AFFECTION TRAUMATIQUE DE LA MOELLE. — ARTJHROPATHIE CONSÉCUTIVE
En 1850, pendant une émeute, un homme reçut clans le dos un coup d’épée entre la neuvième et la dixième vertèbre dorsale, à trois centimètres et à droite de la ligne médiane. Le trajet de la plaie était oblique de droite à gauche et légèrement dirigé de bas en haut. Le premier jour, on observa une paralysie motrice complète des deux membres inférieurs de la vessie et du rectum. A gauche, la sensibilité du membre abdominal était évidemment exagérée ; à droite, au contraire, elle était très-obtuse. Douze jours après l’événement, on put constater « une augmentation delà cuisse gauche ; s il y avait en même temps, « dans l’articulation du genou correspondant, une accumulation de liquide assez considérable pour éloigner la rotule des condyles de plus d’un centimètre. » La partie postérieure du membre était surtout infiltrée. Le treizième jour, on remarqua sur la fesse droite une « eschare » assez profonde pour intéresser une bonne partie du derme. La paraplégie ne fut que temporaire ; le mouvement reparut à droite, assez rapidement, et beaucoup plus tard à gauche. A en juger d’après les symptômes, la blessure avait dû intéresser la totalité du cordon postérieur et du
cordon latéral de la moelle du côté gauche, et la presque totalité, sinon la totalité, de la substance grise du même côté.
Remarque. — Comme on peut le voir dans cette observation, l’affection articulaire consécutive à une blessure de la moelle a beaucoup d’analogie avec les arthropathies observées chez les ataxiques. A quoi, en effet, attribuer l’éclosion si prompte de ces accidents articulaires, si ce n’est à une perversion de la nutrition ?
IXe OBSERVATION.