Clericus, Ars Critica, Op. l , t. Il, page 487, sqq
Croix * l'ont blâmé d'avoir négligé, d'une manière presque absolue, les données chronologiques; Zolling ^ avoue qu'il en a rarement fourni d'utiles. Ils n'ont pas tort; quiconque se placera au vrai point de vue historique partagera leur opinion. Quinte Gurce, en effet, ne donne jamais une date précise par année ^; il compte par hivers et par étés, il dit combien de jours a duré telle marche, telle expédition, tel campement; il ne relie pas ces renseignements les uns aux autres, et cette précision dans le détail laisse subsister le vague de l'ensemble. Ges données mêmes sont assez peu nettes, sous leur apparente exactitude *; elles sont parfois tout à fait inexactes ^
Sans doute la chronologie des historiens anciens est médiocrement rigoureuse, et il ne serait pas difficile de plaider les circonstances atténuantes en faveur de Quinte Gurce; on pourrait rappeler que, dans l'ouvrage d'Hérodote, la date des faits accomplis pendant la guerre de Xerxès ne peut s'établir que grâce à des détails accessoires échappés à la plume de l'historien^, que les renseignements donnés par Arrien^ sont rares, en somme, et ceux que Diodore fournit, assez peu exacts % que Salluste fixe les dates d'une manière assez vague; mais cela est parfaitement inutile; l'explication est plus simple. Quinte Gurce parlait de choses grecques, il racontait des événements dont les Grecs avaient été les héros et les historiens; s'il eût voulu les dater avec précision, il lui eût fallu ou bien convertir les dates qui lui étaient transmises par ses prédécesseurs, — c'était un travail peu facile et, à son point de vue, peu profitable, — ou bien transcrire simplement ces dates, c'est-à-dire contrevenir à cette habitude d'orateur qui paraît lui avoir été si chère. Quinte Gurce n'a pas hésité, il a supprimé la chronologie.