‹ Étude sur Quince CurceChapitre 278 sur 398 · Xésophon, Anabase · texte numérisé non relu

Xésophon, Anabase

284 CARACTl^RES DU TALENT DK QUINTE CURCE

employer le mot propre, le terme technique. (Juinte Curce ne l'ose pas. Sans doute il se hasardera parfois à s'en permettre quelques-uns, il le fera toujours avec une réserve extrême et choisira les plus intelligibles '; il usera rarement du mot grec. il fera plutôt un anachronisme de mœurs, en attribuant aux compagnons d'Alexandre certaines coutumes purement romaines ^; c'est tout à fait par exception qu'il nous parlera du céleuste donnant le signal de la manoeuvre ^ Si d'aventure il introduit un mot étranger dans son récit , il l'explique avec une affectation quelque peu pédanlesque *, ou se livre à une réflexion qui va parfois jusqu'à la niaiserie •^; il commente même un mot latin qui lui semble peu clair, il est vrai que c'est dans un discours ^.

D'ordinaire il n'emploie que les expressions les plus générales, disons mieux, les plus vagues; il appelle les perroquets « des oiseaux auxquels on apprend à imiter la voix humaine ' ». Parle-t-il du passage de l'Acésinès, dont il n'a pas encore fait mention, il dira simplement : « amne superato * » ; du meurtrier d'Harpale, ïhibron ^, il dit sans plus de détails : « a qundam amicorum inleremplum per insidias ^'* » ; des Agalasses ou des Sodres mentionnés par Diodore '', il se servira du terme indélini de <( Alia gens '- ». Il désigne un homme tantôt par « animus '^ », tantôt par a animal ** », tantôt par « corpus '-^ ».

Page 1