‹ Étude sur Quince CurceChapitre 197 sur 398 · Quinte Cuhce, III, xi, 24, sqq · texte numérisé non relu

Quinte Cuhce, III, xi, 24, sqq

« Alexandre sentit sa douleur se renouveler en voyant la mal- « heureuse reine gisante sur la terre ; ramenée par sa dernière « infortune au souvenir de ses malheurs passés, elle tenait ap- « puyées sur son sein les jeunes princesses, bien faites pour la « consoler d'une douleur qui leur était commune, mais aux- « quelles elle devait elle-même ses consolations. Devant elle « était son petit-fils, jeune enfant d'autant plus à plaindre qu'il « ne sentait pas encore un malheur dont la plus triste part « était pour lui. On eût dit qu'Alexandre pleurait au milieu de « ses parents ^... »

Il y a là quelques réflexions qui font longueur, — les réflexions sont un peu le défaut de Quinte Curce, — elles manquent heureusement en d'autres esquisses. Il y en a de tout genre. En voici une qui est charmante : « Alexandre prit entre ses bras le « fils de Darius. L'enfant, sans éprouver de frayeur à la vue d'un « étranger, lui passa son bras autour du cou -. » N'est-ce pas tout à fait le sujet de cette gravure qui a popularisé l'entrevue de Pierre le Grand et du jeune Louis XV? Le duel d'Horratas et de Dioxippe, d'une note toute différente, est vif et précis ^; celui de Satibarzane et d'Erigyius n'est pas moins vivant, mais il est peint avec plus de sobriété : « Le transfuge Satibarzane com- « mandait ces barbares; voyant que, par la force égale des deux « armées, l'action languissait, il poussa son cheval aux pre- « miers rangs, et, ôtant son casque, en même temps qu'il arrê- « tait ceux qui lançaient leurs traits, il offrit le combat à qui « voudrait se mesurer avec lui. Cette arrogance du barbare « enflamma le courroux du général macédonien, Erigyius, déjà « vieux, mais égal aux plus jeunes pour la vigueur de l'âme et « du corps. Désarmant sa tête et découvrant ses cheveux blancs : « Le jour est venu, dit-il, où je montrerai, en sachant vaincre ou « mourir avec gloire, ce que sont les amis et les soldats d'Alexan- « dre. » Et, sans en dire davantage, il poussa son cheval contre « l'ennemi. On eût dit que l'ordre avait été donné aux deux « armées de suspendre leurs coups; du moins reculèrent-elles «pour laisser le champ libre aux combattants, uniquement « occupées de ce que le sort allait décider d'elles. Le barbare

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