‹ Étude sur Quince CurceChapitre 139 sur 398 · Cf. page 136, sqq · texte numérisé non relu

Cf. page 136, sqq

2. Cf. surtout A. Vogel, Ueber die Quellen Plutarchs in der Biographie Alexanders, Colmar, 1877, page 10.

3. Il est à noter que, d'après Strabon (XVII, page 813), Callisthène se servait de ce nom, au lieu de celui de Gaugamela, adopté par Aristobule.

•150 QUINTE CURCE DISTORIEN

Quinte Garce doit encore à Callisthène la plus grande partie du récit qu'il nous fait de la visite d'Alexandre à l'oracle d'Hammonium. Cette visite a été racontée par tous les historiens, il est vrai, mais, suivant Callisthène cité par Strabon*, elle fut marquée par deux incidents : Alexandre fut sauvé, au milieu du désert, par une pluie soudaine, et, à son arrivée au temple, fut salué par le prêtre du nom de fils de Jupiter. Or, ces deux incidents caractéristiques se retrouvant dans le récit de Quinte Curce^, nous sommes en droit de conclure qu'ils ont été empruntés à l'ouvrage de Callisthène.

C'est enfin dans ce même ouvrage qu'il faut chercher l'origine d'une erreur géographique commise par Quinte Gurce seul. Nous lisons en effet dans son histoire ^ : « Multa in ea regione (en Cilicie) monumenta, vulgata canniniùus, vetustas exederat. Monstrabantur urbium sedes Lyrnessi et Thebes , etc. » Or il n'y a jamais eu dans la Cihcie proprement dite de ville du nom de Lyrnessus ou de Thèbes; Terreur de Quinte Curce serait donc inexplicable, si Strabon ne nous avait conservé l'indication suivante, qu'il attribue à Callisthène : « <ï>aTl o' ev tw as-ra^ù <I>a3-r,- ).',oo; xal 'ATTa/.E'la; osv/vjT'jai, 0-/;|jr,v -zz xal Au ovy,a-7Ôv, EXTZsa-ovcojv r/. to'j Qr^^^sr^z T.tolo'j 'TÔjv Tpwwwv K'.a(xu)v si; TV-' nau.'i'jA'lav SX |j.spo'jç, co; slrr/zs Ka)>À',7^i77, ; *. » Maintenant, l'explication n'est pas difficile à donner; Quinte Curce, en lisant ce passage, distrait ou emporté par la précipitation d'un travail hâtif, n'a été frappé que des mots B'/i,3'^, Aupvr,a-!76;, K'Ia'.xsç, et, ignorant ou bien oublieux, il a confondu les Ciliciens de Troade, dont parlait Callisthène, avec ceux de la Cilicie proprement dite. L'attribution de ce passage à Callisthène s'appuie d'ailleurs sur ce fait, établi par une discussion antérieure ^, que les renseignements qui suivent dans Quinte Curce sont aussi tirés de Callisthène.

Quinte Curce passe assez vite sur le voyage d'exploration accompli par la flotte macédonienne sous les ordres de Néarque; il n'a donc dû, semble-t-il, user qu'en de très rares occasions

i. Strabon, XVII, i, pages 813, 814.

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