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dignité liumaine, il faut placer ce grand principe de la solidarité entre tous les hommes, qui, selon l'expression d'Epictète ', ont tous Dieu pour père et par conséquent sont frères. C'est peutêtre ce principe qui a inspiré à Quinte Gurce la touchante anecdote d'Alexandre offrant son siège à un soldat mourant de froid et de fatigue -; c'est tout au moins ce principe qui la lui a fait conserver.
Une autre idée souvent exprimée par les stoïciens et que l'on rencontre, par exemple, sous mille formes diverses, dans Epictète, c'est que la bonne et la mauvaise fortune doivent être indifférentes au sage; mais c'est dans la bonne que la sagesse risque le plus. C'est là une idée que Quinte Curce n'a pas manqué d'exprimer. « La prospérité — dit-il — a le triste effet de corrompre (( chez les hommes la nature, et rarement nous savons être assez « en garde contre notre bonne fortune ^. » Sénèque dira plus brièvement : « C'est le propre d'un esprit faible de ne pas savoir « supporter sa fortune *. »
Il est des passages plus topiques et qui permettent, dans une certaine mesure, de parler de l'éthique stoïcienne de Quinte Curce.
L'idée maîtresse de la morale pratique chez les stoïciens, c'est que la vertu se suffit à elle-même. Les stoïciens pensaient en effet que c'est la raison qui introduit la convenance et l'accord, qui fait régner l'ordre et l'harmonie entre toutes les parties de notre nature. C'est par une série d'opérations convenables ou fonctions (xaQr.xov:» , officia) que l'homme maintient sa constitu-
1. E. Zeller, Op. l., t. III, l'o partie, page 278. — Cf. Sénèque : « homo res sacra homini » {Ep. XGV, 33). — Cicéron [de Officiis, III, 6 : " hoc natura prœscribiL ut homo homini, quicumque sit. ob eam causam quod is homo sit, consultum velit. » — Sur le principe d'égalité entre les hommes et sur le principe de solidarité, cf. Friedl^.nder, Op. L. t. IV, pages 439, 440.