Plutarque, Alexandre
g8 QUINTE CURCE HISTORIEN
près*. En cette qualité il avait surtout eu connaissance des menus faits dont la cour était le théâtre, et ce sont ces faits, ces anecdotes qu'il s'était plu à recueillir et à publier. Il en avait réuni une assez belle collection, puisque ses mémoires — le mot est ici parfaitement exact — se composaient d'au moins dix livres ^ Plutarque et Athénée y ont largement puisé.
Le second, Ephippus d'Olynthe % avait occupé une situation plus importante ; il avait été gouverneur (sttio-xo-o;) d'Egypte, en même temps qu'Eschyle, si l'on admet une conjecture très plausible deGeier*. Le seul écrit que nous connaissions de lui ne touchait pas à des intérêts généraux, il traitait seulement de la mort, ou plutôt de l'inhumation d'Héphestion et de celle d'Alexandre ^ Peut-être avait-il encore laissé d'autres ouvrages? On serait tenté de le croire en retrouvant son nom dans la liste des auteurs que Pline avait consultés pour composer le XII"' livre et le XlIIe de son Histoire naturelle, à moins toutefois que l'Ephippus de Pline ne soit un personnage tout autre que le gouverneur d'Egypte *.
Ce ne sont pas sans doute les seuls témoins oculaires qui aient écrit sur Alexandre ou sur son expédition en Asie, mais les autres nous sont moins connus. Ou bien on ignore s'ils ont véritablement été témoins des faits qu'ils rapportent, ou bien on hésite sur la nature de leurs ouvrages.
On peut cependant sans trop de hardiesse compter parmi les auteurs de mémoires : Anaximène de Lampsaque, qui fut, d'après Suidas ', maître d'Alexandre et qui l'accompagna dans ses
1. C'est la traduction admise par Droysen, Op. L, t. 1, app. i, page 747.
2. Athénée (111, page 575) leur donne le titre de Tzzçi\ 'AXé^avSpov la-opiai.
3. Suivant Athénée, III, page 120, E. — Arrien dit qu'il était de Chalcis,
Anabase, III, v, 4.
4. Geirr, Alex. Mag. Script. JEtate Suppares, Op. /., page 309. — Sainte- Croix, Op. /., page 45, n'ose pas être aussi affirmatif. ^
5. Athénée, IV, 146, C, donne pour titre 7iep\ tîiç 'AXeÇâvSpou xai Hçai- (TTiwvo*: {xera^ayr,;, ailleurs il donne (X, 434, A), au lieu de {xeraX^ayri;, xaçriç et (XII, p. 537) TeXeutriç. ^ ,
6. C'est l'avis de Vossius, de Hist. gr., page 99. — Geier, Op. /., page 311, croit au contraire que l'Ephippus de Pline est bien l'auteur dont nous parlons. ^ ,
7. Suidas, V. 'AvaÇttxévYi;. — Valère Maxime (VII, 3, 4) et Cédrénus (page 130, 53) l'appellent aussi maître d'Alexandre. — Fr. Kampe, Philologus, t. IV, page 129, n'accorde qu'une médiocre confiance au renseignement fourni par Suidas.
l'iiistoibe d'alexandre
expéditions * ; le Triérarque ^ Médius de Larisse ^ ami intime d'Alexandre *; Gyrsillos de Pharsale, qui nous est connu par un seul passage de Strabon^ et Policrite \ ou mieux Polyclite de Larisse, si Ton admet la conjecture de Mûller \
Callisthène doit avoir une place à part; son ouvrage sur Alexandre — ouvrage dont le titre ne nous est pas connu d'une manière suffisamment précise « — n'avait rien de commun avec les mémoires dont nous avons parlé jusqu'ici. Il n'en pouvait être autrement; Callisthène fut peut-être en effet un historiographe officiel % tout au moins il écrivit du vivant d'Alexandre, sous ses yeux sans doute, et dans le but parfaitement avoué, non pas de raconter ce qu'il avait vu, mais « d'illustrer à jamais le nom d'Alexandre '' ». Le ton des divers fragments que nous possédons permet de constater qu'il ne perdit guère de vue le but qu'il s'était proposé.
Deux autres écrivains de cette époque, Clilarque et Marsyas de Pella, ont encore écrit l'histoire d'Alexandre. Il est assez difficile de les ranger parmi les témoins oculaires, car leur présence dans l'armée macédonienne est loin d'être certaine ''\ ce
1 II est cité par Diogkne Laerce (II, n, 3), Pausanias (VI, xvui, 2), Plu- TARQUE {de Fort. Alex. Or. I, 3), et par Harpocration (V. A>.x..aaxo; et 'AxtvàxYiç); d'après ce dernier écrivain, l'ouvrage d'Anaximene aurait compris au moins deux livres et aurait été intitulé xà uep\ 'AXs^avSpov.
3. Ar'en,'' ll!;^'' XVin,' 7. Il avait après la mort d;Alexandre rempli divers commandements; cf. Diodore, XIX, 69, 75; XX, oO, 7-*.
4. Arrien, Anabase, Vil, xxiv, xûv èxatpwv èv tÔ) tôte TiieavœTaTov.