‹ Étude sur Quince CurceChapitre 233 sur 398 · Florus, IV, xir · texte numérisé non relu

Florus, IV, xir

6. Quinte Curce, V, ii, 5; YI, viii, 19; VIII, i, 36. — Cf. J. G. Droysen, Op. l., t. I, page 215, note.

Dans son réquisitoire contre Philotas, le roi de Macédoine s'exprime comme un de ces tyrans de théâtre dont parle Cicéron ' et que Sénèque n'a eu garde d'oublier dans ses tragédies -.

La mise en scène est elle-mèrae théâtrale. Alexandre entre dans l'assemblée, le visage assombri, puis, après un silence accablé, il laisse échapper quelques mots vagues sur le crime dont la Providence l'a sauvé ^; gémissements et larmes de l'auditoire. Le roi accuse directement Philotas, qu'il n'avait pas encore nommé; puis il se tait; des frémissements d'indignation courent dans l'assemblée; les prétendus complices du conspirateur, Nicomaque, Métron, Gébalinus, comparaissent et font leur déposition; nul d'entre eux n'accuse Philotas; l'indignation se calme, on attend des preuves plus fortes. Alexandre reprend la parole; avec une habileté haineuse, 11 met en parallèle la conduite de Philotas avec celle de Gébalinus et de Métron *, puis, dans un mouvement ironique, dont le seul défaut est d'être déplacé dans sa bouche, il s'écrie : « 0 le grand cœur d'homme I « mais, si Philotas avait été touché du péril de son roi, sa phy- « sionomie ne l'eùt-elle pas montré? Eût-il écouté sans inquié- « tude la dénonciation d'un si grand crime? Son silence prouve (( sa culpabilité; son désir impétueux du trône l'a poussé au der- « nier forfait. Son père commande en Médie; lui-même, grâce « à mon amitié, il a une influence considérable sur la plupart <( de mes généraux; il a une ambition au-dessus de ses forces. « Mon isolement — je n'ai pas d'enfants, vous le savez — me « fait mépriser par lui. Mais il se trompe, vous êtes, vous, mes « parents, mes enfants, mes alliés; vous vivants, je ne puis être « seul ^. » Il lit alors une lettre insignifiante de Parménion à son fils et fait de celte lettre un nouveau thème d'accusation. Il voit dans le vague même des expressions une preuve de culpabilité ; il tire un autre argument du silence de Dymnus; « ce silence, « dit-il, prouve le pouvoir de Philotas et non son innocence; ses

i. Cicéron, Pro Rabirio, M.

2. Cf. G. lioissiER, L'Opposition sous les Césars, Pari?, Hachette, 1875, page 89, sqq.

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