‹ Étude sur Scévole de Sainte-MartheChapitre 20 sur 35 · Celte pièce est de l'année · texte numérisé non relu

Celte pièce est de l'année

( 65 ) Quoiqu'il en soit, dans l'œuvre de Sainte-Marthe, nous voyons renaître en quelque sorte l'élite intellectuelle de cette époque, dont un étranger a pu dire qu'eu France « elle forçait les hommes à penser, lorsque la nature leur en avait donné le pouvoir ^ » Quelle variété de physionomies! que de talents divers! quel concert d'efforts et de progrès I jamais notre histoire n'a produit en si grand nombre ces figures à saillie qui se gravent dans le souvenir. Sous nos yeux se succèdent tour à tour le politique Commines, sincère et impartial dans ses récits, le meilleur historien que nous eussions jusqu'alors possédé'; Budé qui lit pénétrer parmi nous l'élégante culture de la Grèce et qui, selon Lascaris, en parla si purement le langage, qu'il ne le céda pas aux Attiques eux-mêmes , puissant par son crédit auprès de François 1er et faisant tourner ce crédit au profit des lettres' ; le cicéronien Longueil, à qui son éloquence latine valut le titre de citoyen romain, dont l'auteur des Essais était si flatté ; Guillaume et Martin du Bellay, qui les premiers, à l'exemple des anciens, associèrent chez nous la gloire des lettres à celle des armes; Fernel, médecin et naturaliste éminent, relevant ses rares connaissances par le mérite d'une latinité exquise; le chancelier de France Olivier, l'un de ces mâles esprits, d'une rigidité stoique, qui n'aimaient dans les dignités que l'occasion d'être utiles; son successeur L'Hôpital, cet homme qui a fait honneur non pas à la France seulement, mais à l'Eu-

Page 1