‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 299 sur 386 · Cf. page 276, n · texte numérisé non relu

Cf. page 276, n

et ne consentaient à lire de Gicéron que les discours dont Gestius avait écrit la réfutation ^

Ce désir de leur plaire avait bien ses inconvénients. Tandis que, l'esprit toujours tendu, Quinte Gurce s'appliquait à balancer harmonieusement ses antithèses, à finir ses développements sur une pointe inattendue, à revêtir une idée commune, voire banale, d'une enveloppe brillante, et, par une alliance imprévue, à donner du piix aux termes les plus vulgaires, il ne s'apercevait pas qu'il répétait des mots et presque des phrases entières, qu'il laissait échapper des négligences, qui, indilTérentes à un auditeur, alTectent désagréablement l'esprit d'un lecteur cultivé.

Cette influence des lectures publiques a été plus néfaste encore; elle s'est exercée sur le plan même de l'ouvrage, elle a aggravé un défaut que nous avons signalé et a fait que les parties destinées à être lues ont été démesurément développées, que les autres ont été réd gées avec une négligence hâtive, que les unes et les autres présentent des inégalités choquantes.

Après la critique, l'éloge doit avoir sa part.

Cet historien, dont on a dit tant de mal, a consulté de nombreux ouvrages, sans les citer il est vrai *; il n'a jamais altéré les faits qu'il a empruntés à ses devanciers; il les a le plus souvent reproduits avec toutes leurs circonstances, tous leurs détails, se contentant de leur prêter l'éclat de son langage.

Sa crédulité n'est pas seulement, comme celle d'Hérodote, l'excès d'une qualité précieuse, l'absence de parti pris, elle est

1. SÉi>ÈQUE, Oralorum et rhetorum...., Op. /., Controvers. 111, proœm. 15, page 246.

2. On a précédemment expli(iué (cf. page lO-', S(iq.) que les historiens anciens citaient rarement les auteurs dont ils se servaient; aux raisons générales qu'on a données il convient d'en ajouter de particulières, tirées du caractère moral de l'histoire do Quinte Curce. Ces raisons, M. Alarlha, sans songer à notre historien, les a exprimées dans un passage que nous lui demandons la permission de reproduire :

tt A de telles études ne convient pas l'appareil de l'érudition. On ne peint pas les âmes avec des gloses. Sans doute un auteur, en ce sujet comme en tout autre, doit observer les règles d'une sévère critique et s'appuyer sur des textes; mais il n'est pas tenu de verser toutes ses notes devant le lecteur. C'est à l'écrivain de mériter du crédit par la clarté de son exposition, la vraisemblance de ses tableaux, la sincérité manifeste de son style. » G. Mahtha, Études inorales sur l'antiquité', Paris, Hachelte, 1883, avant-propos, page vi.

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