‹ Étude sur Scévole de Sainte-MartheChapitre 21 sur 35 · Hallaui , Lïtlérature de l'Europe^ t. II, c. 4 (p · texte numérisé non relu

Hallaui , Lïtlérature de l'Europe^ t. II, c. 4 (p

2. Dans le morceau qui suit, on a ciicrclié en général à rassembler les traits principaux qu'offrent les Éloges de Sainte- Marthe.

3. M. Rebitté, dans son intéressante publication sur Budc (Joubert, 1846, voy. les p. 247 et suiv.), a bien montré toute la part que celui-ci avait eue à la fondation du collège de France.

( 66 ) rope, rappelant Aristote par ses traits comme par sa sagesse, intrépide représentant de la loi , de la tolérance et de la paix , que l'on put chasser du Conseil mais non pas réduire au silence ; le cardinal de Lorraine, d'une activité égale à son ambition , et qui fut quelque temps l'arbitre de la France, dont son frère François de Guise était le Mars, tandis qu'il passait lui-même, grâce à son élocution brillante et ses autres talents, pour en être le Mercure ; Montaigne , réuni par une touchante pensée dans le même éloge que La Boétie, Montaigne étudiant en lui l'humanité entière, le plus amusant des moralistes et non le moins utile, circonspect, mais persévérant dans ses attaques contre tout ce qui choque la raison ; l'infortuné Ramus, grammairien, humaniste, historien et profond philosophe, osant discuter, à la grande indignation des partisans de la routine, le péripatétisme des écoles, et aspirant à substituer aux finesses d'une dialectique stérile les lumières du simple bon sens; le docteur en théologie Claude d'Espence, fort renommé par ses sermons; Pelletier, qui souleva d'orageux débats sur l'orthographe, et à cette époque où l'on était volontiers universel, fut mathématicien , commentateur et poète; Turnèbe, en qui se personnifia dans cet âge la gloire de l'enseignement oral, d'une intelligence ouverte à tous les sujets, l'homme qui savait le plus et le mieux, en même temps que le plus modeste, dont le front, comme celui de Virgile, portait l'empreinte d'une candeur toute virginale ; un autre ornement du collège de France, mais d'une humeur moins polie et moins douce que Turnèbe, Louis Le Roy, traducteur habile et auteur original, l'un de ceux qui apprirent par la pratique assidue de l'antiquité classique à donner du nombre et de l'harmonie h notre prose; Amyot, qui , dans la carrière de la traduction , a effacé par le choix heureux de son modèle et la

( 67 ) supériorité de son style toutes les gloires contemporaines, Amyot qui a trouvé les caractères durables de notre idiome, le tour simple et net, la pureté, la justesse lumineuse et la grâce ; d'Ossat, qui dota de ces ([ualités la langue de la diplomatie, toujours clair et précis dans ses Lettres politiques, chefs-d'œuvre du genre, où éclate une pénétration merveilleuse; Muret, admiré pour sa haute sagacité et son érudition prodigieuse, mais plus encore comme orateur; Henri de Mesmes, homme d'État consommé et savant helléniste; Paul de Foix , qui dans ses ambassades réservait toujours quelques heures pour ses études; Fauchet, si versé dans nos antiquités nationales; Lambin, le commentateur d'Horace, qui élaborait, dit-on, ses travaux avec tant de soin et de lenteur, que le verbe lambiner est venu de là ; les deux Montluc , l'un négociateur heureux et prédicateur estimé , l'autre guerrier infatigable, écrivant, dans sa vieillesse, avec la même fougue qu'il avait jadis combattu; La Noue, aussi humain que ce dernier était cruel, et non moins brave capitaine, retenant le calme d'un sage dans la fureur des luttes civiles et se délassant des travaux des camps dans la composition du livre où brille la beauté de son ùme*; Elle Vinet, nom cher à la jeunesse^, et l'un des éditeurs des plus laborieux ; Bodin , marchant dans sa République sur les pas de Platon et de Cicéron, recherchant les principes des institutions de l'État et les sources qui alimentent au sein du peuple l'industrie, le commerce et la richesse, Bodin dont la lecture doit féconder le génie de Montesquieu; Pierre Pithou, le défenseur

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