Ph. Buttmann, Op. /., page 78, sqq
PROBLÈMES BIOGRAPHIQUES 47
en bons termes avec Vespasien et Titus, fut le commensal de Domitien et l'ami de Qui^tilien^ Tous ces renseignements si précieux, Buttmann ne peut les avoir trouvés que dans VHistoire dC Alexandre :
C'est avoir de bons yeux que d'y voir tout cela.
Certains commentateurs se sont montrés plus perspicaces encore 2 ; ils ont découvert que Quinte Curce était chrétien. L'argument le plus fort qu'ils apportent à l'appui de leur thèse est tiré d'un passage de Tertullien » et du texte d'un rescrit
impérial *.
Dans ce passage, Tertullien dit que les chrétiens évitaient, en prêtant serment à l'empereur, de se servir de la formule per genlum, et qu'ils disaient per salutem; or Quinte Curce a mis dans la bouche de Philotas la phrase suivante : « jurare eos/?e/' Alexandri salutem volebat S; » ce qu'il n'aurait pas fait s'il avait
été païen.
Pour que cet argument eût quelque valeur, deux conditions seraient nécessaires : il faudrait d'abord que Tertullien constatât que ce serment jier salutem n'était employé que par les chrétiens, et il ne le dit pas; il faudrait de plus que cette formule n'eût jamais eu cours avant l'apparition du christianisme, et il n'en est rien; deux textes indiscutables constatent d'une manière positive que cette formule, d'un usage courant entre particuliers «,
1 11 prétend [Op. L, page 25) que Quinlilien fait allusion à Quinte Curce dans le passage suivant, si souvent - et si inutilement - discute [de Institutione oratoria, X, i, 104) : « Superest adhuc, et ornât aetatis nostrae cloriam, vir saeculorum memoria dignus, qui ohm nominabitur, nunc intelliKitur. » — Ce passage est trop vague pour que l'on puisse en tirer une conclusion précise; de plus, l'ouvrage de Quintilien ayant été publié au Dlus tôt en 92, il faudrait admettre que Quinte Curce avait vécu dO ans encore après la publication de son histoire, ce qui est fort invraisem-
^^2^ f' Schmieder, éd. de Quinte Curce, préface, page viii. Lemaire, éd. de Quinte Curce, t. I, préface, page 36, sqq., et t. II, page 73.
3 Tertullien, Apologf^tique, 32 : « Sed et juramus sicut non per genium Cœsarum ita per salutem eorum, quae est augustior omnibus geniis. >>
4. Codex Theodosiamcs, 1. II, tit. ix, Op. t., t. I, page 152. Gf le Commeniaire page 155 : « Qui nomina nostra placitis inserentes, salutem principum cônfirmationem initarum juraverint esse pactionum »