ATAXIE LOCOMOTRICE AU DÉBUT. — ABSENCE DE LÉSIONS
(Observation publiée par M. Gubler.)
Un homme, mort dans le service de M. Gubler, le 16 octobre 1863, d’une variole confluente, était atteint de douleurs depuis treize années, d’une paralysie de la troisième paire gauche et d’une amblyopie double progressive depuis trois années environ, et d’incertitude dans la marche depuis six mois. À l’ophthalmoscope, on trouva les deux pupilles en voie d’atrophie. La sensibilité cutanée était altérée, le sens musculaire conservé. L’ataxie était bien caractérisée aux mains et aux jambes.
L’expression choréique a même été employée pour les supérieurs. Vers les derniers jours, dans le cours de la maladie aiguë à laquelle il a succombé, il fut pris de phénomènes de paralysie musculaire véritable. A l’autopsie on ne trouve absolument rien à l’oeil nu dans l’encéphale, le cervelet, les racines et les cordons de la moelle. Toute la moelle était très -injectée ; les nerfs optiques étaient gris, semi-transparents, ramollis depuis la pupille jusqu’aux corps genouillés exclusivement. L’un des nerfs moteurs oculaires communs était aplati, diminué de -volume., mais n’était pas gris. L’examen microscopique, pratiqué par MM. Gubler et Luys, trouva les cordons et les racines postérieurs sains et l’altération habituelle des nerfs optiques. Ayant comparé moi-même une section transversale du renflement lombaire de ce malade, avec une section semblable chez l’ataxique dont nous avions fait l’autopsie, quinze jours auparavant, dans le service de M. Trousseau, j’ai pu constater cette intégrité. Cependant, en y regardant de près, il m’a semblé que le bord postérieur de la commissure grise, au lieu de s’arrêter brusquemen était diffus et se confondait insensiblement avec le centre des cor* dons postérieurs, comme si ceux-ci commençaient à s’altérer da leur profondeur.
Remarque. L’examen microscopique aurait montré, pratiqué par MM. Gubler et Luys, les cordons et les racines postérieurs sains.
Comment interpréter ce fait unique dans la science? Nous pensons que la lésion n’a pas été trouvée, parce qu’alors les observateurs n’avaient pas à leur disposition tous les moyens d’expérimentation que nous avons maintenant. Il est probable que s’ils avaient employé le carmin , comme l’ont fait plus tard MM. Charcot et Bouchard, dans une observation que nous croyons devoir reproduire entièrement, ils auraient découvert la lésion anatomique.
IIe OBSERVATION