‹ Étude sur Saint Germain [microform], moine bénédictin d'abord prieur de Talloires ensuite solitaireChapitre 26 sur 38 · VENERATION DBS RELIQUES. PROCESSION · texte numérisé non relu

VENERATION DBS RELIQUES. PROCESSION

FlN DE LA CEREMONIE.

Son frere le Coadjuteur ayant acheve la consecration de 1' Autel, Saint Francois de Sales demeure pres de la

(1) Nous devons dire ou et comment nous avons retrouv6 cette piece importante. Dans une armoire de 1'eglise paroissiale de Talloires, se trouvait un yieux reliquaire dument ferm6 et scelle aux armes de Mgr de Thiollaz, evSque d'Annecy, Sur la planchette en coulisse qui le fermait etait colle un carre de papier portant ces lignes : Nos Claudius Franeiseus de Thiollaz miseratione divina ac Sanctae Sedis apostolicae gratis, Episcopus Anneciensis testamur in hae tbeca contineri reliquias Sanctorum Germani, nee non Sanct. Martyrum Marcelli, Blasii, Georgii, Eustachii et sociorum, cum chart^- eorum authenticitatem probante.... Datum 'feyrier sub signo Yicarii nostri Generalis anno Dni 1827 die Sbris 26.

PONCET Vic. Gen.

Desireux, dans 1'interfit de notre travail, de connaitre la provenance des Reliques de Saint Germain contenues dans ce reliquaire, nous 1'avons port6 a Monseigneur d'Annecy, le priant de le faire ouvrir. Monsieur le Grand-Vicaire 1'ayant fait par commission de Monseigneur, grand a 6t6 notre etonnement et plus grande encore notre joie en rencontrant ce petit carre de parehemin, memorial offlciel de l'6reclion de 1'autel erige en I'honneur de Saint Germain, le 28 octobre 1621. II nous disait de plus que nous avions sous les yeux les Reliques mdmes (entr'autres la dent de Saint Germain) enfermees dans le dit autel par revenue consecrateur. A quelle 6poque, k quelle occasion ces Reliques et ce petit parcbemin ont-ils 6t6 retires de leur place naturelle dans ie tombeau de 1'autel ? C'est ce que nous ne pouvons dire. Ajoutons que ce parehemin precieux etait accompagne de deux autres attestations (ou authentiques) toules deux relatives aux m6mes Reliques, 1'une delivree par Dom Maure de Lannoy, Abbe de Talloires, du 16 mai 1773, et 1'autre, par Mgr Ren6 de Merinville, du l er septembre 1803.

chasse se mit a en extraire les Reliques. Le moment etait venu de les replacer dans le coffret plus decent qui leur etait destine. Le respect si humble, 1'air si devot avec lequel ce bon Saint touchait aux ossements de cet autre Saint, emut grandement 1'assemblee. Aussi Ton ne se contenta pas de voir a distance ces precieuses Reliques, on voulut s'en approcher, les venerer de pres, et Saint Francois, avec toule sa bonne grace, se pretant aux desirs de chacun, faisait toucher les chapelets qu'on lui tendait. Ges pieux objets, passant par ses mains pour arriver jusqu'a la chasse, en revenaient doublement benits. Apres avoir ainsi satisfait et servi tout le monde, Saint Frangois rangea les Saintes Reliques dans leur nouveau coffret, a la reserve toutefois, nous apprend le P. Boniface Constantin (1), de quelques ossements qu'on garda pour les exposer a la veneration des fideles. Le Chronicon (2) ajoute qu'on conserva specialement une machoire (maxilla) qui se venerait des lors dans un petit reliquaire d'argent. Nous trouvons, en effet, dans les Us et Pratiques du monastere (3) que, des cette epoque, c'est-a-dire pendant les XVIP et XVIIP siecles, aux jours de concours a la chapelle, par exemple le lundidePaques, unreligieuxvetu de 1'etole et du surplis; y presentait a baiser, aux pelerins, des Reliques de Saint Germain. Une de ses Reliques se venerait aussi dans 1'eglise du monastere a Talloires. Nous savons maintenant d'oii- provenaient ces Reliques du

(1) Vie de Mgr de Granier, chap, iv, p. 15.

(2) Page 518.

(3) Page 89.

Saint ; Saint Francois les avait reservees dans ce but, le 28 octobre 1621.

Le nouveau coffret pare de soie soigneusement ferme,

Saint Franc, ois voulut rendre a ce precieux depot un

culte exceptionnel. II avait vu dans YHisloire de I'Eglise

des processions splendides, des marches triomphales

organisees en 1'honneur des Reliques des Saints ; il

n'estima pas celles de Saint Germain indignes d'un tel

honneur. Mais le lieu etait pauvre et 1'espace fort res-

treint. Saint Franc, ois fit de ses propres bras le trone

d'honneur, le char de Iriomphe de ces Saintes Reliques,

et, aide de son frere, il les porta processionnellement

tout autour de la chapelle et de la petite maison qui lui

etait contigue. La foule recueillie suivait en chantant,

en priant, tandis que le Saint Eveque, sous son doux

fardeau, versait des larmes pieuses. Son coeur exultait,

clebordait. Quand, apres la procession, il eut enferme et

scelle les Reliques dans I'mterieur de 1'Autel, se tour-

nant vers 1' assistance, il parla avec unegrande emotion et

une grande puissance. Saint Germain et son culte furent

naturellement son theme. Remarquons que Saint Fran-

ois precha deux fois ce meme jour. Apres midi, quand

il s'appreta a descendre de la montagne, une foule se

trouva la comme au matin pour le suivre encore. 'II la

conduisit droit a 1'eglise du monastere, ou, montant en

chaire, il reprit de nouveau son sujet, c'est-a-dire le

culte des Saints et notamment celui de Saint Germain.

Gelte ceremonie, cette journee que Saint Frangois

anima toute entiere de son esprit, fit et laissa, on le

comprend, la plus profonde impression. Saint Germain

allait desormais en beneficier.

L'61e>ation pre"c6dente faite selon les decrets apostoliques.

Les historiens de Saint Frangois de Sales relatant sans commentaires le fait de 1' elevation de Saint Germain sur 1'autel, on pourrait croire que le Saint eveque accomplit ce grand acte, uniquement en vertu de la coutume ancienne qui permettait aux e"veques d'exalter les Saints de leur diocese, sans avoir a recourir au Souverain Pontife(l). Iln'en fut pas ainsi. Et d'abord, etant connues la science, la sagesse, la soumission parfaite de ce Saint aux decrets du Siege apostolique, nous ne pouvons admettre qu'il s'en soit jamais sciemment et volontairement ecarte. Aussi nous aliens apprendre de sa propre bouche qu'il agit, en cette occasion, en parfaite conformite a ces decrets.

Dans le sermon qu'il prononga, avons-nous vu, le soir du 28 octobre, il fit au peuple, dit Charles- Auguste (2), une tres belle predication des louanges du glorieux , Sainct Germain, de 1'honneur et de la ve-

(1) Benolt XIV, De Servor. Dei Beatif., Lib, i, c. x, 8, cite plasieurs 6vques fort respectables qui ont cru pouyoir suivre cette coutume jusque dans des temps rapproches de Saint Francois de Sales. En 1600, Saint Boniface de Savoie, 6ve"que de Lausanne, mort en 1265, fut encore, selon cet ancien rite, Iev6 de terre et pl;<c6 sur les autels.

('2) Charles-Auguste, La Vie du Saint, t. n, p. 225. Nous avons voulu verifier, dans le grand proces de canonisation de Saint Francois de Sales, si tel 6tait bien le sens de ce sermon au rapport des temoins. Nous avons constate avec plaisir que le P. de Quoex, le chanoine Gard entr'autres, s'en expriment dans les me'mestermes que Charles- Auguste.

Deration qu'on doit aux Saincts, de la fagon avec laquelle les serviteurs de Dieu estoient canonizes en la primitive Eglise, des statuts et decrets qui ont este faicts despuispar 1'Eglise, combien ils estoient justes et raisonnables, et enfin du special honneur qui estoit deu a Sainct Germain.

Ces paroles du Saint, trop peu remarquees jusqu'ici, sont cependant toute une revelation. Les statuts et decrets dont il parle ne sont pas ceux d'Urbain VIII portes seulement en 1625, ce sont forcement ceux d'Alexandre III (1159-1181) et d'Innocent III (1198-1213), decrets qui avaient precisement modifie la coutume ancienne et defendu aux eveques de beatifier un saint, d'autoriser son culte sans 1'avis ou 1' approbation du Souverain Pontife. Saint Frangois de Sales venant d'elever Saint Germain sur 1'autel (ce qui etait une beatification) non seulement mentionne, rappelle ces decrets, mais il en proclame hautement la sagesse et 1' opportunity . Evidemment, il ne les avait pas enfreints. Avant de proceder a 1'elevation de Saint Germain, il lui constait done et de son culte immemorial et d'une approbation de ce meme culte par le Siege apostolique. Quant au culte immemorial, nous avons pu le reconnaitre nous-memes, places que nous sommes a une bien plus grande distance que Saint Frangois. Facilement et en beaucoup plus grand nombre s'en presentment a lui les temoignages et les preuves. II put les rencontrer dans la vieille chapelle du Saint et sur son tombeau. II connaissait les recits des vieillards, moines et laiques, les traditions du monastere et du pays. De son temps, les archives cle Talloires avaient encore de vieux ma-

nuscrits sur Saint Germain (1). Les pelerinages sur la montagne suivaient leur cours aux jours traditionnels. Nous avons dit les benedictions et les prieres usitees en faveur des malades. Les guerisons, les graces obtenues etaient nombreuses et connues (2). Aussi Saint Frangois recommandant la devotion a Saint Germain fit particulierement ressortir le caractere antique, immemorial de cette devotion si chere au peuple, dit-il, que soit par guerre, par peste et famine, jamais le peuple des Etats de Savoye et de Genevois et tant d'estrangers n'avaient laisse ni desiste de venir ici es-jours esquels on faict memoire de ce serviteur de Dieu (3).

Le Saint eveque n'eut done pas de peine a constater le culte immemorial rendu a Saint Germain, tant les preuves en etaient evidentes.

Restait 1' approbation pontificale de ce meme culte, egalement connue de Saint Franpois de Sales. Nous sommes moins informes sur la nature, la forme et 1'epoque de cette approbation cependant certaine. En 1607 nous avons vu le Saint eveque solliciter a Rome des pouvoirs exceptionnels concernant les monasteres de son diocese. Ges pouvoirs regus, aussitot il visita particulierement celui de Talloires, et, des 1609, il donna ordre au Prieur de reparer la chapelle de Saint Ger-

(1) Voir ci-devant, page 46.

(2) Les auleurs du temps, le P. Boniface Constantly, Vie de Mgr de Granier, ch. iv ; le P. de la Riviere, Vie de Francois de Sales, page 291 ; les Memoires sur Saint Germain, du P.. Ctette, a la derniere page ; i'lnventaire de Talloires, p. 216, art. 48 ; le Chronicon, page 519; la Notice du Martyrologe, tous nos documents l6moignent en faveur des graces obtenues par 1'intercession de Saint Germain dans le xvn e siecle et les precedents. II ne nous en reste aucun r^cit, aucun detail. C'est une grande lacune dans notre present travail.

'3) Memoires sur Saint Germain, par le P. Clette, a la derniere page.

main et d'en prepare? 1'autel, parce qu'il vorilait y transferor les Reliques de ce Saint. Ces pouvoirs, envoyes de Rome a Saint Frangois, ne sont pas connus dans leur teneur. Celui d'elever Saint Germain sur les autels n'aurait-il point ete de ce nombre? On serait tente de le croire, a voir 1'empressement du Saint eveque a commander les apprets de cette ceremonie, aussitol apres la reception de ces pouvoirs.

D'autre part, Saint Frangois n'aurait point regu personnellement une telle faculte ; il pouvait exister au monaslere d'autres indults ou brefs apostoliques aujourd'hui perdus et qui avaient la valeur d'une approbation ancienne du culte de Saint Germain. Et de fait, nous avons trouve le P. de Quoex puisant, dans un diplome d' indulgences accordees par Eugene III, quelques donnees sur le Saint ermite. Nous en avons conclu que ces indulgences avaient ete reellement accordees en faveur de ce Saint. Ge diplome d'Eugene III etant entre les mains du P. de Quoex, necessairement Saint Frangois en avait connaissance. Des lors, n'eut-il eu sous les yeux que ce seul indult apostolique, il possedait une preuve suffisante que le Saint Siege avait des longtemps, non seulement tolere, mais encourage le culte de- Saint Germain (1).

Quoi qu'il en soit, nous le repetons, le Saint eveque

(l) Encore aujourd'hui, apres les decrets d'Urbain VIII, des qu'il conste d'une indulgence jadis accord6e par un Pape k une priere, a une pratique en 1'honneur d'un Saint, c'esl assez pour autoriser son culte. Le cas est positivement un des exceptes par ces decrets. Ce Saint demeure des lors en tranquille possession du culte qu'il recoil, parce qu'on le tient pour sufflsamment approuve par le Saint-Siege... (BenoitXIV, ouvrage cit6, 1. 11, c. xx, De Casu excepto ex Indulto Pontificio, art. 13.)

EL' avail pu, dans son discours du 28 octobre, exalterles de'crels pontificaux sur la matiere, tout en venant de les violer. L' elevation de Saint Germain qu'il venait d'accomplir etaitdonc, asesyeux, canoniquement reguliere.

Saint Francois de Sales fit insurer la M6moire de cette translation dans le Martyrologe du monaslere.

Vu la couturae constante de tous les monasteres, on peut certainement croire que de tout temps on avait fait mention de Saint Germain dans le Martyrologe de Talloires. II n'etait pas seulement un Saint de 1'Ordre : il etait par excellence le pere, le fondateur, le Saint de la Maison. Nous ne pouvons dire cependant a quel jour de 1'annee re venait cette commemoraison annuelle, ni quels en etaient les termes.

Le Martyrologe Romain faisant memoire de plusieurs translations, soit exaltations de Saints, Saint Frangois de Sales jugea bon que celle, dont il venait d'honorer Saint Germain, fut aussi mentionnee dans le Martyrologe du monastere. II engagea le P. de Quoe'x a rediger cette mention. Le Prieur obeit avec bonheur. Son travail a quelque etendue. On y trouve les principaux traits de la vie du Saint, et en dernier lieu la memoire de la translation. Nous avons donne cette page du Martyrologe. Nous n'y revenons pas. Elle se

chantait (1) chaque annee, a la louange de Saint Germain, le 27 octobre, veille du jour anniversaire de son exaltation. De 1622 a 1792, 1'eglise de Talloires a entendu ce chant.

Comment Saint Francois de Sales, le troisieme jour apres sa mort, apparut sur 1'aulel de la chapelle de Saint Germain.

II ne nous appartient pas de nous prononcer sur le sens et la portee du fait suivant. Ne serait-il point la reponse de Saint Germain lui-meme a tout ce que Saint Frangois venait de faire pour lui ? Le saint eveque lui avait de longue main prepare un autel, il y avait transfere, avec grand honneur et avec une devotion plus grande encore, les Reliques du Saint ermite. Voici la merveille dont fut temoin ce meme autel, trois jours apres la mort de Saint Frangois de Sales. Nous en prenons le recit dans le P. de La Riviere, qui le publia peu apres.

Pour conclusion donnons place en ce chapitre, a ce qui arriva a Monsieur le Reverend Nicolas Dequoex, Vicaire General du Priore de Nostre Dame de Taloyre et de ses dependances, homme d'honneur et d'entiere renommee, qualifie en doctrine et en piete.

(1) C'6tait 1'usage au monastere de Talloires de chanter habiluellement le Martyrologe. Pendant TAvent et le Care"me, il se chantait dans la salle du Chapitre (Us et Pratiques, page HO;,

Au bruit qui courut de la dangereuse malaclie de nostre bon Evesque, les Religieux du Couvent de Thaloyre, a cause de la sincere affection qu'ils luy portoient, estoient sur le poinct d'instituer les quarante heures, et exposer le Tres-Auguste Sacrement en evidence, a fin de convier le peuple a prier pour sa sante. Cependant le susdit Vicaire monta a 1'hermitage de Saint Germain avec intention d'y celebrer la Messe, et de n'oublier pas la griefve infirmite de celuy, qui veritablement 1'aymoit d'un amour paternel. II se prepare, il s'habille, il entre a 1'Autel, commence et poursuit le tres-adorable sacrifice du corps et sang du Fils de Dieu. Apres avoir chante la Preface, il vient au Memento, et voulant recommander a Nostre- Seigneur les necessites du grand Franc, ois de Sales, inopinement il appereeut tout 1'Autel illustre d'une admirable clarte, et au dessus justement a 1'endroit du milieu de 1'autel vis a vis de soy, il veid cet intime amy de Dieu, tout glorieux, tout luysant, tout seraphique, tout debout, comme dans une niche de soleil, dardant ga et la, haut et has, a droit et a gauche, quantite de rayons estincellans au possible ; il avait un rochet plus blanc que neige, plisse a menus plis, si artistement et si delicatement que rien plus, de son col jusques aux genoux pendoit de droit fil une estole a fonds d'or et d' argent, rehaussee plus plein que vuide de diamans, de rubis, d'esmeraudes, d'escarboucles et de fines pierres orientales, qui faisoient une des belles riches et ravissantes monstres que jamais oeil mortel eut admire en ce monde ; il avoit $ les cheyeux ainsi que des flls d'or, esparpilles autour

de sa teste, moderement frisez, ondoyans et fiottans quasi jusques sur les espaules, son visage estoit serain, jovial et pacifique, tempere d'un agreable meslange et de candeur yvoirine, et de rougeur pourprine: ses yeux sembloient deux astres benins, tantost il les eslevoit vers le Giel, tantost il les abaissoit devers 1'autel ; soudain que le prestre veid ce merveilleuxobjet ; espris, et surpris tout ensemble d'aise, d'esbahissement, et d'une indicible consolation, qui luy tira abondance de larmes, il perdit force et vice gueur, et se laissant tomber sur ses coudes, (ce que remarquerent les assistans) il r'appella le mieux qu'il peut ses esprits, et au lieu de prier pour ce bienheureux Evesque, il fut subitement et presque imperceptiblement induit par un mouvement interieur a le prier pour soy, et dire cette Antienne que 1'Eglise chante a la feste des confesseurs pontifes, Sacerdos et PonlifeK, et virtutum opifex, Pastor bone in populo, Ora pro nobis Vominum, laquelle ayant achevee, la vision disparut, et cecy lui arriva auparavant qu'il eust regu nouvelles de la mort de ce grand serviteur de Dieu, Tan mil six cents vingl-deux, le trenteunieme de decembre, jour declie a 1'honneur de Sainct Syl ves tre , selon que luy-mesme me 1' a raconte . Retourn e qu'il fut a son monastere , il dit a ses religieux, qu'il n'estoit point besoing de faire oraison pour Monseigneur de Geneve, d'autant qu'il estoit mort, et bienheureux. II y a maintenant un an que je fus a Thaloyre, et au lieu ou se fit cette notable apparition, j'entretins longuement ce Reverend Pere, et luy fis divers interrogats touchant sa vision ; ce quej'y ai re-

marque d' excellent, est qu'elle luy est demeuree vice vement imprimee en I'imagination, qu'elle luy revient coustumierement au temps des Offices divins, et tant s'en faut qu'elle luy donne des distractions qu'elle luy recollige son interieur, delasse son coeur, et luy cause une particuliere attention en recitant son breviaire (1).

(1) D'autres que le P. de Quoe'x ont racont6 cette vision. Francois Favre, domestique du Saint, a t6moign6 du fait, dans sa deposition en presence des Commissaires apostoliques, en ajoutant : Je 1'ai appris du R. P. Claude-Louis-Nicolas de Quoex, de Dom Pierre son compagnon, qui lui servait la messe, et d'autres Religieux du monastere... (Archives de la Visitation.)

GHAPITRE III.

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