‹ Étude sur Préneste, ville du LatiumChapitre 12 sur 75 · SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

SUPÉRIEURE

Les plus anciennes constructions de Préneste sont les murs en appareil polygonal irrégulier qui lui servaient d’enceinte et reliaient l’ancienne ville, c’est-à-dire remplacement du temple, à la ville supérieure et à la citadelle. Ces murs se voient encore sur une grande étendue; mais ils ne sont pas, sur tous les points, dans un parfait état de conservation.

Du côté del’O., les murs de construction polygonale irrégulière commencent à la porte San- Francesco. Ils montent directement, pendant 350 mètres environ, dans la direction N.-E. ; puis, suivant la forme même de la montagne, ils se replient un peu vers le N. et atteignent la ville haute, Castel-San-Pietro, dont ils limitent la partie méridionale. Après avoir formé une sorte de bastion aujourd’hui détruit, ils montent encore jusqu’aux ruines d’une petite église voisine de la citadelle. Ils ne constituaient ni l’enceinte de la ville haute, ni celle de l’acropole proprement dite ; l’une et l’autre étaient trop fortes naturellement pour avoir besoin de remparts ; la partie qui regarde le midi était seule exposée à un coup de main, dans le cas où l’ennemi se serait emparé de la ville inférieure. De là le mur redescendait directement du côté de la ville inférieure dont il formait l'enceinte orientale. A michemin environ se voient encore les restes d’un bastion. La construction primitive est fort bien conservée entre les portes de Santa-Croce ou dei Cappucini, laPortella, la porte San ta-Maria et la porte del Sole; au delà on n’en voit plus aucune trace. Il est probable que ce mur fermait la ville inférieure (enceinte du temple) du côté du S. aussi bien que du côté de l’E. et de l’O. ; il a probablement été remplacé par les constructions d’une époque postérieure dont il sera question plus loin. On se demande aussi

pour quelle raison le mur de construction polygonale cesse brusquement à la porte San-Francesco et ne descend pas jusqu’à la porte San-Martino, qui marque d’une manière presque certaine la limite extrême de la ville inférieure du côté du S. -O. Sans doute le mur s’est écroulé ou est actuellement recouvert de terre ; peut-être aussi a-t-il été renversé lors de la destruction de la ville par ordre du pape Boniface VIII.

11 est difficile de déterminer l’époque à laquelle appartiennent ces constructions. Les longues controverses qui ont eu lieu à ce sujet entre M. Petit-Radel et les archéologues allemands (1) ont abouti à cette conclusion, que tous les murs cyclopéens ne remontent pas à une époque préhistorique, et que les variétés qu’on observe dans leur construction tiennent soit à la disposition des lieux, soit à l’usage auquel ces murs étaient destinés, soit à la nature même de la pierre.

Les murs cyclopéens de Préneste sont composés de polygones irréguliers, taillés à l’extérieur et ajustés les uns aux autres. Ce n’est pas une indication suffisante pour leur assigner une date. Mais si on fient compte des plus anciennes traditions relatives à la fondation de la ville et des dernières découvertes de l’archéologie , on peut conjecturer avec assez de vraisemblance que ces murs ont été construits vers le huitième ou le septième siècle avant notre ère (2).

La citadelle où Marius le Jeune fut assiégé par Sylla, après la bataille de Sacriport, n’existe plus; elle a été remplacée au moyen âge par une forteresse assez élevée dont les ruines sont très pittoresques. On ne trouve non plus aucun reste de l’ancienne ville à Castel San-Pietro, à l’exception du mur cyclopéen qui borne la partie méridionale. De tout temps cette cime de la montagne fut habitée. Au sixième siècle, saint Grégoire le Grand , dans ses Dialogues (3), mentionne un monastère dédié à saint Pierre sur le sommet de la montagne. Il en est ensuite souvent question dans les chartes qui concernent Pales trina (4). Quant à l’espace qui s’étend de Castel-San-Pietro aux dernières maisons de la ville moderne , il semble qu’il ait été inhabité du temps des anciens

(1) Petit-Radel, Recherches sur les monuments cyclopéens, Paris, 1841, et plusieurs articles et lettres dans les Annales de l’inst. archéol. Années 1829, 1831, 1834. Cf. le premier cahier des Wemorie du même Institut.

(2) Cf. première partie.

(3) Dialog., 3, 33. Cf. première partie, ch. 5.

(4) On trouve un grand nombre de ces chartes dans l'ouvrage de Petrini intitulé Memorie Prenestine.

comme de nos jours; on ne peut avoir bâti d’édifices importants sur les énormes blocs calcaires qui se trouvent en cet endroit et qui donnent à cette partie de la montagne un aspect fort sauvage; s’il y eut des constructions, ce furent quelques misérables huttes semblables à celles de la partie supérieure de la ville moderne.

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