‹ Étude sur Quince CurceChapitre 192 sur 398 · Quinte Curce, III, xii · texte numérisé non relu

Quinte Curce, III, xii

loyauté * d'Alexandre, son activité % son exactitude à remplir ses devoirs de général ^, son intrépidité calme et inébranlable*, son amour de la gloire ^, et aussi l'irascibilité de son caractère % son orgueil % son ivrognerie ^ sa débauche ^. Nous assistons à la lutte que ses qualités et ses défauts se livrent sans interruption; nous voyons ses vices naître *", grandir, se donner ouvertement carrière *' et ne plus connaître de frein *^

C'est seulement après ces essais, après ces tâtonnements que Quinte Curée se hasarde à peindre en entier un personnage si complexe et si grand.

• « Si l'on veut — dit-il ^^ — juger sainement Alexandre, on « trouvera que ses bonnes qualités lui venaient de la nature et « ses vices de l'âge ou de la fortune. Il avait une force d'esprit « incroyable, une aptitude presque excessive à supporter les fati- « gués, un courage supérieur à celui de tous les rois, de ceux « même qui n'ont eu que cette vertu. Il était si libéral qu'il M donnait souvent plus qu'on eût osé demander aux dieux. Sa « clémence envers les vaincus était extrême, elle allait jusqu'à a rendre leur royaume aux rois qu'il avait vaincus, ou à le leur « donner en pure largesse. Il méprisait en toutes circonstances « la mort, qui fait frémir le reste des hommes. Il aimait la « gloire et la louange avec une passion excessive, mais pardon- « nable chez un jeune prince qui faisait de si grandes choses. « Faut-il parler de sa piété filiale ? Il avait résolu de mettre « Olympias au nombre des déesses; il avait vengé la mort de « Philippe. Il fut bienveillant presque pour tous ses amis, et « bon pour ses soldats. Sa prudence égalait son courage, et son '( habileté était supérieure à son âge. Il sut modérer ses pas-

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