NICOLAS PSAULME FONDE LE COLLÈGE DE VERDUN
II ne suffit pas d'un jour, si beau soit-il, pour réparer dans les campagnes les dégâts causés par l'ouragan. La ville de Verdun, Mesdames et Messieurs, fut longtemps aussi à eff'acer les traces du fléau qui venait de passer sur elle. L'une de ses conséquences les plus pénibles au cœur de Nicolas Psaulme fut l'abandon momentané qu'il dût faire de sa généreuse entreprise pour l'instruction et l'éducation de la jeunesse dans son diocèse et dans sa ville épiscopale.
Il nous faut, ici, remonter à quelques années pour suivre les vicissitudes auxquelles furent soumis ses projets à cet égard.
Je vous ai dit, Messieurs, dans une précédente conférence, que Nicolas Psaulme avait fondé en 1558 dans notre ville une Université qui servait en même temps de Séminaire. Cet établissement, grâce au talent des maîtres et à la protection toute spéciale de l'Kvéque, avait prospéré dans les corn-
mencements. Mais l'argent est le nerf de toutes choses; Nicolas Psaulme, dont les revenus étaient minces et les cliarges considérables, s'était vu bientôt dans l'impossibilité de soutenir son œuvre, et l'Université établie à St-Jacques avait dû être fermée, faute de ressources, vers 1565.
Psaulme fit part de cet événement, qu'il regardait comme un malheur, à son puissant ami, le Cardinal de Lorraine. Ce Cardinal, qui, lui aussi, favorisait de tout son crédit le développement de l'instruction, conseilla à notre Evèque de poursuivre son généreux dessein au prix des plus i^rands sacrifices, et de mettre à la tête de son
Les Jésuiles "^ ^ • i /-■ • i t >
,,..., Université des Pères de la Compagnie de Jésus,
a la lele de ' "
l'Université G" placc dcs aucicus profcsscurs. L'ordre naissant de des Jésuites avait à peine vingt-cinq ans d'exis-
St-Jacques. tcuce , ct déjà il jouissait d'un grand renom de vertus, de sciences et d'habileté dans la direction de la jeunesse. Nicolas Psaulme, qui avait connu à Rome saint Ignace de Loyola et quelques-uns des principaux de la Compagnie, accepta ce conseil avec empressement et appela les Jésuites h St- Jacques. Le succès couronna ses espérances.
Dans le même moment, le Cardinal ayant créé une Université à Reims, sa ville archiépiscopale, l'avait aussi mise entre les mains des Jésuites. Puis il avait chargé notre Evèque de veiller à la fondation de celle de Pont-à-Mousson, et de prendre en son nom quelques mesures pour assurer à ce nouvel établissement des revenus convenables.
L'Université de Pont-à-31ousson , dirigée par les Jésuites jusqu'en 1762, avait acquis, au siècle dernier, une grande célébrité. C'était alors une
école militaire pour la Lorraine. Dissoute aux premiers jours de la grande Révolution , elle jeta dans les rangs de nos armées un grand nombre de jeunes gens dont quelques-uns devinrent des officiers distingués. Parmi eux je citerai le grand maréchal Duroc, les généraux de Bourcier, Lacoste et l'illustre général baron Jacquinot (1).
Nicolas Psaulme voyait avec bonheur la prospérité de son Université de St-Jacques quand toutà-coup éclata la cruelle épidémie de 1568. Les maîtres et les élèves furent dispersés par le fléau, et l'Université de Verdun fut fermée pour la seconde fois.
La persévérance était l'un des traits les plus saillants du caractère de notre Evèque. Le fléau disparu, les terreurs évanouies, il songe immédiatement à rappeler les Maîtres, et à rouvrir les Ecoles à la jeunesse studieuse de sa ville et de ses terres. En 1570, les Jésuites revinrent donc prendre possession de l'Université, et leur retour fit accourir de toutes parts de nombreux élèves.
Bientôt les bâtiments de l'Aumônerie de St- si-Jacqucs Jacques furent insuffisants. De vastes construc- ii'suflisaiu tiens et des tei'rains, appartenant au Chapitre de p°"' ""*; la Cathédrale et à celui de la Magdeleine, se trouvaient libres à la ville-haute près de l'impasse de Ripe. Nicolas Psaulme résolut d'y transporter sa chère Université. Mais les deux Chapitres s'y oppo-
(1) l.c général baron Jacquinot né en 1772, lieulenanl au l'"" bataillon des volonlaircs de la Mcurtbc en 1791 , colonel de chasseurs en 1806, général de brigade en 1809 el de division en 1813, pair de France en 1837, morl à Melz en 1848. Le général Jacquinot avait été surnommé par Mural , qui s'y entendait : le brave de tous les jours.
om
cia.
Nicolas sèrent avec une énergie qui le força à renoncer
Psauimc à son clesscin. Alors il jeta les yeux sur l'hospice
jciie les yeux ,1e St-Nicolas-fle-Gravièrc , situé proche des rem-
surPhôpiui j^jj,.,g ^,^j i3oi.j|yie„t la ^ipygg >j pEgt Je la ville.
JeSt-Nicolasde-Gravicrc.
L'origine de cet hôpital rappelle la générosité de vos pères. Gardons, Messieurs, de tels souvenirs; ils font honneur à ceux qui les laissent et à ceux qui les conservent. Vers 1140 vivait à Constaniiug Vcrdun un riche bourgeois, nommé Constantius, ei et sa femme, nommée Officia, tous deux de bon
renom et de grandes vei'tus. N'ayant pas de postérité, ils songèrent à consacrer une immense fortune, honorablement acquise dans le négoce, au soulagement des pauvres et au bien de la Cité ! Pour le bien de la Cité, ils aidèrent à la construction de notre cathédrale , puis ils firent édifier sur la Meuse un pont de pierres qu'on appela le pont Chaussée, et une autre route ou chaussée aboutissant à ce pont et traversant les terrains alors marécageux qui, de ce côté, séparaient la ville de la campagne (1). Pour soulager les pauvres,
(1) Un plan de Verdun en d59d donne une idée de celle partie de la ville.
La belle porte ou lour Cliaussée actuelle terminait le rempart en de(;à de la Meuse , comme on le voit encore. Puis la Meuse servait de défense naturelle jusqu'à la grosse tour du moulin du l'uty, qui existait déjà alors. A cette lour du Puly venait s'appuyer la muraille llanque'e d'autres leurs qui remontait du côté de St— Victor.
Par conséquent, la première porte sous laquelle on passe, en entrant en ville de ce côté, n'existait pas non ])lus que toutes les l'ortilicalions qui l'avoisinent à droite et à gauclie. Fn petit bois en occupait l'emplacement, le terrain était fangeux quoique cultivé, la cliaussée construite par Constantius et Onîoia le traversait et venait aboutir à leur pont de pierres. Au milieu de ce pont jeté
ils fondèrent, ou au moins agrandirent considérablement un hôpital qui couvrait les vastes terrains situés entre la porte Chaussée et le couvent des Dominicains ou Jacobins , lui firent de leurs biens des revenus considérables et peut-être même y servirent de leurs nobles mains les pauvres de Dieu. Cet hôpital fut St-Nicolas-de-Gravière, ainsi appelé sans doute à cause de sa situation sur les bords de la Meuse.
Lorsque Nicolas Psaulme se fut décidé à transformer en collège St-Nicolas-de-Gravière, il fit conduire en la Maison-Dieu de St-Catherine tous les malades et les pauvres qui s'y trouvaient, et voulut que tous les produits de l'Aumône publique fussent désormais affectés à Ste-Catherine , qui devint dès lors l'hôpital général de la Cité.
Puis, quand les bâtiments de St-Nicolas-de-Gravière furent mis en état et appropriés à leur nouvelle destination, notre Evêque les remit aux * Jésuites pour y ouvrir un Collège.
Je ne vous étonnerai pas , Messieurs , si je Fondation m'arrête longuement sur l'histoire du Collège de du Verdun. Je le dois à l'illustre Evêque, son fonda- Coh.ége. teur , dont je retrace devant vous la vie et les actes; je le dois à Vous, habitants de Verdun, à notre Collège lui-môme, et, j'oserai ajouter, aux fonctions que j'y remplis.
La Charte de fondation du Collège se trouve
sur la Meuse en sa plus grande largeur, était construite une grosse tour, dont les pieds baignaient dans la rivière et qui en défendait le passage, avec la tour Chaussée placée îi l'extrémité.
aux arcliives de riIôtel-dc-Ville ; elle est datée du 25 septembre 1570. Je ne puis mieux l'aire que de vous en citer quelques extraits (1).
Charte Coutre les erreurs du temps et les mœurs relâ-
•ic elles « qui mettent la Clirestienté en grand
Fondation ^^ brausle , » Nicolas Psaulme ne voit d'autres
^„. ressources « que bonnes et fortes garnisons de
Collège. ^ ^
» piété et bonnes lettres. »
« C'est pourquoi, dit-il, par Fadvis des gens des » Estais de nostre Cité, et, par ensemble, considé- » rant que plus grand parement et forteresse ne » pouvait être mise en la dicte Cité, que si, en » icelle (comme aujourd'liui elle est destituée de » tous fruits de bonne discipline) , est dressé un » Collège, auquel, comme pépinière de la Répu- » blique, officine des lettres humaines, grecques » et latines , source de toute vertu , les enfants ♦ » de tous nos citoyens, en leur pays mesme, à l'œil » de leurs parents, père et mère, sans aucun frais » apprennent la piété et bonnes lettres dès leur » jeune aage, et avec doulceur et amitié soient » maintenus en tous devoirs et obéissance envers » Dieu et leurs parents. »
« Avons érigé et institué et érigeons et insti- » tuons par cestes, un Collège de la dicte Com- » pagnie et Société du nom de Jésus, en dedans » nostre Cité de Verdun, au lieu que d'ancienneté » et de présent l'on dit Thospital de St-Nicolas-de- » Gravière, lieu le plus commode et le plus conve- » nable ([u'on ayt peu choisir en la dicte Cité. »
(1) Un double de cette cliarle est coniervc aux archive» de l'Iiospice Sle-Catherine.
— 99 ~ J'avoue, Messieurs et Mesdames, que je suis heureux de trouver tout d'abord, dans cette charte, monument de l'intelligence et du cœur de notre Evêque, j'avoue que je suis heureux d'y trouver des paroles comnie celles-ci : « Afin que les enfants Les Enfants » de tous nos citoyens en leur pays mesme, et à doivent être » l'œil de leurs parents, père et mère, apprennent *^'^^" *""*
1 •'«'-^1 1 1-1 • VœW des
» la piete et bonnes lettres des leur leune aasfe. »
' •• o parents.
Depuis onze années déjà , j'ai la satisfaction de vivre au milieu des enfants de votre collège ; eh bien ! j'unis ma faible voix à la grande voix de Nicolas Psaulme pour vous dire : Gardez vos fils près de vous durant les précieuses années de leur enfance et de leur première jeunesse, ne vous en séparez, ne les éloignez, que lorsqu'il vous sera impossible de faire autrement. L'Education de la famille doit côtoyer l'instruction du Collège, le père et la mère doivent pétrir et former le jeune cœur, en même temps que la main des maîtres éclaire et agrandit l'intelligence.
Mais j'ai vu aussi , dans les paroles de Nicolas Psaulme, un enseignement pour nous. Messieurs, qui avons reçu de la confiance des parents la Les Enfants redoutable charge de guider et d'instruire leurs doivent être enfants : « Qu'ils soient, nous dit notre Evêque, »"struiis avec
. . , amitié
» avec doulceur et amitie, contenus en tous de-
' et
» voirs et obéissance envers Dieu et leurs parents.» douceur. Aimons nos élèves, qu'ils le sachent, qu'ils le voient, et nos leçons leur seront plus profitables! Que notre sévérité à leur égard, s'il en faut, respire la bonté ! Et n'oublions pas que notre mission est de leur enseigner non seulement ce qu'ils doivent savoir, pour devenir des hommes
BIDLIOTHECA Ottavtsna^
Nicolas Psaulme au
instruits, mais encore ce qu'ils doivent faire pour être un jour des hommes fidèles à Dieu , à la famille, au pays!
Je continue la lecture de la Charte :
Dons ^< Pour l'augmentation, dotation et fondation
pariiculiers » duqucl Collège... par les dictes présentes y
d« » donnons, appliquons et approprions une belle
» et grande maison, granges, jardins et aultres
» commodités et usuaires au lieu de Verdun, en
Collège. » ^^ '"6 tirant à St-Paul , respondante par der-
» rière au susdict hospital St-Nicolas, la quelle
» ferons accomoder selon le dessein de ceulx de
» la dicte Compagnie. »
« Cette grande et belle maison, en la rue tirant » à St-Paul et respondant par derrière au susdit » liospital St-Nicolas, » propriété particulière de Nicolas Psaulme, devait considérablement agrandir les logements et dépendances du nouveau Collège. A ce don le généreux Evèque en ajoute d'autres.
« Avons aussi donné , assigné et constitué , » et par ces présentes, donnons, assignons et » constituons la somme de mil francs barrois de » rentes annuelles et perpétuelles au dict Collège, » à prendre et à lever et avoir annuellement et » perpétuellement, tant en deniers clairs, comme » en fermes. »
Mille francs barrois valaient à peu près six mille francs de notre monnaie. 11 faut se souvenir, pour apprécier la libéralité de notre Evèque envers son Collège, qu'il ne jouissait pas de tous les revenus
de son Evêché, que les circonstances malheureuses dans lesquelles on se trouvait alors l'avaient forcé à des dépenses considérables, et qu'il était relativement pauvre. Sont ensuite indiquées les diverses provenances de cette somme : C'est 600 francs de rentes sur la ville de Paris; c'est une somme de neuf-vingt-francs en réserve près de l'Evêque pour ses bonnes œuvres; c'est une autre ■*somme de neuf-vingt-francs de rentes à lui due par la Cité de Verdun (1); ce sont des rentes qui devront être prises sur sa terre de Neuvilleen-Verdunois , sur celle de Rarécourt, etc..
Après avoir donné de son bien, Nicolas Psaulme justifie pour ainsi dire le don qu'il fait au Collège des bâtiments, terres et revenus de St-Nicolas-de- Gravière :
« D'autant, dit-il, que, de toute ancienneté, » la superintendance, régime, gouvernement et » administration des trois hospitaulx du dict » Verdun a appartenu et appartient, et a tou- » jours demeuré à Nous et à nos prédécesseurs » Evesques et Comtes de Verdun, et que pré- » sentement les aultres hospitaulx par Nous de » nouveau réédifiés et restablis , joincte l'Aus- » moine publicque érigée depuis quelque temps » en ceste Cité, sont suffisantes pour la réception, » nourriture et entretennement des pauvres ; et
(1) En 15G0 N. Psaulme avait donne une somme à la ville, à charge d'entretenir un certain nombre d'Iiicoliers à Sl-Jacques. Par lettres du 6 avril 1671, il transfère au Collège la rente de cette somme cl impose à l'IIôlcl-de-VilIe l'(jb!igalion de la payer.
Peau parchemin, aux armes et à la signature de N. Psaulme, conserves aux archives de rUôtcl-dc-Villc.
Cession des biens
de
riiôpital
Sl-Nicolas-
de-Gravièrc
au
Collège.
» que (laiileurs il revient un plus grand proufit » à l'Eglise universelle d'un Collège d'une si » saincte Compagnie , aucjuel les esprits , qui » sont divins, célestes et immortels pourtraits » de la Divinité, sont nourris et entretenus, et » les études des pauvres enfants advancées, que » des hospitaulx auxquels les corps mortels et » sujets à corruption sont seulement sustentez de » viandes corporelles.
» Pour toutes ces bonnes, justes et raisonables » considérations, par l'advis et consentement des » gens des dits Estais, grandes prières et inter- » pellations d'iceulx , avons convertis , incorporés » et appropriés, et par les présentes convertis- » sons , incorporons et approprions les églises , » manoirs, gaignages, ensemble et chascun des » héritages, cens, rentes, revenus et tous et quel- » conques aultres émoluments, appartenances et » dépendances du dict bospital de St-Nicolas-de- » Gravière , tant au dedans qu'au dehors de la » Cité, partout où ils j)Ourront estre trouvés, » situés et assis, pour ceulx de la dicte Compagnie » résidente au dict Collège, à tout temps et à » l'ad venir, et perpétuellement les cueillir, prendre » et repcevoir et en jouir et les appliquer à leur » propre et volontaire proufit. usage, nourriture » et entretennement, et ce en contemplation et » faveur du dict Collège, pour l'instruction de » la jeunesse ez lettres humaines, grecques cf » latines et bonnes mœurs... le tout gratis! »
Je m'arrête à ce dernier mot. 11 y a trois siècles, Messieurs, Nicolas Tsaulme a voulu que Vinstruc-
de rinstruclion à un
tion fut gratuite dans la ville de Verdun ; il Ta Gratuité voulu par une inspiration de sa haute intelligence, et il avait cru l'assurer par sa libéralité. Jusqu'à la grande Révolution, en effet, votre Collège fut y^j.^ ouvert à tous les enfants de Verdun et même des jusquVn terres de l'Evèché, sans aucune rétribution de 1792. leur part. Les fds du pauvre et de l'ouvrier, comme ceux du riche, pouvaient s'y rendre; les sources diverses du savoir y jaillissaient pour tous ; tous pouvaient à loisir y puiser, comme sur une place publique tous peuvent puiser à la fontaine qui verse ses eaux bienfaisantes ! Ainsi , Messieurs, cette grande question de la gratuité de renseignement, qui aujourd'hui agite si fort les esprits, a été résolue au milieu de nous par l'un de nos plus illustres Evêques ! Ainsi, dès 1570, notre Cité jouissait d'un bienfait que le Ministre, qui dirige aujourd'hui avec une si haute intelligence et un cœur si dévoué l'instruction publique, voudrait étendre à toute la France; noble projet qui est son rêve et qui , réalisé , fera la gloire de son ministère.
H y a une différence, pourtant, entre ce qui se passait alors chez nous, Messieurs, et ce que l'on veut faire aujourd'hui. Aujourd'hui on demande la gratuité de l'instruction uniquement pour les écoles primaires, parceque l'on a surtout en vue l'avantage des classes ouvrières. Eh bien ! à Verdun , les classes ouvrières avaient alors la gratuité, non seulement pour les étmdes primaires, mais encore pour les hautes éludes libérales, pour ce que nous appelons à présent Y enseignement secondaire.
Etal
florissant
(le
l'insiruclion
Verdun.
Après cela, Messieurs, je ne m'étonne plus qu'à la lin (lu xviir siècle, et au commencement de celui-ci, Verdun fût, parmi toutes les villes de France, une ville à part pour l'instruction. A Verdun, on rencontrait, ce qui n'existait nulle part ailleurs, des hommes dans toutes les classes de la société ayant fait leurs études complètes. Les sciences , i)lus encore que les connaissances littéraires, étaient familières à tel commerçant, à tel ouvrier même, qui passait sa journée au comptoir ou à l'atelier, et qui, le soir venu, lisait Horace, résolvait un problème, ou étudiait une page d'histoire naturelle dans Buffon. Et , pour preuve de ce que j'avance , je cherche dans les archives de la Société Philomatique établie à Verdun en 1823, et je vois, parmi ses fondateurs ou ses premiers membres, des hommes adonnés au petit négoce ou à des travaux manuels. En trouverions-nous à présent dans ces positions, honorables sans doute, mais modestes aux yeux du monde, en trouverions -nous qui oseraient ])rendre place, porter la parole, faire des rapports au sein d'une société savante?
Le Collège de Verdun élait donc fondé ! sa prospérité matérielle élait assurée par les libéralités de son fondateur ! sa prospérité morale et intellectuelle dépendait des maîtres qui allaient être placés à sa tète.
Ces maîtres ne lui liront pas défaut; Nicolas Psaulmesut les choisir parmi les plus intelligents, et la tradition s'en est conservée. Vous savez ,
Messieurs, ce que valent les maîtres actuels.
Le premier Recteur ou Principal fut le P. André Quelques
Avantian, l'un des hommes les plus remarquables Maîtres
de la Compagnie. Depuis lors, ce poste a le plus et quelques
souvent été confié à des esprits é'minents. Nous v f7*
. c> r. i'^ "^"^ Colle'gc
trouvons le P. Cotton , qui fut le coniesseur de ^^ Henry IV, et dont le nom est demeuré uni à un vcrdun. juron de ce grand homme si original : Jarni- Cotlon. Nous trouvons parmi les professeurs le P. Blanchard, auteur de VEcole des Mœurs, bon livre que nous avons tous lu avec tant de plaisir et de profit dans notre jeunesse.
J'ai cité des maîtres; voici, xMessieurs, les noms de quelques élèves.
Nicolas Arnii Arnoul) naquit à Meraucourt, petite ferme aux environs de Verdun (1), le 11 septembre 1629. Orphelin à neuf ans , il fut placé au Collège des Jésuites à Verdun , où il fit ses humanités. Bientôt avide de savoir , il alla étudier en diverses Universités de France et d'Espagne, prit l'habit de Dominicains en 1644, et professa la littérature à Urgel, à Tarragonne (Espagne), puis à Perpignan « aux applaudissements de tous, cum » omnium plausû, » dit sa biographie écrite en latin par un contemporain (2). Attiré vers l'Italie, il se
(1^ Meraucourl, canloii de Cliarny , commune de Bezonvaux.
(2; Nicolas Arnù a joui en Italie d'une ce'lcbrile plus grande que dans son pays. Sa vie a elé ccrile par Echard dans son livre , Bibliotheca ordinis Predicatorum, qui est une histoire des e'crivains de l'ordre des Frères-Prrclieurs , et par Palin qui a fait la biographie de tous les professeurs enseignant à rUnivcrsilé de Padoue au temps d'Arnù. Ces deux ouvrages très-rares existent à la Bibiiollièquc de la Mineive à Rome.
Je dois ces détails à l'obligeance de M. l'abbé Didiot, professeur de philosophie au séminaire de Verdun.
rendit à Rome en 1674, y fut nommé professeur de théologie, et « la Ville toute entière redit son » nom avec éloge : Magna per Urbem sui nomi- » nis fuma. » Quatre ans après, il quitta Rome pour aller à la célèbre Université de Padoue occuper la chaire de philosophie « où, dit son » biographe , il enseigne encore à cette heure » (1682) au milieu d'un grand concours d'audi- » teurs, etiamnàm magno auditorum concursii » exercet. » Nicolas Arnoul est mort en 1692. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de philosophie et de théologie et un recueil assez original de prophéties de toutes façons.
Je trouve encore parmi les élèves du collège de Verdun le P. Gerbillon, jésuite célèbre, mort en Chine premier ministre de l'Empereur j le grammairien et académicien Bauzée ; le comte de Clioiseul, lieutenant-général des armées du roi, commandant et inspecteur de la division militaire, en garnison dans cette ville, et parent du fameux duc de Choiseul, ministre de Louis XV. Le comte de Choiseul visitait en 1776 les classes de notre Collège et accordait aux écoliers quelques jours de congé, en souvenii' du temps qu'il y avait passé (1 ) .
'Enfin on sait que M. Thouvenel, de regrettable mémoire , fit aussi ses études au Collège de Verdun, sa ville natale. M. Thouvenel, mort Tannée dernière à l'âge de 18 ans, avait été succes-
(1) Registre des délibérations conceniaiit l'administration du Collège. Il ne rcslc rien des Archives du Collège de l'époque anléiicure à la Révululion, si ce n'csl ce llegislre qui couiiaence eu 17G5 cl iiiiil en Janvier 1783.
sivement ambassadeur à Constantinople, ministre fies affaires étrangères et grand référendaire du Sénat.
Les Jésuites de Verdun ne furent pas frappés par l'édit de 1594 qui bannissait de France leur société : Verdun n'était pas France. Lorsqu'en 1603, Henry IV, venant en Lorraine, passa par notre ville, ils sollicitèrent l'honneur de lui être présentés. Le roi les reçut bien et emmena avec lui le P. Cotton dont l'esprit lui plut. Ce fut peutêtre à cette circonstance que les Jésuites durent la même année leur rappel dans le royaume.
Ces maîtres habiles de la jeunesse firent du Les Jésuites Collège de Verdun une école célèbre dans le pavs ^'»""'* et une des maisons les plus importantes de leur ** 'empaccs
. .1 r , > «i" Collège
Ordre. Mais, en 1762, ils ne purent échapper a un autre décret qui les expulsait de France pour la des prêtres seconde fois. Cependant leur départ ne lit point séculiers, tomber notre Collège. L'Hôtel -de -Ville en prit immédiatement l'administration et nomma des prêtres séculiers pour y remplacer les Jésuites comme professeurs. Le premier Principal fut l'abbé François-Nicolas Dai'mon.
L'année suivante, 1763, des Lettres patentes du Bureau Roi en forme d'édit, données à Versailles au mois d'adminisde février « et scellées du grand sceau de cire » verte, pendant en lacs de soye rouge et verte (1 ), » établissaient pour notre Collège un Bureau d'administration qui devait se composer de l'Evêque ,
(1) Registre des délibérations conccruant l'administration du Collège.
(ration
du Collège
fondé.
président de droit, du lieutenant-général du Roi aux baillage et siège présidial de Verdun, du Procureur du Roi aux mêmes sièges, de deux officiers municipaux, de deux notables de la ville et du principal du Collège.
Ses Les pouvoirs et prérogatives de ce Bureau étaient
prérogatives, très-éteudus. Il vciUait à la discipline intérieure de l'établissement et à la conduite des écoliers au dehors; il fixait les heures et la durée de l'enseignement, les congés, les vacances : il déterminait les fonctions et le traitement du principal et des professeurs ou régents, les nommait à toutes les chaires et au besoin pouvait les destituer; enfin il gérait les biens du Collège, affermait ses terres, louait ses maisons, percevait ses revenus et pourvoyait à toutes les dépenses. 31ais, ce qui vous étonnera peut-être davantage, Messieurs, c'est que les membres du dit Bureau nommaient aussi le Curé d'un village proche de Longwy (1) et l'ermite d'un ermitage au Mont- St-Martin, dans le même pays.
Con6rmaiion Jusqu'alors le Collège de Verdun avait vécu du Collège d'une vie indépendante, sans être rattaché à au- P""" cune Université de France. Le 10* jour du mois d'avril 176G, le Roi, vu le compte qui lui avait été rendu du Collège de Verdun, et le mémoire qui lui avait été adressé à ce sujet par le parlement de Metz, ayant reconnu que cet établissement méritait, à cause de son importance, de
(1) Le 17 mars 1771, le Bureau d'adininislraliort du Collège noniinail M. Clies illard , prclrc du diocèse de Trêves, à la cure de Ilaulcourl, près Longwy,
sa richesse et de l'utilité dont il était pour l'éducation de la jeunesse de la dite ville et des environs, « qu'il le confirmât du sceau de son authorité » l'agrégeait à l'université de Paris, par Lettres patentes données à Versailles, dont l'article premier était : « Le Collège de notre ville de » Verdun sera et demeurera conservé, confirmant » en tant que de besoin l'ancien établissement » du dit Collège. »
Dès lors notre Collège prit le titre de Collège royal, et l'on peut lire encore aujourd'hui, audessus de la porte des externes dans la rue Chaussée, ce titre glorieux : Collegium regium, à demi effacé par la main du temps et par celle des hommes.
Certes , Messieurs , notre Collège méritait les CoursjmhUcs éloges du Roi. On applaudit aujourd'hui aux ^'" '*
^ , , . . ' ' ^ à Verdun
Cours publics qui s ouvrent sur tous les points en 1768. de la France; le gouvernement les encourage, les municipalités les patronnent. Ce qui est peut-être une nouveauté pour le reste de la France , ne l'est pas pour Verdun. 11 y a 99 ans, des Cours publics, pareils à ceux qui nous réunissent cet hiver, existaient dans notre ville, et c'étaient, comme maintenant , les professeurs qui se chargeaient de les faire. Ces cours étaient au nombre de cinq par semaine, deux de physique expérimentale et trois de mathématiques. « Et seront » les dittes Leçons annoncées par des affiches » imprimées et sera posé un fourneau dans la » salle où se donneront les dittes Leçons, et le » bois fourni de même que la lumière aux frais » du Collège » ajoute la délibération du Bureau
qui les établit. Je ne saurais assurer, Mesdames et Messieurs, que l'auditoire d'alors fut aussi nombreux, aussi distingué, aussi bienveillant que celui de ce jour.
Le Collège En 1793, les prêtres dévoués qui se consacraient jusqu'en depuis trente ans à l'enseignement et à l'éducation de la jeunesse, dans notre Collège, durent à leur tour l'abandonner. Le Collège demeura fermé pendant les deux formidables années de la Terreur, et tous ses biens furent vendus au profit de la Nation. Rouvert en 1795, il devint Ecole centrale pour le département de la Meuse. Mais les patriotiques eftbrts de la municipalité de 1802 ne parvinrent point à le faire ériger en Lycée. Je m'arrête là dans l'bistoire de notre Collège.
J'ai dit, Messieurs, que les biens du Collège de Verdun avaient été vendus dès les premiers jours de la grande Révolution. Ces biens, qui étaient très-considérables , provenaient , comme nous le savons déjà, de l'iiôpital St-Nicolas-de-Gravière, de la dotation de Nicolas Psaulme et de diverses donations ou adjonctions. Nous en trouvons l'inventaire dressé en 1766.
Biens Lc douiainc le plus important de notre Collège
du était le Prieuré du Mont St-Martin, gros village Collège. g^,. ]j^ l'oute de Longwy à la Belgique. Ce Prieuré, avec tous les biens qui en dépendaient, l'apjiortait près de six mille francs de rentes. 11 avait autrefois appartenu au monastère de St-V^innes . mais il en avait été distrait en 1600 par bulles du pape Clément VIU, pour être uni au Collège de Verdun.
Cette bulle existait dans les archives du Collège au siècle dernier, avec celle d'Union de l'office de Chambrier.
L'office de Chambrier, c'est-à-dire de régisseur des biens du Chapitre de la Cathédrale, office auquel était attaché le droit de lever les dîmes sur un certain nombre de villages , avait été aussi donné au Collège en 1601 , par bulle du même pape Clément VIII. Les dîmes et droits de Charnhrerie aux villages de Rouvroy-sur-Meuse , de Woël, d'Avillers, Bassaucourt, Hannonville-sousles-Côtes, Thillot, Herbeuville, rendaient par année douze à treize cents francs.
Outre cela, le Collège avait des propriétés dans le Luxembourg, des fermes à Thierville, à Charny, à Ciiampneuville, à Samogneux, à Rignèville, à Brabant-sur-Meuse, à Rampont, à Jubécourt, à Mangiennes ; il possédait le bois et ia ferme des Roises, la belle propriété du Coulmiers avec des dépendances considérables, neuf maisons dans la ville de Verdun, cinq maisons avec jardins au faubourg Pavé, de nombreux terrains sur le finage de Verdun, enfin huit jours de vignes à la côte St-Michel, à Charny et à Rignèville.
Tous ces biens et d'autres que je ne cite pas donnaient un revenu annuel de plus de vingt mille francs , ce qui en vaudrait aujourd'hui plus de quarante. Au mois d'août 1782, l'économe du Collège avait en caisse, toutes dépenses soldées, une somme de trente mille deux cent soixante francs.
Le Collège était riche, vous le voyez, Messieurs, et cette richesse servait au développement de Tins-
Egli du Collège.
fruction dans notre ville. La vente de ces biens, qui se lit, disons-le bien haut, malgré les énergiques protestations de la Munieipalité d'alors, fut un vol manifeste fait à la ville de Verdun et à ses habitants. Si le Collège les possédait encore, la ville n'aurait aucune dépense à faire pour cet établissement, et tous les habitants jouiraient de l'instruction gratuite.
Bâtiments Lcs bâtimcnts actuels du Collège sont en grande <^i partie ceux que Nicolas Psaulme a fait restaurer
ou construire pour les Jésuites, amoindris pourtant d'une partie considérable sur la rue Chaussée qui nous appartenait (1). L'ancienne église du Collège, qui était celle de St-Nicolas-de-Gravière, se trouvait près de la porte Chaussée; sa nef était parallèle aux remparts , le portail et le clocher donnaient sur la rue. On voit encore, dans les remises et ateliers qui occupent le terrain, quatre à cinq vieux piliers portant le caractère des premières constructions ogivales avec leurs sévères chapitaux à feuilles de violette et de chardon. Leurs bases sont enfouies dans des caves, et sur l'une de ces bases est gravé le millésime 1231 en chiffres ordinaires ou arabes. Ce millésime est curieux non-seulement parcequ'il indique Tépoque probable de la construction de l'Eglise, mais encore parcequ'il est Tun des premiers exemples de l'emploi des chiffres arabes dans les insciiptions monumentales. Notre Eglise actuelle du Collège , si
(1) L'IiAtcl acliiel de la Bannière, qui parlait déjà ce nom avant la Révolution, un hôtel voisin, ù l'ticu de Fiance, cl quelques niuisiimi de ce côlé appartenaient au Collège.
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belle, si une, si pure dans son style xviii* siècle, a été construite par les Jésuites en 1731 . Le portail surtout en est remarquable par l'harmonie de ses lignes, sa grandeur, et le bon goût de son ornementation. C'est un beau et riche souvenir que les Jésuites ont laissé à la ville de Verdun.
J'ai dit ce que fut le Collège de Verdun. Messieurs, il doit rester dans l'avenir à la hauteur de ce passé qui certes n'est pas sans honneur; il doit grandir chaque jour « en bonne vie et bonnes lettres; » il doit enfin offrir aux familles l'assurance que les jeunes gens qui viendront y étudier « y seront avec doulceur et amitié, maintenus en tous devoirs envers Dieu et leurs parents. »
Noble but. Messieurs, que tous nous serions heureux d'atteindre, les uns en donnant de bonnes leçons et de bons exemples, les autres en accordant au Collège les encouragements d'une protection éclairée.
La Charte de fondation du Collège, donnée par Nicolas Psaulme, est, avons-nous dit, conservée avec soin dans les archives de la ville.
Outre ce fragile monument de papier, nous en possédons d'autres en marbre datant aussi de la même époque, qui rappellent le souvenir de la belle et bonne œuvre de notre Evèque.
Dans un coin du Collège j'ai retrouvé, sur des indications qui m'avaient été données, l'inscription suivante gravée sur un marbre noir : Psalmeus Eps. vigUaniùsimus , officii sîii memor , et piœ
Inscriptions commémoralives
de la fondation
— 1U — du Collège posteritati conndens, postquam Societatcm Pa- P^'' trum JesKitarum in civitalem appellasset, has œdes œdiâcavit eo annn nuo mortuus est , Societa-
l'saulinc . . ' •'
tique in perpetuum dédit. Je traduis, Mesdames : « Psaulme, évèque très-vigilant, se souvenant des » devoirs de sa charge, et désirant préparer une » postérité chrétienne, après avoir appelé dans » cette Cité la Société des Pères Jésuites, fit cons- » truire ces édifices l'année même de sa mort, et » les donna à la dite Société. »
J'espère voir bientôt ce marbre commémoratif, replacé sur l'une des murailles du Collège , afin de rappeler à tous le nom de son illustre fondateur.
Il y a dix-sept ans à peine, une autre inscription latine indiquant l'ancienne destination des bâtiments du Collège et leur destination actuelle se trouvait aussi gravée sur la façade du côté de la rue St-Paul. Nous ne savons ce qu'elle est devenue. — Sans doute elle aura été brisée par le marteau d'un maçon lorsque cette façade a été reconstruite en 1850!
Voici quelle était cette inscription : Je la donne en français.
« Nicolas Psaulme Evèque et comte de Verdun, » prince du saint Empire Romain, persuadé qu'il » faut apporter autant de ^oins pour préserver » les âmes de la damnable contagion du vice et » de l'hérésie, que pour sauver les corps de la » maladie et de la pauvreté, après avoir lait ré- » parer l'hôpital de Ste-Catherine, et y avoir fait » transporter les malades qui étaient ici soignés, » réédilia, à la place d'un édifice vieux et tom-
» bant presqu'en ruines, cette nouvelle demeure
» qui deviendra désormais un asile où seront
» guéris non plus les corps comme auparavant,
» mais les esprits, puis y ajouta quelques maisons
» voisines qui l'agrandirent considérablement, et
» mit le comble à ses dons en lui accordant le
» secours convenable d'un revenu annuel. L'an
» du Seigneur 1572 (1). »
Enfin, pour terminer cette digression sur le Collège, un peu longue sans doute, mais parfaitement dans mon sujet, je vous apprendrai. Messieurs, quelque chose qui pour notre temps est d'un intérêt assez piquant. Le Collège de Verdun avait des Armoiries ! oui certes des Armoiries !
Nous portions d'azur à la fleur de lys d'or, accostée à sénestre d'une branche de laurier et à dexire d'une palme surmontée d'une couronne royalle (2).
(1) Texte latin de cette inscription : Nicolaus Psalmeus Episcopus et cornes f^irdunensis , Sacri Romani Imperii princeps , valus non minîts animis à teterrimd hœteseos vitioi-umque contagione quàm corporibus ab œgritudine ac penwiâ cavendum , reparato priîis divœ Katharinœ xenodochio , ac in eo translatis qui hic curabantur œgris , pro vetusto ac penè collapso domicilio , novum hoc, non jhm corporum , ut priîis , sed animorum fulurum valetudinarium, adjunctis aliquot e vicinis prœdiis , multo ampliîts quàm anteh exœdificatum , insuper idoneis annui censiis prœsidiis cumulavit , anno Domini i^Ti.
(2) Ces armes sont décrites dans une délibération du Bureau d'administration en 1767 , délibération signée du lieutenant-général du Roi. Voyez en tète de cet ouvrage les armes du Collège.