Pétrone, Satyricon
7. Sénèque, Lettres., 100. — Quiihilien {de Institutione oratoria, VIII, v, 1, sqq.) essayera lui aussi de réagir contre cette habitude.
8. Sénèque, Oratorum et Rhetorum...., Op. L, Controv. I, Proœm., 23, page 66 : Solebat (Marullus) aliquo die nihil prœter has translaticias,
Quinte Curce, lui aussi, a usé de ce procédé de style, on a pu s'en convaincre; il en a peut-être même abusé ^ Gomme tous ses contemporains, il a emprunté aux rhéteurs cette manière sententieuse de formuler ses idées, on serait parfois tenté de croire qu'il leur a emprunté davantage ^.
L'arrangement des mots dans la phrase nous fournira aussi quelques observations qui ne seront pas sans intérêt.
La poésie a un rythme particulier, la prose aussi. Ces rythmes se mêlent parfois l'un à l'autre. Boileau signalait en plaisantant à Patru le titre d'un de ses discours, comme faisant un vers, « Onzième plaidoyer pour un jeune Allemand ». On retrouve en abondance des vers isolés dans la prose italienne, surtout dans le Décamcron ; dans la prose française, dans le Télémaque^ dans certaines comédies de Molière *. Ces vers isolés ne dénaturent pas absolument la prose française, le vers n'existant pas chez nous sans la rime, ils tranchent bien plus vivement dans la prose latine et grecque, le vers ayant, en grec et en latin, une existence indépendante. Aussi tous les théoriciens anciens se sont-ils élevés avec beaucoup de force contre ce procédé ou cette négligence de style ; Aristote *, Gicéron ^ ont combattu à
quas proprie sententias dicimus, quœ satis apte et alio transferuntur,
tanquam quae de fortuua, de crudelitate, de sœculo, de divitiis dicuntur : hoc genus sententiarum supellectUem voeabat.
2. Cf. Quinte Curce, VI, x, 9 : maligna est calamitas, et, fere noxius, cum suo supplicio crucietur, adquiescit alieno. — Sénèque, Oratorum et Rhetorum....^ Op. L, Excerp. Controv.., IX, vi, page 457 : naturali quodam deploratîE mentis affectu morientibus gratissimum est commori.
3. Rappelons les vers bien connus d'A. de Musset à Sainte-Beuve, à propos d'un article paru dans la Revue des Deux-Mondes :
« Il existe, en un mot, chez les trois quarts des hommes, « Un poète mort jeune à qui l'homme survit. » Tu l'as bien dit, ami, mais lu l'as trop bien dit. Tu ne prenais pas garde, en traçant ta pensée, Que ta plume en faisait un vers harmonieux.