LES VOIES ROMAINES CONDUISANT A PRÉNESTE ET LES SOUTERRAINS
Les restes de voies romaines aux environs de Préneste sont assez nombreux.
1° La via Prænestina arrivait de l’O. après avoir passé à Gabies, et non loin de l’endroit où se trouve aujourd’hui le village de Gallicano ; on en voit encore un fragment très bien conservé , près de la Madonna del Ristoro , pendant un espace de 200 à 300 mètres : il en reste aussi quelques pavés à l’endroit où elle croise le rameau venant de la via Labicana (route moderne de Rome). Elle traversait le milieu de la ville inférieure et débouchait du côté du pont dello Spedaleto, à l’E. de la ville ; toute cette partie est aujourd’hui profondément enfouie; mais les habitants du pays en connaissent l’existence. Elle reparaît un peu plus loin , près du pont dello Spedaleto , et est en cet endroit plus haute d’un mètre et demi que la route moderne.
Du temps de Cecconi , au milieu du dix-huitième siècle, existaient un certain nombre de bras latéraux se détachant de la via Prænestina aux environs de la ville (1). Ilsontété probablement détruits ou recouverts ; on n’en voit plus que deux aujourd’hui : l’un se détache à un mille et demi de Préneste environ et va dans la direction des montagnes ; on en trouve une partie près du lieu appelé la Madonna delle Capelle ; ce rameau allait sans doute à Tivoli; l’autre se détache plus près de la ville à 600 ou 700 mètres du croisement de la route Prénestine avec la route de Rome , au carrefour de la Madonna del Ristoro. Il se dirige vers le N. ; il devait passer aux environs de l’église Santa-Lucia et de la porte San-Martino. On a retrouvé , il y a peu de temps, des fragments de voie romaine , dans la macchia de San-Francesco , près de la
(1) Cecconi, Stor. diPal., p. 19 et suiv.
porte de ce nom. Il est probable que c’était la continuation de ce rameau qui montait ensuite dans la direction de la ville supérieure et de la citadelle où il allait rejoindre le chemin dit de Folca-Rotondo.
2° La via Labicana ne se rendait pas directement à Préneste ; elle en passait à une distance assez grande, mais elle envoyait un rameau près du casino Barberini et de l’osteria dei Prati; celui-ci suivait sans doute la direction de la route moderne et entrait à Préneste du côté de la porte San-Martino après avoir croisé la via Prænestina. Le pavé antique est encore visible sur une longueur de 300 ou 400 mètres , près du carrefour nommé « Beata Virgine délia Cona. »
3°Le chemin moderne de Marcigliano qui se détache du rameau de la Labicane , près de l’église suburbaine de San-Rocco , est peut-être tracé sur l’emplacement d’une route antique, d’un rameau de la voie Latine. On a remarqué, en effet, que dans cette partie de la nécropole, les sarcophages sont rangés perpendiculairement à une ligne qui serait représentée pas la route actuelle.
Strabon . dans sa description de Préneste , parle de souterrains nombreux qui traversent la montagne et débouchent dans la plaine (1). « Les uns, » dit-il, « servent à conduire les eaux; les autres sont des sorties secrètes. C’est dans l’un d’eux que Marius assiégé perdit la vie. » Cecconi, qui connaissait fort bien le pays, puisqu’il était de Palestrina et y avait passé la plus grande partie de sa vie, rapporte que l’on retrouve à chaque instant des traces de ces conduits et de ces souterrains ; il en indique spécialement deux (2) qui servaient à alimenter d’eau la cité. Dans la campagne, aux environs de Préneste, on ne peut creuser le terrain sans en rencontrer quelqu’un. Deux ont été trouvés dernièrement : l’un du côté gauche du rameau de la Labicane; l’autre du côté droit avant d'arriver à l’église de San-Rocco. Le second n’a pas encore été exploré ; les paysans savent seulement qu’il se ramifie en trois branches. C’est dans un souterrain de ce genre que M. Parmigiani a retrouvé un très grand nombre de sarcophages en pépérin contenant des cistes et des miroirs. On parle aussi d’un souterrain qui part de l’osteria San-Cesareo sur la via Labicana et se dirige du côté do Préneste; on n’a jamais osé l’explorer entièrement, à cause du manque d’air. Il n’est pas probable
(1) Strabon, 5, 3, 1 1.
(2) Cecconi, Stor. cLi Pal., p. 77.
qu’il aille jusqu’à Palesfcrina, car la distance est de cinq ou six milles.
On ne trouve aucune trace des cloaques de la ville qui s’étendait au bas du temple ; mais les restes de trois cloaques qui servaient au temple même existent toujours. L’une commence un peu au-dessus du séminaire moderne, et passant devant la cathédrale se termine au pont degli Arcioni ; l’autre passe sous l’ancien couvent des PP. du Carmel, et débouche près d’un petit pont appelé « ponte del Cimbalo; » la troisième est la plus grande. Elle se trouve au milieu de la ville ; elle descend de l’étage de la Cortina • et va déboucher comme la première au pont degli Arcioni ; elle est de telle dimension qu’un homme peut aisément s’y tenir debout ; elle a été creusée dans la roche vive , et a été ensuite consolidée avec une voûte (1).
(1) Cf. Cecconi , p. 80.