‹ Étude sur Quince CurceChapitre 250 sur 398 · QuiME Clrce, IV, VI · texte numérisé non relu

QuiME Clrce, IV, VI

« des courtisanes. Les mœurs étrangères avaient en tout pré- « valu; en les adoptant comme préférables à celles de son pays, (( il choqua si fort les yeux et les esprits des Macédoniens, que la « plupart de ses amis voyaient en lui un ennemi. En eifet, des « hommes fidèles à leur éducation et accoutumés à satisfaire « simplement et à peu de frais les besoins de la nature étaient « entraînés par son exemple à prendre les vices étrangers, à « s'habituer aux corruptions des nations vaincues. De là ces « complots fréquents contre sa vie, les mutineries des soldats, la « liberté des conversations où leur ressentiment se donnait un « libre cours ; de là aussi sa colère, les soupçons que faisait naître « en lui une crainte sans motif, et d'autres faiblesses semblables « dont nous aurons à parler plus loin *. »

L'œuvre de corruption n'est pas encore entièrement accomplie, elle le sera bientôt, et Quinte Gurce, après le récit plus ou moins légendaire de l'arrivée de Thalestris au camp macédonien, nous peindra Alexandre « donnant ouvertement carrière « à ses passions, faisant succéder l'orgueil et la débauche à la « continence et à la modération ^. » Il nous le montrera humiliant ses fidèles sujets sous le vêtement des Perses ^, ne leur laissant même pas le profit de leurs combats héroïques *, et, dans sa marche triomphale à travers laCaramanie, s'efTorçant, pris dun accès d'orgueil surhumain, de rivaliser avec Bacchus ^. Le tableau de cette marche triomphale, gâté vers la fin par quelques touches maladroites, est d'un coloris merveilleux, avec des traits d'une vigueur tragique; il symboUse l'influence néfaste du roi sur son peuple, de la débauche sur le caractère. Ces Macédoniens que l'on a vus jusque-là sobres, attachés aux coutumes de leur patrie, ont oublié leurs anliques vertus : « En tête du cortège « allaient les hétœres couronnés de fleurs de diverses cou- « leurs ; ils marchaient au son de la flûte, aux accords de la lyre. « Puis venaient les soldats en débauche, sur des chariots, ornés u suivant les moyens de chacun, et d'où pendaient les plus riches << armures. Le roi, avec ses convives, était monté sur un char

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