Quinte Curce, IX, \ii, 19, sqq
« lança le premier son javelot, qu'Erigyius évita par un léger « mouvement de tète. Pressant à son tour les flancs de son « cheval, celui-ci^nfonça sa lance dans la gorge du barbare avec « tant de force qu'elle en sortit par la nuque. Renversé de son « cheval, Satibarzane se défendait encore; mais Erigyius, reti- « rant sa lance de la blessure, la dirige de nouveau contre le « visage de son adversaire, qui saisit l'arme de sa main et, pour « hâter sa mort, seconde le bras qui le frappe *. »
Dans ces tableaux, de dimensions en général assez médiocres, Quinte Curce, si la distinction n'est pas trop subtile, se montre plus dessinateur que coloriste ^. Il sait cependant à l'occasion étendre sur des toiles plus vastes de brillantes couleurs; la description de l'armée de Darius ^ de la marche triomphale d'Alexandre à travers la Caramanie '", du naufrage de la flotte macédonienne à l'embouchure de l'Indus ^ du pillage de Persépolis ^ ; la peinture de la désolation générale à la mort d'Alexandre ', sont, à des degrés divers, des tableaux remarquables.
Ces qualités de coloriste sont plus visibles encore peut-être dans les peintures des souffrances endurées par les Macédoniens à certains jours de leur conquête. Le récit de la marche sur Gazaba — qui d'ailleurs est rigoureusement exact * — cause une impression d'horreur infinie.
« La première journée, la marche fut tranquille; la suivante, « sans être encore orageuse ni pénible, fut cependant plus sombre « que celle qui avait précédé et laissa pressentir un temps plus « rigoureux. Le troisième jour, les éclairs commencèrent à briller « dans toutes les parties de l'horizon, et leur lueur, tour à tour « perçant les ténèbres et s'y cachant, éblouissait les yeux des « soldats, frappait les esprits d'épouvante. Le ciel retentissait « d'un grondement presque continuel ; de tous côtés la foudre