‹ Étude sur Préneste, ville du LatiumChapitre 11 sur 75 · ASPECT GÉNÉRAL DE LA VILLE · texte numérisé non relu

ASPECT GÉNÉRAL DE LA VILLE

L’ancienne ville de Préneste, aujourd’hui Palestrina, est située à l’E. de Rome. Elle s’élève sur un des derniers contreforts de l’Apennin ; la hauteur de la montagne est de 766 mètres, mais la partie inférieure de la ville est seulement de 415 mètres audessus du niveau de la mer.

De tous les auteurs anciens , Strabon est celui qui donne de Préneste la description la plus étendue (1) : « On voit de Rome Tibur, Préneste et Tusculum... Préneste est la ville où se trouve le temple de la Fortune , célèbre par ses oracles ; elle est adossée à la môme chaîne de montagnes que Tibur et en est éloignée d’environ cent stades (18 kilom. 54.). De Rome à Préneste, la route est deux fois plus longue (37 kilom.)... On rapporte que ces deux villes sont d’origine grecque et que Préneste portait auparavant le nom de Polystéphanos. Elles sont l’une et l’autre très fortes; mais Préneste est la plus forte. Elle a en effet comme acropole une montagne élevée, unie aux montagnes voisines par un col qu’elle domine encore de deux stades (370 mètres) (2), en s’élevant h pic. Outre la force de sa position, elle est de tous côtés percée de

(1) Strabon, 5, 3, 1t.

(2) Le chiffre semble exagéré.

souterrains qui vont jusqu’à la plaine; les uns servent à conduire les eaux; les autres sont des sorties secrètes. C’est dans l’un d’eux que Marius assiégé perdit la vie... Le fleuve Verestis (ou Vérégis) coule à travers le pays. » Pline l’Ancien mentionne aussi le nom de Stéphané donné à Préneste (1). L’Itinéraire d’Antonin et la Table de Peutinger indiquent la distance à laquelle elle se trouvait de Rome (2).

La position de Préneste, comme le dit Strabon, était bien une des plus fortes du Latium. La montagne qui portait l’acropole et sur laquelle est bâti aujourd’hui le petit village de Castel-San- Pietro, se détache comme une sorte de bastiort de la chaîne de montagnes. La vue dont on jouit de ce point est très belle et très étendue. La pente principale est tournée vers le midi ; c’est sur ce flanc qu’était bâtie la ville antique et que se trouve aujourd’hui la ville moderne de Palestrina. On a devant soi la mer et Portod’Anzio, l’antique Antium ; on aperçoit à sa gauche le cap Circello qui s’élève au milieu des flots et , dans un vague brouillard , les îles qui l’avoisinent; plus près, auS.-E., se dressent les monts des Yolsques avec leurs anciennes forteresses de Signium (Segni) et d’Artena (Monte-Fortino). A droite, la vue delà mer est interceptée par le massif des monts Albains , sur le flanc desquels on aperçoit Rocca-Priora , Monte-Compatri et la Ordonna. La mer reparaît plus loin et s’étend du côté de Cività-Vecchia. On voit à l’O. Rome et les montagnes qui bornent son horizon; au N. -O., le Soracte, qui semble s’élever seul au milieu d’une plaine. Au N., la vue est limitée par la chaîne de montagnes qui cache Tivoli. A l’E. et au S.-E. enfin s’étend la vallée qui sépare les monts des Volsques des derniers contreforts de l’Apennin.

La ville primitive fut sans doute fondée sur le point le plus élevé de la montagne, à côté de la citadelle, là où se trouve aujourd’hui Castel-San-Pietro. Trois cents mètres au-dessous était le temple de la Fortune. Autour de ce sanctuaire se forma le noyau d’une seconde ville qui disparut plus tard , lorsque le temple fut agrandi, au premier siècle avant notre ère, vraisemblablement du temps de Sylla. Déjà peut-être avant cette époque les habitants de Préneste occupaient-ils le plateau qui s’étend au

(1) II. N., 3, 64 (Ed, Teubner).

(2) Itinéraire d’Antonin. Ed. Wesseling, p. 302. Gabios M. P. XII. — Prænesle M. P. XI. = 23 milles — 34 kil. 500, distance un peu moindre que celle indiquée par Strabon. Table de Peutinger : Gabios, XI. — Prenesle, XI. = 22 milles. Cette distance est trop faible.

pied de la montagne jusqu’à la route moderne de Valmontone. En tout cas , dans les dernières années de la République et pendant tout l’Empire, ce fut le centre de la ville; c’est en cet endroit que s’élevaient le forum , la curie et plusieurs autres monuments importants, autant qu’on en peut juger d’après les ruines. La ville avait probablement pour limites : à l’O. , la vallée qui s’étend de la porte San-Francesco jusqu’aux environs de San-G-iovanni , à l’E. celle qui descend jusqu’au pont dello Spedaleto; au S. une sorte de dépression que longe la route de Valmontone.

La nécropole formait , pour ainsi dire , un autre étage situé plus bas ; les limites en étaient également naturelles : au JM., la dépression dont il vient d’être question; à l’E. , le Val Pepe qui se prolonge dans la direction de Valmontone, à l’O., la légère dépression de terrain au milieu de laquelle passe la route de Rome. Sur cet espace de deux milles carrés environ , on a trouvé un très grand nombre de sépultures anciennes. C’est là aussi qu’était une villa dont on attribue la construction à l’empereur Hadrien, et plusieurs autres monuments de l’époque romaine. Sur les collines des environs, à l’O. et à l’E. du temple et de la ville, on avait élevé un très grand nombre de villas , dont il reste encore quelques ruines.

L’étude de la topographie 'de Préneste se divise donc en plusieurs parties :

1° L’enceinte des murs cyclopéens;

2° La citadelle et la ville supérieure ;

3° Le temple ;

4° La ville impériale ;

5<> Les villas des environs ;

6» Les routes romaines conduisant à Préneste ;

7® Les souterrains ;

8° La nécropole.

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