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AA PENSE la respiration, c'est que son foyer central ou médullaire étant privé de sang, et par conséquent d'oxygène, devient le siège d'une véritable excitation ; de là, la fréquence des respirations, qui deviennent plus pénibles sans gagner en ampleur. Mais si les nerfs vagues qui émanent du bulbe viennent à s'épuiser, des palpitations se manifestent, et alors les respirations deviennent plus rares, plus profondes, comme après la paralysie de ces nerfs. »
De plus, M. le professeur G. Sée (1) dans un ehapitre intitulé : Diagnostic de la forme dyspnéique des affec-
tons cardiaques et des dyspnées chloro-anémiques,
ajoute : « Pour continuer l'étude diagnostique des maladies larvées du cœur, il nous reste à examiner un certain nombre d’affections dans lesquelles le trouble respiratoire peut être considéré comme un des phénomènes prédominanfs, sans toutefois que les organes ihoraciques soient directement intéressés. En premier lieu se place la dyspnée chloro-anémique.
Tous les anémiques accusent,fdès le début de la maladie, une dyspnée caractérisée surtout par un besoin irrésistible d'air, et souvent par une véritable oppression celle-ci se manifeste parfois à l'occasion d'une impression des sens, ou d'une émotion morale ; la respiration devient alors accélérée, superficielle, haletante, et se traduit surtout par l'élévation exagérée des pre-
(1) G. Sée. Diagnostic et traitement du cœur, p. 57.
SE pp Lu mières côtes. Les mouvements partiels et même la marche ne troublent les fonctions respiratoires que s'il s'agit d'une anémie grave, mais quels que soient le: degré et la période de la maladie, il y a impossibilité pour les malades de gravir une pente ou les marches d'us escalier, sans éprouver une vive oppression, sans que jamais, d’ailleurs, il ne se manifeste ni cyanose, ni turgescence du visage. »
M. Moriez (1), dans sa thèse d'agrégation, a consacré aussi quelques lignes au sujet qui nous occupe. Il cite d'abord le passage suivant de Cazin (2), ouvrage qu'il nous a été impossible de consulter: « La resp's ration estplus ou moins gênée surtout par les fatigues, la progression ascendante, les. émotions de l'âme. Elle est entrecoupée de soupirs, qui selon les uns tiennent à la tristesse des malades. »
Suivant cet auteur, on peut observerdans tout l'arbre respiratoire, une série de troubles nerveux parfois identiques à ceux de l’hystérie ; le Spasme du larynx est très fréquent chez les chlorotiques dont le corps thyroïde est hypertrophic. |
Nous nous arrêterons quelques instants sur ce dernier symptôme qui a été quelquefois donné comme cause de la faiblesse du murmure vésiculaire chez les chlorotiques, probablement comme cause mécanique. C’est un signe rare dans la chlorose. M. Hayem ne
(1) R. Moriez. La chlorose. Thèse d’agrégation, Paris, 1880. (2) Cazin. Monographie de la chlorose, Gand, 1850.
l'a rencontré que dans 4 ou 5 o/o:des cas. M. Morie:; l'a étudié au point de vue de ses rapports avec le goitre -exophtalmique. On peut :percevoir à son niveau un souffleintermittent ou continu, un frémissement cataire. Il coexiste fréquemment avec la toux et la dyspnée. Ce symptôme s'unissant avec la tachycardie et les Symptômes nerveux de lachlorose, pouvait d'une façon rationnelle être rattaché à la maladie de Basedow. Rendu, eneffet, considère la chlorosecomme favorisant, par son action débilitante, l'éclosion du goitre exophtalmique.
Mais il faut dire aussi que si l’anémie est fréquente dans la maladie de Basedow, elle n’est que sopacaRe C'est une anémie symptomatique.
Moriez continue : La dyspnée s'observe indépendamment de toute lésion pulmonaire, eétla toux sèche, nerveuse n’est pas rare dans la chlorose, où elle fait souventcraindre une imminence tuberculeuse, lorsqu'elle s'accompagne de névralgies intercostales ».
M. le professeur Peter (1), a indiqué un signe qui -suffit à lui seul pour fixer le diagnostic entre la vraie chlorose et celle liée à une tuberculisation commençante :
« Nous savons, dit-il, quelle minutie de détails est nécessaire dans la recherche de la tuberculisation commençante ;eh bien ! l'investigation thermométrique des espaces intercostaux supérieurs, doit «en faire-à jamais partie, et les chiffres fournis par le thermomètre
(1) Peter. Clinique médicale, tome [,:p. 428.
sont alors un complément indispensable et décidément révélateur. ». RUE
Cette {empérature thoracique est normale ou même abaissée chez les chlorotiques, et dans tous les cas, les températures données par le côté droit et le côté gauche sont sensiblement égales entre elles. Dans la tuberculose au début, on constate au contraire une élévation de cestempératures pectorales ; et comme letravail morbide, parfois localisé à un sommet, est toujours plus intense d’un côté que de l’autrelorsqu'ilest bilatéral, il y aura en outre une difference notable entre les températures des deux côtés. Cela résulte de la loi formulée par M. Peter. « Il ya toujours élévation locale de la température, là où se fait un travail morbide local. »
Pour Moriez, la dyspnée des chlorotiques présente cependant quelque intérêt, en ce qu'elle paraît due surtout au défaut d'oxygène bien plutôt qu'à l'excès d'acide carbonique. L’'hémoglobine estla partie respiratoire des globules ; et ceux-ci ont été désignés avec raison sous le nom de monnaïe respiratoire. Que ce soit la monnaie qui manque, ou bien que son titre soit diminué, il y aura toujours désordre de l’hématose parce que l'oxygène ne pourra être absorbé en quantité suffisante.
Dans son article du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, Parrot (1) admet que chez les chlo-
(:) Parrot. Dictionnaire Dechambre, t. XVI, 1874.
ER pee rotiques les palpitations sont plus fréquentes, plus tinenses et plus douloureuses que, chez les malades atteintes d'une autre espèce d'anémie. Les influences physiques ont sur.elles une action non douteuse, mais ce sont surtout les mouvements de l'âme qui leur donnent les qualités névropathiques qui lescaractérisent. Ces remarques sont applicables à la dyspnée, qui, de même que les palpitations. a quelque chose de nerveux. Il signale également une petite {oux sèche et quinteuse, se manifestant parfois. d'une manière très tenace, en dehors de toute affection broncho-pulmonaire. Cependant il estime qu'il faut toujours considérer cette toux comme suspecte, et tant qu'elle existera surveiller attenti’ement les organes respiratoires.
M. le professeur Jaccoud (1), dans son. traité classique de pathologie interne et dans ses cliniques a étudié. cette question à plusieurs reprises. Pour lui, la respiration des chlorotiques est ordinairement un peu accélérée, même au repos; presque toutes les malades se plaignent d'être essoufflées dès qu'elles montent un escalier. ou qu'elles: marchent vite; les émotions, morales agissent aussi puissamment sur l'accélération-.des mouvements respiratoires. Le nombre ordinaire des inspirations ne suffisant plus pour opérer l'échange gazeux intra-pulmonaire dans une mesure
(1) Jaccoud. Traité de pathologie interne, t. Ilf, quelques réflexions à propos de deux cas de chlorose. Science médiçale, 1888.
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convenable; le besoin de respirer et par suite le nombre dés inspirations Sont accrus.
Une autre cause concourt puissamment à ce résultat, c'ést l'état d’anoxhémie du foyer central ou bulbaire de la respiration ; cette anoxhémie, comme l’a établi Rosenthal, est pour le foyer respirateur une cause d’excitation exagérée, de là Za fréquence des respirations qui déviennent plus pénibles sans gagner en ampleur. Tant que cette suractivité fonctionnelle n'amène pas l'épuisement des nerfs vagues, ce mode réspiratoire n'est pas accompagné de palpitations ; mais si paï une cause quelconque (exercice, fatigue, impression morale), les pneumogastriques sont momentanément épuisés, alors surviennent les palpitations, et les respirations sont plus rares, comme dans la paralysie de ces nerfs.
- Cet auteur tend à rapporter la fièvre que l'on rencontre quelquefois chez les chlorotiques à un effet imputable à l'anosxémie, ce qui n'est pas sans analogie avec les troubles respiratoires observés. Bi “Le professeur Potain (1) estime que la toux qui existe dans la tuberculosé au début, se rencontre aussi dans la chlorose ; c'est pour ui un symptôme qui a peu de valeur différentielle ; 4 peine pourrait-on dire que, chez lés chlorotiques, la toux est nerveuse, pénible, variable, qu'elle est plus constante dans la tuberculose.
(1) Potain. Forme cliniques et diagnostic différentiel de {a chlorose. Semaine médicale, 29 décembre 1886.
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. Féliei (1), dans une thèse inspirée-par de professeur PBotain, a étüdié différents points concernant:les:trou- -bles pulmonaires chez les chlorotiques. Il constate:que les Aémopiysies sont rares dans'cette maladie, cependant elles peuvent sy: rencontrer, la chloroselret hystérie se combinant souvent: chez le même :sujet, les hémoptysies abservées seraient alors d'origine hystérique ? Etudiant les-rapports de Ja chlorose avec la tuberculose, 1l:considère Ja toux: comme commune aux deux états morbides. Plus sèche, plus: nerveuse dans la chlorose, elle prend chez des-tuberculeux un caractère pénible, fatigant, souvent: nocturne, "mais surtout elle s'accompagne d'un Dern capital pour le diagnostic, les vomissements. |
La dyspnée existe ausst dans la: chlôrose. Ce nest pas une dyspnée d'eftort, car elle-existe aurepos lau moins dans les chloroses graves: Ce qui, sélon Félici, mérite ‘d'être pris en considération, cest moins-da dyspnée:que le type:spécial de la respiration: en pareil cas: Le chlorotique ést court d'haleine, il:monte difficilement l'escalier: La dyspnée chez le phtisique semble revêtir -un caractère spécial, les respirations sont plus nombreuses; c'est plutôt de l'anhélation dontle malade ma pas toujours consciénce, mas d'est difficile diéta “blir runé ligne bien marquée: entre l'une et L'autre de 88 tiysphéesulq 51 Ju0b Xur7251 zusd ae
*0(r) Félici. Rapport de la chlorose avec:la qubenales" ts de Paris; 1888.) #7 :
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Pour Persillard (1), la dyspnée, si commune au début de la tuberculose, ne survient qu'à une période avancée de la chlorose, et si la dyspnée des tuberculeux s'exagère pendant la nuit, au contraire l’anhélation des chlorotiques diminue.
La respirafion saccadée, peut dans ces cas être due aux battements cardiaques comme l’a démontré le professeur Potain. La respiration chlorotique rentrerait dans la respiration légèrement anormale du professeur Grancher.
La foux serait sèche, quinteuse, coqueluchoïde, nerveuse, intermittente.
Les hémoptysies rencontrées au cours de la chlorose, lorsque l'examen du poumon reste muet, sont le plus souvent supplémentaires, et correspondent à des troubles de la menstruation.
Les points douloureux observés quelquefois diffèrent par leur siège de ceux de la tubercuiose. Fréquents chez l'une et l'autre au niveau du sixième ou du septième espace intercostal gauche, quand ils sont liés à des troubles digestifs, ils se remarquent spécialement chez la tuberculose quand ils sont liés à une altération du poumon, dans le dos, entre les deux épaules, aux sommets en arrière-et sous les clavicules.
Dans ces dernières années, l'étude de la chlorose a suscité de nombreux travaux dont la plupart sont dus
(1) Persillard. Essai de diagnostic différentiel sur la chlorose et les maçadies qu peuvent simuler. (Thèse de Paris 1886.)
à M. le professeur Hayem et à ses élèves. Dans les descriptions des Chapitres qui vont suivre‘nous aurons en effet de nombreux emprunts à faire aux travaux de MM. Hayem, Gilbert, Luzet.
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