‹ Étude sur Quince CurceChapitre 269 sur 398 · I. Le style · texte numérisé non relu

I. Le style

1. Les mots. Les images, les procédés oratoires et descriptifs, emploi des termes généraux, les réminiscences poétiques. — II. La phrase. Le rythme des vers et celui de la prose; construction de la période; répétition des mêmes effets.

Les traits qui caractérisent la langue et le style d'un écrivain ne sont pas nécessairement de tous points identiques. En efîet, si la langue peut, dans une certaine mesure, être modifiée par celui qui la parle, elle ne saurait l'être que conformément aux lois de son évolution logique, conformément au génie du peuple dont elle traduit les idées. Le slyle appartient davantage à l'écrivain ; c'est, comme Buffon l'a dit après Platon ^ et Sénèque ',

lions qu'eux, il l'a fait inconsciemment dans les mêmes termes. Une comparaison rapide de certains passages de Ylltstoire d'Alexandre convaincra facilement de l'exactitude de cette assertion. 11 faut toutefois remarquer que Quinte Curce, tout en empruntant à Tite-Live une idée, un mouvemeut oratoire, reste toujours original; voici un exemple curieux d'imitation libre qui, s'il n'est pas très heureux, est au moins très caractéristique : Tite-Live (IX, xvui, 8) avait dit d'Alexandre : quantalibet magnitude hominis concipiatur auimo, iinius tamen ea magnitiulo hominis est ; Quinte Curce (IV, xiv, 18) dira : quanluscuniqiie ignavis et timidis videri potest, uniim animal éd. Pour les rapprochements entre Tite-Live et Quinte Curce, cf. supra, pages 229, 230, 231, 230, 240; Pliilologus, t. XXXI, pages 342, sqq., 531, sqq.; cf. encore Tite-Live, X.XI, 38, et Quinte Curce, VIII, iv, 2, sqq. — TiTE-LivE, XXI, 45, et Quinte Curce, V, v, 22. — Tite-Live, XL, 14, 13, et Qui.NTE Curce, VI, x, 12. — Tite-Live, XXVL 30, et Quinte Curce, V, vm, etc. Enfin la division même de la vie d'.\lexandre en deux périodes (cf. page 235) a peut-être été inspirée à Quinte Curce par un mot de Tite-Live (IX, ivai, 1 : Et loquimnr de Alexandre nondum merso secundis rébus).

1. Th. Vogel [Op. L, t. I, page 13) constate fort justement que Pompouius Mêla, Sénèque, les deux Pline, Quintilien sont moins classiques que notre auteur.

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