Isidore de Séville, Régula tnonasiica
6. F. Gregorovius, Storia delta città di Borna nel medio Evo dal secolo v al .xvi. Trad. dell' a?v. Rénal. Manzato, Venezia, Antonelli, 1872, t. III, page 602.
caractères les œuvres antiques, le goût toutefois ne s'était pas encore affiné, et l'on s'intéressait moins à la forme qu'au fond même d'un ouvrage. Les annales et les chroniques qui se multiplient alors sont d'une sécheresse fatigante ', et les abrégés sont plus que jamais en honneur. Aussi Alcuin 2 ne semble pas soupçonner l'existence d'un auteur du nom de Quinte Curce; l'annaliste Saxon ^, Hraban Maur * laissent de côté VHistoire d'Alexandre, mais le savant Loup de Ferrières en a des copies entre les mains et en envoie à Rome ^, Éghinard l'imite souvent de très près ^.
Cette influence n'a rien d'étonnant; au ix<^ siècle, il y avait encore des trésors littéraires dont, par malheur, nous ne possédons qu'une bien faible portion. L'abbaye de Saint-Riquier se glorifiait de posséder 265 manuscrits, Loup de Ferrières, en 855, priait Benoît III de lui prêter, pour les copier, le de Oratore, Quintilien, le commentaire de Donat sur Térence ''. Quinte Curce devait avoir sa place dans les bibliothèques; on a vu qu'il ne manquait pas à celle de Loup de Ferrières ; il faisait aussi partie de la Bibliothèque du monastère de Saint- Gall 8, — une indication du catalogue permet de le supposer; — il existait aussi dans d'autres bibliothèques, les manuscrits de Florence et de Paris en font foi ^; même, s'il faut en croire un renseignement fourni par le manuscrit de Paris et une conjecture ingénieuse de M. Delisle, Quinte Curce aurait déjà fait partie des livres de chevet d'un homme de guerre, de Conrad, comte d'Auxerre "*.
11 avait enfin sa place dans les écoles. Les discours extraits de son histoire étaient compris dans ces conciones dont l'origine remonte au règne de Domitien " et dont le ix^ siècle nous offre deux spécimens intéressants, les fragments de Rheinau et d'Einsiedeln ^-.
Au x"= siècle, Quinte Curce semble subir une de ces éclipses dont
1. Ampère, Histoire littéraire de la France avant le xii« siècle, Paris, Hachette, 1839-18iO, l. II, p. 10, 11.
2. Alcuin ne mentionne pas Quinte Curce dans son poème de Pontificibiis et Sanctis Ecclesix Eboracensis, où il donne une longue liste d'auteurs anciens.
3. G. Pertz, Monumenta Germanix historica , Hanovre, 1820-80, t. VI, page 587 :
on ne sait pas très bien à quelle époque précise vécut ce personnage. — Les renseignements que nous donnons sur les auteurs romans de la légende d'Alexandre sont, pour la plupart, tirés d'un ouvrage de M. P. Meyer, ouvrage qui n'a pas paru au moment où nous écrivons. M. P. Meyer, avec une obligeance dont nous ne saurions trop le remercier, a bien voulu nous communiquer les épreuves de son livre que la librairie Vieweg doit publier sous le titre d'Histoire de la légende d'Alexandre dans les pays romans^
i. Cf. Pehtz, Op. /., t. III, page 1130.
5. Chateaubriand, Études historiques, édition Garnier, t. X, page 38.
6. Max Manitius, Neu Archiu der Gessel, f. tilt. dent. Geschicht, zur Befôrd, ein Ges. der Quellenschriften deut. Gesch. des Mittelalters, t. VII, page 527.
7. Gregobovils, Op. l., t. III, pages 177-178. Cf. Loup de Ferrières, Lettre 103.
8. Cf. Pertz, Op. L, t. II, page 170. C'est l'opinioa de M. Manitius, L. L, note 7, page 546, sqq.