulevard {Dieulonard- sur- Moselle), membre et lief dudit Evesché, avec ses appartenances et dépendances, le tout estant de présent et annuel prolict et revenu de quatre

» cents ducats d'or.... (1)» — C'était une bonne épée que Nicolas Psaulnie se donnait en la personne du Vainqueur de Calais, du défenseur de Metz. Mais on ne voit pas que le duc de Guise ait usé de sa nouvelle dignité. 11 avait alors autre chose à faire que de protéger quelques villages de l'évèché de Verdun.

Notre Evèque, cependant, n'était pas en guerre Relations avec tous les Seigneurs ses voisins. Je place ici ^""''^ "°'^*^ un mot des bonnes relations qui existèrent entre '^equc

et

lui et Jean de la Marck, seigneur de Jametz, fds j^^^^ du fameux Sanglier des Ardemies. de la Marck.

Jean de la Marck lui écrivait aux premiers jours d'avril 1559. «.... Puisque nous sommes en ce » bon temps , j'espère que vous ferez résidence » à Mangiennes, comme vous m'avez dict, et que » nous nous verrons souvent. » Nicolas Psaulme allait en effet, de loin en loin, prendre quelques jours de repos au château de Mangiennes, peu distant de Jametz, où Jean de la Marck tenait sa petite cour. Dans une autre lettre, toute pleine aussi de bons et affectueux sentiments, le sire de Jametz donnait à son illustre ami des nouvelles du soulèvement des Ecossais contre leur reine Marie, sœur des Guises et mère de Marie Stuart, lui parlait de ce qui se passait à Rome et lui redemandait la profession de foi de Anne Dubourg, dont le procès et le supplice eurent à cette époque un si grand retentissement en Europe (2) ; il ter-

(1) Lellics de Nicolas Psaulme portant nomination du dnc de Guise au litre de Comte de Verdun.

(2) Anne Dubourg, conseiller au Parlement de Paris, cxe'cutc le 23 décembre 1559 en place de Grève , pour cause d'hcrc'sic.

minait par ces cordiales paroles : « Je me recom- » mande à vostre bonne grâce, priant Dieu qu'il » vous donne la sienne. L'entièrement vostre bon » amy, Jean de la Marck. — De Jametz 16 dé- » cembre 1550 — (1).

L'année 1559, que je viens d'évoquer, Messieurs, est, à mon avis, une date fatale pour la France. Là, commencent les guerres de Religion pour durer quarante ans.

Nous en sommes, de la vie de Nicolas Psaulme, à Tannée 1561 . Mais je dois me reporter en arrière afin de faire connaître les événements qui se passèrent en France dans cet intervalle et dont notre pays reçut le contre-coup.

Événements Ilcury II,"à la flcur de l'âge, était tombé dans un de tournoi sous la lance de Montgommery '10 juillet France. ,| r^r^g^ . j| laissait trois lils, qui lui succédèreut tourà-tour. Des deux premiers , l'un fut François II , qui mourut à Tâge de dix-sept ans, après dix-sept mois de règne (15 décembre 1560-, l'autre fut Charles IX ! Charles IX n'avait que onze ans quand il recueillit des mains de son frère le terrible héritage de la couronne.

Sous ces deux rois enfants, la carrière fut ouverte à tous les grands ambitieux; la France se divisa à leur i)rorit et la royauté redevint une ombre. Les Chefs véritables de l'Etat furent, aux yeux des catholiques, les Guises et un peu Montmorency; aux yeux des protestants, Condé et les Coligny.

(1) M. Ilusson. Manuscrit sur IN. Psaulme.

La reine-mère, Catherine de Médicis, femme sans cœur, ni convictions, n'aimant que le pouvoir, trompait tous les partis et les mécontentait tous. Du choc de toutes ces ambitions, plus encore que des passions religieuses, naquit, comme la foudre naît du choc des nuages, l'horrible et longue guerre civile qui fit descendre pour un temps la France au dernier rang des nations.

Pauvre France! de toutes parts alors elle était trahie par ses enfants. La cour ou plutôt les Guises la mettaient aux pieds du sombre lils de Charles-Quint, Philippe II, en lui demandant assistance et en appelant jusque dans Paris les bandes espagnoles de Flandre. Les Huguenots , constitués en parti politique sous la vive impulsion de Coudé, la vendaient aux Anglais en leur livrant le Havre , et lui amenaient leurs soudoyers allemands, qui ruinaient son sol comme les sauterelles d'Afrique dévorent les moissons.

D'Andelot, frère de Coligny, alla donc de l'autre côté du Rhin faire une levée de reîtres et de lansquenets (1). Vers le mois de septembre 1562, il les ramenait en France au secours des deux chefs huguenots enfermés dans Orléans.

A la nouvelle de son approche , les seigneurs de Les ce parti qui habitaient les marches des Ardennes, Huguenots de la Champagne et de la Lorraine, se concertèrent songent dans l'intention d'aider au retour de d'Andelot et ^^^'"P*''^'" de favoriser la cause en s'emparant par un coup y^^.^^ de main de Verdun. Verdun leur convenait, en effet, on ne saurait mieux, comme place de sûreté

(1) Les Rcîti'cs étaient des cavaliers 5 les Lansquenets des fantassins. .yj.

lun.

et comme point de ralliement où Ton pourrait recevoir et organiser les secours li'Outre-Rhin.

C'est pourquoi ce coup de main fut fixé pour la nuit du 2 au 3 septembre.

Les conjurés espéraient réussir. M. de Losse, commandant militaire de la ville, était absent : son lieutenant, M. de Manègre, était gagné; beaucoup de soldats de la garnison appartenaient à la nouvelle religion, et l'on devait choisir parmi ceuxlà les corps de garde et les sentinelles qui seraient placés dans les alentours du point désigné pour l'attaque. De cette façon, il ne devait y avoir, ni bruit qui pût attirer l'attention des habitants, ni résistance qui put leur donner le temps de courir aux armes : on espérait les surprendre dans leur sommeil. Toutes ces mesures avaient été prises dans le plus grand secret, toutes ces intrigues avaient été nouées avec mystère : nuls dans la ville ne savaient rien, si ce n'est les complices. Mcoias Le vigilant Evéque seul, sur de vagues indices,

avait conçu quelque soupçon du complot qui se tramait contre sa ville et son peuple. Plus tard, une lettre adressée par un conjuré à un oflicier de la garnison, lettre (jui fut interceptée, lui indiqua le jour et le lieu de Tattaque.

Lui-même, alors, usant du plus grand secret, fit prévenir, non pas la garnison, il ne comptait pas assez sur elle, mais les hommes de la ville, nobles, bourgeois et gens des métiers. Les armes qui leur avaient été enlevées, lors du passage de Henry II, leur furent rendues ; ils savaient encore s'en servir.

Psauimc

découvre

le coinplol

(?est. pourquoi ils se tinrent prêts à être debout au premier signal et à bien recevoir les Huguenots.

Le soir du 2 septembre venu, les portes de la vilie furent fermées, afin d'empêcher toute communication avec le dehors ; les soldats des postes et les factionnaires posés par le commandant français furent changés, par ordre de TEvèque, et remplacés par des bourgeois : M. de Manègre n'osa pas s'y opposer, tout le peuple était en armes. On savait que Tescalade devait être tentée du côté de la France : la plus forte troupe se porta sur ce point et Ton attendit.

Or, pendant que les hommes couraient aux rem- j^a viiic parts, les femmes, les enfants et les vieillards se en pressaient dans les églises, invoquant avec larmes prières, et ardentes prières le secours du ciel et la protection de la vierge Marie, patronne de la ville, pour ceux qui allaient se battre.

Comprenez-vous, Mesdames, les angoisses de ces mères de famille, de ces jeunes filles, à ce terrible moment qui allait décider du sort de beaucoup? Elles priaient, elles pleuraient! Et pourtant, je ne doute pas (ju'il ne se fût au besoin trouvé parmi elles une Jeanne-Hachette, défendant son honneur et son foyer avec l'héroïsme d'un patriotique désespoir.

De leur côté, au jour dit, et vers le coucher du soleil, les conjurés, sortant des châteaux et villages voisins où ils avaient trouvé asile chez des partisans de la nouvelle religion, se dirigeaient discrètement, et par petites bandes, vers les hauteurs boisées de la côte St-Barthélemy, lieu du rendez-

vous général. Vers le milieu de la nuit, ils y furent

en un gros bataillon de près de deux mille hommes

sous les ordres de M. de Béthune.

Aiiaquc ï-''^ ttîte de colonne est munie d'échelles pour

de la nuii cscaladcr les murailles , de haches et de leviers

du 2 au 5 pou,, enfoncer les portes et les ouvrir de l'inté-

scpicmbrc. j.j^j^jj. ^^^ j.gg^^ ^j^ j^ troupc. Vcrs minuit on se met

en marche. Une obscurité profonde, un silence absolu , favorisent l'entreprise ; tout paraît dormir, et les hommes dans la cité, et la nature dans les champs. Arrivés au pied des remparts, non loin de l'abbaye de St-Vannes (1), les soldats appliquent leurs échelles, y montent et s'y pressent sans désordre, sans tumulte, pied à l'épaule. On dirait vingt serpents qui, s'élançant de terre, déroulent leurs noirs anneaux et les dressent vers le sommet des remparts.

Les Le sommet est atteint; les premiers assaillants

Huguenots vont prendre pied et s'élancer dans la place , repousses. qu-^Kl tout-à-coup ccut bras sc Icvaut ensemble rei)oussent avec effort les échelles, les renversent et précipitent tous ceux qui se trouvaient dessus, pèle-mèle dans le fossé, où ils tombent, brisés par la chute, et où une artiuebusade meurtrière va les atteindre. Au même moment, le reste des bourgeois avec quelques hommes de la garnison, effectuent une sortie par la porte en France, voisine du théâtre de l'action (2), se jettent dans

(1) La citadelle n'existait pas alors : l'ablaye de St-Vannos était entourée d'Iiabilalions. Une vieille tour isolée au milieu de la citadelle, et appelée tour d'Anj^oulèuie, est un dernier vosli','e dos anciennes lorlilicalions. Cette tour sert aujourd'hui de prison niililairo.

(2j Cette porte, qu'on appelait aussi Porte du Mesnil ou Porte Noslre-Dame , était située près de l'abbaye de St-Vannes. La Porte

— soie flanc des Huguenots surpris de cette brusque attaque et taillent en pièces ceux qui ne sont point assez alertes ou assez lâches pour chercher leur salut dans la fuite.

Le combat fut court; les Verdunois se comportèrent vaillamment, et, avant le lever du soleil, ils rentraient chez eux, rapportant les morts et les blessés des deux partis, avec les échelles et autres engins de guerre préparés pour l'attaque et abandonnés par les fuyards. Il y eut gros butin pour les vainqueurs et grande liesse dans la Cité.

Cent quatre-vingt-quinze ans après, on voyait encore à St Vannes les échelles des Huguenots, dont le Procureur du monastère avait fait des râteliers (1).

Au matin de ce jour heureux, Nicolas Psaulme, Fcic

qui avait veillé de sa personne à la direction de la du 3 septem-

défense, convoqua son peuple et son clergé dans ^'''^

réûlise Cathédrale et rendit à Dieu de solennelles *'" "*^ '""*

-»• "" -^ de

[races

actions de grâces pour le succès de la nuit, succès ^^ j^ que la reconnaissance de vos pères attribua à une délivrance toute spéciale protection de la Ste-Vierge sur la de la Citë. ville où, de tout temps, elle avait été grandement honorée.

L'année suivante, une procession, avec sermon, fut instituée pour remercier Dieu d'avoir délivré la ville « du grand dangier des adversaires qui l'eschel-

dc France aclucilc n'existait pas ; clic date de l'époque de l'aclicveinenl de la citadelle.

(1) Dom Cajol. Alniaiiacli historique de la ville de f^erdun.

» Icrent nuitamment devant le S""* septembre 1 562 » dit l'ordonnance capitulaire rendue à cet effet.

La dite procession, partant de la Cathédrale, se fit d'abord vers l'église de St-Vannes, sans doute alin de rendre grâces à Dieu sur le terrain même où avait été remportée la victoire. Quarante ans après, les travaux pour la construction de la citadelle rendirent prescju'impossibles les abords de St-Vannes. La procession se dirigea alors vers l'église des Dominicains, dont le couvent était voisin de celui de St-Paul (I). Un sermon qui fit grand bruit à Verdun y fut prêché en 1767 par un abbé Tronville (2). Vers la fin du siècle dernier, l'itinéraire de la procession fut encore changé; on alla alors aux Récolets (3). La grande révolution supprima cette fête religieuse qui ne fut rétablie qu'à la restauration du culte, cette fois dans l'église St-Victor où elle se célèbre encore aujourd'hui, avec procession solennelle du clergé de la ville et sermon. La procession avait été interrompue de 1830 à 1848.

Jusqu'à la Révolution française. Messieurs, cette fête commémorative de la délivrance de Verdun

(1) Il ne leslc presque rien de l'ancion couvciil des Dominicains ou Frcrcs-Prèclieurs. Il clail situe sur l'emplacenieiil occupe au~ jourd'liui par le Icmplc Israélite.

(2) Cet abbé Tronville avait violemment attaqué dans son discours les prêtres séculiers qui remplaçaient depuis 5 ans les Jésuites comme professeurs au Collège. Il fut obligé, par ordre de l'Evèque et du Procureur général du Roi a Meli , de faire ses excuses devant le Bureau d'administration du Collège et de rétracter ce qu'il avait dil.

(3) Le couvent des Cordclicrs , puis Récolets, était situé dans l'angle formé par le ruisseau qui vient du Pont à Bracliicux cl par le ranal qui descend du moulin St-Airy. L'emplacement en est occupé à présent par une belle habitation particulière entourée de jardins et de vastes remises.

était à la tbis une fête civile et religieuse, à laquelle tout le monde officiel de la Cité prenait part. Depuis lors , ce n'est plus qu'une fête religieuse , n'ayant d'autres pompes que celles de l'Eglise. Cependant elle a pris il y a quelques années un caractère populaire très-marqué , grâce au zèle actif et intelligent d'un ancien curé de St-Victor, enfant de la Cité, que vous connaissez tous (1).

Seulement l'idée primitive de la fête du 3 septembre, je dirai presque sa physionomie, a été sensiblement modifiée. C'était tout d'abord un acte public et solennel d'actions de grâces à Dieu, la dévotion des fidèles en a fait aujourd'hui une fête presqu'exclusivement consacrée à la sainte Vierge.

Voilà, Messieurs, ce que dit l'histoire à propos du 3 septembre 1562. Voici ce que racontent les traditions locales.

Quatre-vingt-dix ans après l'événement, c'est-àdire en 1647, un moine de St-Paul écrivait dans sa Chronique qu'au moment où les Calvinistes grimpaient à leui's échelles, se fiant de trouver tout le monde endormi dans la ville, « l'évesque Psaulme » s'esveilla en sursaut, croyant qu'il fut plus tard » qu'il n'était, et fit sonner les matines de la » cathédrale une heure plus tôt que de coustume ; » de sorte que les soldats entendant la cloche à

(1) M. l'abbé de Labaut , cui4|rde Sl-Viclor de 4848 à 186S. C'esl à son iniliative el à sa générosile' que l'église St-Victor doit le beau vitrail qui éclaire la chapelle de la Vierge, et qui représente la scène racontée par la Iradilion, où l'Evéque et les Magistrats , aux pieds de la statue de Marie, lui oHVcnt les clefs de la Cilé. Ce vitrail sort des célèbres ateliers de MM. Maréchal, de Metz.

Traditions populaires

sur l'Evénement

du 5 septembre.

» heure indeûe crurent que Ton sonnait l'allarme » sur eux, el, estant saisis d'une terreur panique, » se sauvèrent en grande liaste, laissans les » eschelles dressées (1). »

L'autre tradition est plus connue, plus généralement acceptée et plus chère surtout aux Verdunois.

Pendant la nuit choisie par les Huguenots pour escalader les murs de la ville, les magistrats, dans la consternation et l'effroi, s'en allèrent se prosterner aux pieds de la statue de la sainte Vierge, la même qui est aujourd'hui dans l'église St-Victor, et qui se trouvait alors au-dessus de la porte de ce nom (2). Là, voulant montrer à la Patronne de la Cité l'absolue confiance qu'ils avaient en sa puissante protection, ils lui présentèrent les clefs de la viHe et les lui mirent au cou, comme si nul ne les pouvait mieux garder que la Mère de Dieu. La statue alors inclina la tète pour les recevoir et montrer, par ce signe extraordinaire, qu'Elle exauçait leur prière et prenait la défense de la Cité (3).

Cette statue de la vierge Marie, toutes, Mesdames, vous l'avez vue. Il s'en faut qu'elle soit un chefd'œuvre de sculpture, mais elle est vénérable,

(1) Chronique de Saint-Paul par le P. Payeii.

(2) La porte Sl-Victor à celle époque tlevail se Irouver cnlre la Tour-des-Champs el le moulin Sl-Airy, près de Vile. Du deliors des remparts, on voit parfaitement, dans une espèce de bastion à forme ronde, l'ogive d'une porle aujourd'hui murée et au-dessus de l'ooive une niche sans statue. L'intérieur de ce bastion , qui sert aujourd'hui de magasin h oulils pour le génie , présente tous les signes d'une porle. La Tour-dcs-Chanips, comme la tour du moulin du Pulv, est un reste des vieilles forlifications de la ville de ce côlé.

(3) Sermon du Père Urbain Quillot , prêché en l'église des Dominicains le 3 septembre 1671.

non-seulement parcequ'elle est l'image de la Mère de Dieu, mais encore parcequ'elle rappelle de lointains et pieux souvenirs, parceque depuis plus de quatre siècles, peut-être, il n'est pas un enfant de Verdun qui ne soit allé, au moins une fois, s'agenouiller et prier à ses pieds !

Messieurs, il n'entre ni dans ma pensée ni dans mon sujet de juger la valeur historique des traditions populaires dont je viens de vous faire le récit. Après tout, nous n'avons pas besoin de revêtir VEvènement du 3 septembre 1562 de circonstances merveilleuses, mais incertaines. La nue vérité, seule, suffit pour fixer notre attention et porter vers le ciel notre sincère reconnaissance (1).

Verdun, dans la nuit mémorable du 2 au 3 Danger septembre, a échappé à un immense danger, immense Vous savez, Messieurs, ce qu'étaient alors les ""i"^' guerres de Religion ? Luttes atroces , combats fratricides « où toutes les passions perverses, ,^3 » tous les instincts brutaux et sauvages, la bar- septembre » barie, la rapacité, la luxure, s'associaient au iS62. » fanatisme pour l'effroi et la honte de l'huma- » ni té (2). »

Verdun eut été traité par les Huguenots vainqueurs comme l'étaient au même moment Lyon, Rouen, Caen, Poitiers, Orléans, où des forcenés

(1) Ceux qui voudront se faire un jugement sur le miracle attribué par la tradition a la slalue de la Sle-Viergc, peuvent lire la Note intéressante que les Continuateurs Ecclésiastiques de l'histoire de Veidun par Roussel ont écrite à ce sujet. — Roussel. Histoire de Verdun, Tome II, pages 17 et 18 de la nouvelle édition publiée en 1864 avec l'approbation de Monseigneur l'Evèque de Verdun.

(2) Henri Martin. Histoire de France, Tome IX , P. 153.

a ecliappe Verdun ,

ne respeclaiont ni les souvenirs les plus augustes, les plus sacrés de la religion, ni les gloires de la patrie, où Ton jetait dans les flots du Rhône et de la Loire les reliques de St-lrénée et de St- Martin, où des mains françaises abattaient sur le pont d'Orléans la statue de Jeanne d'Arc!

Nous aurions eu des ruines et du sang : la victoire du 3 septembre a épargné ces fléaux à notre ville.

Honneur donc, Messieurs, à Nicolas Psaulme, au vigilant Evèque qui a découvert et fait échouer le complot, qui a éteint au pied de vos remparts la torche de la guerre civile, et conservé notre ville et son diocèse à l'antique foi religieuse de nos pères !

Honneur à ces vaillants bourgeois, à ces braves gens des métiers, qui coururent aux armes à l'appel de leur Evèque et sauvèrent leur ville de la dévastation, leuis femmes et leurs fdles du déshonneur, et leur conscience peut-être de l'apostasie !

Grâces et gloire enfin soient rendues à Dieu et après lui à la Ste-Vierge Marie, à Dieu auteur de tous bienfaits et de toute miséricorde, qui a béni le courage et donné la victoire au bon droit!

Et s'il m'était permis d'exprimer un vœu devant vous. Messieurs, j'ajouterais : Puisse cette fête commémorative de la délivrance de Verdim devenir chaque année plus poj)ulaire encore ! Puisse toute la ville y prendre paît, loules les classes de la société s'y unir dans un comniun élan pour en rehausser l'éclat! Puissent en ce

jour, riches et pauvres, grands et petits, magistrats et administrés, les fils enfin de tous ceux qui étaient aux remparts du temps de Nicolas Psaulme, puissent-ils tous rendre au ciel de solennelles actions de grâces, en souvenir du péril auquel nos pères ont échappé dans la nuit du 2 au 3 septembre 1562.

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