Qci.vTE CuncE, IX, x, 2i
<( tout rempli de cratères et de coupes d'or. L'armée s'avança de
« cette manière pendant sept jours, dans une continuelle orgie
« Mais derrière marchait le bourreau, et Aspaslès, dont nous par- « lions tout à l'iieure, fut condamné à périr. Tant il est vrai que « la cruauté n'a rien d'incompatible avec la débauche, et la dé- «bauche avec la cruauté *. » Cette dernière phrase n'est pas une simple antithèse, — Tacite lui aussi constatera cette alliance du crime et de la débauche -; — ce n'est pas non plus la seule réflexion qui soit venue à l'esprit de Quinte Gurce, il avait dit plus haut : « La fortune qui donne aux choses leur prix et «leur renom fit encore une gloire pour les armes d'Alexandre de «ce qui est d'ordinaire une honte ^ » Si les personnages du tableau de Couture s'animaient, ce n'est pas autrement que parleraient ces philosophes que l'on voit, le front plissé, assister à Torgie romaine.
Il ne faudrait pas croire cependant que Quinte Curce prêche ou disserte; il sait que les leçons purement dogmatiques ont chance d'ennuyer sans instruire, il sait qu'un simple fait en dit plus long que toutes les définitions et tous les raisonnements :
Segniiis irritant animes demissa per aurcs Quani quae suât oculis subjecla fidcliijus *.,
Aussi il assaisonne son œuvre d'anecdotes dans lesquelles Alexandre joue d'ordinaire le rôle principal, et qui, nous montrant ses qualités et ses défauts, nous apprennent ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter.
L'aventure du Cydnus nous montre la fermeté d'àme d'Alexandre et l'amour qu'il avait su inspirer à ses soldats. « On « ne saurait dépeindre, dit Quinte Gurce, l'admiration et l'af- « fection des Macédoniens pour le roi. Il leur paraissait ne rien « entreprendre sans une assistance divine, car, la fortune lui « venant toujours en aide, sa témérité tournait à sa gloire, etc. ^ » Cette admiration affectueuse, Quinte Curce la justifiera par