‹ Étude sur quelques points de la pathogénie des hémorrhagies cérébralesChapitre 2 sur 8 · PLAN ET DIVISIONS · texte numérisé non relu

PLAN ET DIVISIONS

Tous les états pathologiques différents qu'on a réunis sous la dénomination commune à'hémwrhagie cérébrale, résultent assurément, et en dernière analyse, de la rupture d'une quelconque des parties du système vasculaire intra-crânien. Nous ne voulons en aucune façon aborder dans ce travail l'étude des ruptures vasculaires qui peuvent amener des extravasations soit en dehors de la duremère, soit dans les néo-membranes qu'on voit se développer à sa face interne. Nous laisserons également de côté les hémorrhagies que paraissent avoir occasionnées quelquefois les ruptures des sinus et des grosses artères de la base, ainsi que celles dont la source a été trouvée dans des anévrysmes de ces artères ou d'artères volumineuses des méninges. Nous négligerons aussi les extravasations qui se produisent primitivement dans l'espace sous-arachnoïdien et dans les mailles de la pie-mère ainsi que celles qui peuvent se produire, soit à la surface, soit dans l'intérieur de certaines tumeurs intra-cràniennes. Nous n'ignorons pas cependant qu'un certain nombre de ces hémorrhagies ont pu déchirer la surface de l'encéphale et se frayer un chemin dans l'épaisseur de la substance nerveuse ; mais nous voulons limiter notre étude aux hémorrhagies cérébrales proprement dites, c'est-à-dire à celles qui résultent de la rupture de vaisseaux placés dans le tissu même de l'encéphale.

Si l'on parcourt la longue série des causes aussi nom-

breuses que variées auxquelles on a voulu attribuer la production de ces hémorrhagies, on peut arriver à les grouper sous trois chefs principaux. La rupture vasculairc résulte :

1° D'une tension anormale du sang contenu dans les vaisseaux ;

2° D'une altération de consistance du tissu ambiant primitivement malade qui ne fournit plus aux vaisseaux qu'un appui insuffisant;

3° D'une diminution de résistance des tuniques vasculaircs qui ont perdu leur cohésion normale.

On peut hésiter pour savoir dans laquelle de ces trois causes prochaines, seules possibles, on doit ranger certaines hémorrhagies cérébrales, celles en particulier qui paraissent se rattacher à une altération du sang et qui s'obser vent soit dans le cours de certaines maladies chroniques dyscrasiques, soit dans les pyrexies, soit enfin dans les maladies septiques. Mais, ainsi que nous le verrons plus tard, c'est au troisième ordre de causes qu'elles paraissent devoir être attribuées.

Avant d'aborder l'étude de l'influence que peuvent exercer les différentes causes que nous venons ainsi de classer en trois groupes, disons que cette distinction est surtout théorique et qu'on ne tarde pas à s'apercevoir dans l'examen spécial des faits que des causes multiples et souvent d'ordre différent concourent habituellement à un résultat unique. Il est exceptionnel de voir une hémorrhagie cérébrale produite exclusivement par la tension exagérée du sang, et l'on ne citerait peut-être pas un seul fait qui puisse établir rigoureusement que l'extravasation a été produite seulement par la diminution de consistance du tissu ambiant ou par la fragilité vasculaire. La complexité des faits s'accommode peu de ces divisions théoriques ; et, pour l'hémorrhagie cérébrale en particulier, les

classifications permettent plutôt d'exposer les faits que de les expliquer. Nous n'accorderons pas une égale importance aux divers points que nous venons d'indiquer et sur lesquels porteront les principales divisions de notre travail. Nous verrons en particulier que les causes du premier ordre se combinent fréquemment avec celles des deux derniers et que le plus souvent elles interviennent commo causes déterminantes. Nous serons donc obligé de revenir sur cet ordre de causes dans les deux derniers chapitres ; aussi ne ferons-nous qu'une étude sommaire de l'influence pathogénique que peut avoir la tension du sang contenu dans les vaisseaux.

Page 1