Strabon, XIII, page
2. Ce détail doit avoir été emprunté à Clitarque et non pas à Onésicrite, qui l'a rapporté lui aussi (cf. infra. page 123, et Strabon, XV, page 713); en eiïet, Clitarque, si l'on en juge par les fragments qui nous restent, n'avait jamais parlé de Calanus, tandis qu'Onésicrite, non seulement en avait parlé, mais avait même eu une entrevue avec lui (cf. Sthabon, L. /.), et avait été le premier sans doute à le faire connaître au.x Macédoniens; or, cela est bien évident, Quinte Curce a omis de rapporter l'histoire fantastique de ce sage, par cette raison que, ne la trouvant pas dans Clitarque, il s'est pris à douter de son authenticité.
Stbabon, XV, page 706 : 'AptuTo-
êouXo; £/,£'? °' TToXXoû;
(py,<7[ Toù; Ô£ TTÂV) vivra ç ctiaop-
iogTv ETTEtTa (XTroOvTiffxetv, ei
^o/^Octav paoï'av eîvat Stà tv;v àc£Tr,v Twv 'Ivo'.xwv ^'.^ôiv xal '■f^r'" [JL à X co V .
Plutarque \ (?e Nohil., 19 : Iv- Stxoù; xuvaç Stopov TrEjjLoOsvTaç AÀe-
^dvopto ç>-/)ffiv 'AptffToêouXoç -poç
0£ TGV £!(Tr,viv.£vov XÉovxa IxOopr'ciav- Tttç £i; iiiyry iTrsppi'^Oat.
Ql'inte Ccrce, IX, I, 12 : Celerum hic quoque soiientium magna vi& erat... Virus haud ullum magis noxium est : quippe morsum praesens mon sequebatur, donec ab incolis remedium oblatum est.
Qlinte Ccrce, IX i, 31 : Nobiles ad venandum canes in ea régions
[llnde) sunt leonibus maxime
infesti.
Ce n'est pas seulement à propos de llnde que Quinte Curce a mis Aristobule à contribution, il lui a aussi emprunté des informations sur le reste de l'Asie, une en particulier sur un fleuve de la Sogdiane dont le nom semble inconnu aux autres historiens :
Strabon, XI, page 518 : Tov Se oià T^ç ioyotavr;; p£OVTa 7:oTa|7.ov xaXeT
rioXuT ((i.r, TOV !Aot'7To'6ouXo;,
apoovxa Se ttjv yojpav IxiriTCTECV Etç IsYljjLOV xal à|j.;xojSr, y^^ xara- TTivE-jôai TE sîç Tr,v aauov, etc.
Arrien, Anabase, IV, vi, 7, d'après le même Aristobule : '0 oï IIoX'jti- {xrjToç TcoXù ETt ijLEii^cov r, xarà tov TIr|V£tbv Tîo-ay-ov IffTt.
Qdinte Curce, VII, x, i, sqq. :
Sogdiana regio majore ex parte
déserta est ingens spatium
reclee regionis est, per quam amnis — Polylimetum vocant incolœ —
ferlur. Torrentem deinde ca-
verna accipit et sub terram rapit.
Cursus absconditi indicium est aquœ meantis sonus, cum ipsum sdlum, sub quo tantiis amnis fluit, ne modico quidem resudet liumore.
A côté des ouvrages des Callisthène, des Aristobule et des Clitarque, ouvrages dans lesquels les questions géographiques étaient d'ordinaire simplement effleurées, il existait toute une catégorie de travaux spéciaux. Ces travaux, dont le nombre était considérable, durent avoir une influence plus ou moins
1. Strabon (XV, page 700), qui donne des détails presque identiques, ne dit pas à quelle source il les a puisés; Diodore (XVII, 92) dit que ces chiens étaient mâtinés de tigre: il donne évidemment ce détail d'après une source particulière.
directe, plus ou moins puissante sur tous les ouvrages qui de près ou de loin touchaient aux mêmes questions; ils durent, par exemple, modifier sur certains points, et même assez profondément, les données géographiques transmises par les historiens contemporains d'Alexandre. Il ne pouvait en être autrement, tout esprit ouvert devait songer à mettre à profit les découvertes, les documents nouveaux publiés par les voyageurs ou les géographes; il y aurait donc lieu de s'étonner si, dans l'histoire de Quinte Gurce, on ne trouvait aucune trace de ces travaux importants qui, du iii^ siècle avant J.-Gh. jusqu'au i^r siècle de notre ère, firent si sérieusement progresser les études géographiques ; mais il n'en est pas ainsi, l'examen de la biographie d'Alexandre par Quinte Curce, et en particulier de la partie relative à l'Inde, permet de reconnaître que si l'écrivain latin a subi l'influence de Néarque, d'Onésicrite, il a mis aussi à profit les travaux des voyageurs et des géographes postérieurs à ces deux contemporains de l'expédition macédo-, nienne. 1
Les détails que Quinte Curce donne, en deux endroits difl"érents, sur les arcs et les flèches des Indiens, ne peuvent avoir été empruntés qu'à Néarque*. En eff'et, ils se retrouvent, avec quelques légères modifications, dans un passage d'Arrien; or ce passage d'Arrien est écrit d'après la relation de Néarque, le contexte le prouve ainsi que le témoignage positif de Strabon à propos de la longueur des flèches indiennes ^.
Arrien, Indica, xvi, 6 et 7 : Oi asv •nsî^ol auToTci tÔ;ov te l/oumv, iToar,-
XeÇ TW CiOoÉoVTl TO TOÇOV, Xat TOOTO
xotTO) £7:1 T-/)V yïîv Ô£VTcÇ, xal
TÎO TTOOtTtO apiTTcCtO àvTtSaVTEÇ, 0UTO>; £X.T0;£U0U(7t , Tr,V VEUSVjV Iril [xi'fX
orA^jO) ir.ayrxyQwzzq' ô yàp oïgtoç aijToTîtv oXt-'Ov aTiooÉtov xonzY,- X£0;...
Quinte Curce, VIII, xiv, 19 :
Quippe longas et prsegraves (sagûiee), nisiprius in terra statuèrent arcum, haud satis apte et commode imponunt.
Quinte Ccrce, VIII, ix, 28 : Biniim cuhiiorum sagittae sunt, quas emittunt majore Jiisu quam effectu.
1. Celte hypothèse est confirmée d'abord par le passage X, i, 10, miniiabant, etc., et par la présence dans le texte de Quinte Curce d'emprunts incontestables, par exemple les détails sur les baleiaes. Cf. Str.\box, XV, page 733. — Arrien, Indica, XXX, 2, sqq.