‹ Étude sur Scévole de Sainte-MartheChapitre 9 sur 35 · Sainte-Marthe appelle ailleurs Henri IIl un descendant · texte numérisé non relu

Sainte-Marthe appelle ailleurs Henri IIl un descendant

d'Hector :

. . . Veteri deductus ab Hectore sanguis ;

et il dit en s'adressant au père du grand Condé, à Henri de Bourbon :

Non satis antiquae censeri sanguine gentis Quae tcnuit valida Troia sceptra manu...

( 33 ) L'auteur de la Franciade lui-même n'a garde d'ètro oublié : car c'est lui, dit Sainte-Marthe en ne consacrant pas moins de trente strophes à sa mémoire, qui a fait le premier fleurir l'ode en France :

Intacta Pindi culmina per novum Scandere aiisus est iter, Gallosque artis adhuc Picrise rudes Lyra beavit prinius atque plectro...

Comme celui qu'il célèbre , Sainte-Marthe manque ici d'originalité et d'élan , malgré l'enthousiasme qu'il affecte. Il réussit davantage lorsqu'il chante les exploits de Henri de Bourbon, où il voit un gage du retour de la paix publique. La victoire d'Ivri* échauffe sa verve; et soutenu par la grandeur du sujet autant que par la vérité du sentiment patriotique qui l'anime, il ne manque ni de hardiesse ni de vigueur; on en jugera par cette fière apostrophe qu'il adresse à Mayenne :

Tibi quid, superbe ductor,

Facto profuit agmine ,

ïot exteras nefanda

Trahere undique ad arma cohortes ,

Belgas, Halos, rebusque novis

Infidèles Insubres,

Et (quibus sese, veteres triumplios

Oblita, fœde Gallia mancipat)

ïruces Iberos, ((uidquid et coiverat

Ferociorum civium ,

Quos egit in caîcos tiirores

Vel niala meus, vel inanis error?

1. 14 mars 1590. On peut en voir le récit dans les Mémoires de Sully (liv. 111), qui y reçut sept blessures. Du Bartas a chanté aussi cette victoire, à laquelle il a contribué : « Non adeo multo post elatus (mortuus), a dit Sainte-Marthe de ce dernier, quaiu evriensem victoriam instar suavissimi oloris ad Garumnn' sui iluenta supreuio cantu celebrasset. >»

( 34 ) t'eut le jeune roi de Navarre, qui gagnait alors sa couronne de France , le poète le représente en ces termes :

Dicite Henricum pietate et armis Insignein, acerbis temporibiis dafum, NuUi lahori non parem , fidei integrum , Virtute nec siiperabilem Nec arte, subjectis benigniim Gentibus, indomitis tremendum.

On trouve aussi l'accent lyrique dans quelques vers gracieux où l'auteur déplore la mort d'une jeune fille remarquable par sa beauté :

Cassandra, flos et gloria virginum ,

Quascumqiie tellus Julia protiilit ,

Ten' pubère intactam sub œvo

Cruda ni mis rapuere fata?

Te mille ceitatim ambierant proci :

Sed Orcus eheu destinabat

Ipse sibi hune cupidus decorem...

Le titre même des sylves (le sens de ce mot latin, consacré par Stace, a été retenu dans la langue italienne^) annonce un mélange de poésies qui roulent sur des sujets divers : néanmoins, l'hexamètre y est exclusivement employé. Ce sont des pièces adressées à d'illustres magistrats , tels que L'Hôpital 1 1 de Harlay , des félicitations à l'occasion de naissances princières , ensuite des chants funèbres et des épîtres morales. L'une de ces épîtres, en

1. Selva , pris dans l'acception de raccoUa ,\ecue\\. — " Les sylves de Sainte-Marthe, remarque Dreux du Radier, sont un clief-d'œuvre en leur genre , soit pour la délicatesse des pensées et la variété des sujets , soit pour les grâces du style. » Sans adopter ces jugements en tout point, nous nous plaisons à les citer, pour indiquer le cas que l'on faisait encore, au milieu du xvui' siècle, des poésies de Sainte-Marthe.

( â6 ) particulier, renferme une comparaison des anciens avec / les modernes, et l'auteur y exprime un judicieux regret, > c'est que les Français, par une spécialité étroite, s'appliquent uniquement aux exercices de la guerre ou aux arts de la paix , tandis qu'en Grèce et à Rome les mêmes hommes excellaient à la fois dans les uns et dans les autres :

At quos culta dédit seclis melioribus Hellas, Bellatiix aiit Roma viios, iitrumque subibant -^que onus , et socio gaiidebat Apolline Mavors.

Quelques-uns de ces morceaux, inspirés par les circonstances, se recommandent par leur intérêt historique; celui, par exemple, qui concerne le retour de Henri 111 en France , après sa courte royauté ou plutôt son exil en Pologne. Mais, alors même que le fond n'est pas dénué d'une certaine importance, la saillie de la pensée s'efface un peu sous ce que la forme a de convenu et de traditionnel.

Ce défaut caractérise spécialement les élégies de Sainte-Marthe. L'uniformité du mètre ( elles sont composées de distiques d'après les règles du genre) contribue à l'y rendre plus sensible. Là, sur les pas de TibuUe et de Properce, soit qu'il se plaigne de la fuite des années et des coups de la mort, soit qu'il redise les joies ou les chagrins de l'amour, ses imitations sont en général froides et de peu de valeur.

Il y a plus d'agrément dans les livres des épigrammes, ce genre favori du xvi*-' siècle. Celles de Sainte-Maithe , qu'il a dédiées au chancelier de Ghiverny, sont marquées du cachet de variété qui leur était propre chez les anciens. Quelques-unes ont cette pointe de malice que l'on exige aujourd'hui. Tel est ce distique, dirigé contre le<

( 36 ) auteurs qui visaient, dans leur style, au mérite de l 'obscurité :

Quid juvat obscuris involveie scripta latebris? >'e pateant anirai sensa , tacere potes.

Le poète Maynard en a donné cette traduction :

Si ton esprit veut cacher Les belles choses qu'il pense , Dis-moi qui peut t'empêcher De te servir du silence ?

Le trait de Sainte-Marthe est excellent par sa simplicité même. On souhaiterait que cette simplicité se trouvât plus souvent dans les petits vers où il a prétendu imiter Catulle et Martial ; mais il n'a pas échappé au goût laborieux et à la recherche ingénieuse de son époque. La plupart sont , au reste, de simples billets à Jodelle, Passerat, Henri de Mesmes, Nicolas Rapin, etc., du genre de ceux que les hommes de cette société spirituelle et érudite aimaient à échanger. D'autres fois Sainte-Marthe reproduit des épigrammes de l'anthologie grecque. Voici comme il exprime l'une d'entre elles, que Voltaire à fait passer dans notre langue. Il s'agit des paroles de Laïs , offrant son miroir à Vénus :

nia ego quae cupidos pellexi Lais amantes ,

Dum juvénile meo fulsit in ore decus, Xunc anus lioc Veneri spéculum fero, quando videre

Nec placet id quod sum, nec licet id quod eram.

A la vogue des épigrammes se joignait alors celle des poésies sacrées : c'était le temps où Buchanau et beaucoup d'autres répondaient, en traduisant les Psaumes , au goût dominant du public. Sainte-Marthe s'attacha aussi à le satisfaire, et il ne se borna pas à donner d'assez

( 37 ) Dombreuses versions de psaumes S il traita encore plusieurs sujets empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament. Ces pièces , écrites en différents mètres , sont accompagnées d'une dédicace à Guillaume Ruzé, évèque d'Angers*; mais, bien qu'elles soient placées à la fin des vers latins , dans l'édition générale des œuvres de Sainte-Marthe, elles n'en datent pas moins de sa plus tendre jeunesse. C'est ce qu'il nous apprend , ens'excusant sur ce motif de ce qu'elles pouvaient avoir d'imparfait :

. . . Vereor ne dum ista puer tam seiia tiacto (Vix viihi post declmum seplhnus anmts erai), Non salis aiictonim penetrariin arcana, nec apte Reddiderim latiis accipienda sonis '.

Un des meilleurs morceaux de ces poésies sacrées rappelle les passions religieuses qui n'avaient pas encore cessé de fermenter dans l'Occident contre les envahisseurs de Constantinople : c'est une prière des chrétiens qui vivent sous la domination du Turc. 0 Dieu, s'écrie le poëte ,

Aspicis ut penetralc lui miserabilc teinpli,

Et gemis electum , et sanctae domus alla Sionis,

Invisa cxteini patiantur jura tyranni ;

Isacidas iniserare, tuamque ulciscerc gentena.

Nunc milii, nunc erelo lubet alfam educere vocem ,

Promissique fidem querulis exposcere verbis :

Semperne hos tanto, Deus, in inoMore relinques ?

1. Ou remarquera que la connaissance qu'il possédait de la langue liébraï(iue lui a permis de les traduire sur le texte original.

2. Ce prélat, qui est mentionné dans les Bibliothèques de La Croix du Maine et de du Verdier, fut successivement aumô-

ier des rois Charles IX et Henri 111.

3. Scapvolœ Sammartiiani Poemala , Lutetiœ, 1G29, in-4", p. 232.

Quel que soit, d'ailleurs , le mérite de chacun de ces livres , on aurait peine à s'expliquer que les juges les plus compétents de cette époque , les Italiens , eussent accorde a Sainte-Marthe la préférence sur tous les poètes latins modernes , s'il ne nous restait à considérer le principal de ses titres, son chef-d'œuvre et celui de son temps en ce genre; je veux parler de la Pœdotrophie.

C'est un poème didactique, en trois chants et composé d'environ 1500 vers, qui roule, comme l'indique son nom , sur la manière d'élever les enfants à la mamelle : une circonstance touchante inspira la pensée de cet ouvrage à Sainte-Marthe. Pour sauver un de ses propres enfants gravement malade*, non content de faire appel à la science des plus habiles médecins , il avait voulu interroger lui-même les secrets de l'art de guérir, ou plutôt rechercher les soins les plus efficaces qu'on pouvait donner au premier âge ^. Dans ce but il avait étudié, avec le tempérament des nouveau-nés, les moyens, ainsi qu'il le dit lui-même, de conduire à la maturité , sans être brisées par l'orage, ces jeunes et tendres plantes* ; et c'étaient les préceptes, fruits de son expérience , qu'il avait revêtus des plus vives couleurs de la poésie.

1 . Il paraît que ce fut l'un des deux enfants jumeaux qu'il eut après son lils aîné Abel, à savoir Louis, depuis seigneur de Grelay, fort connu comme généalogiste et comme historiographe.

2. Un médecin renommé de son temps a pu dire qu'il avait, par cette production, bien mérité de la médecine : « De omnibus, in primis toto ordine medico, ob divinum caimen Pœdotrophi- (um, bene meritus.... »

3. ... Tenerara , pacuto numine, plantam (Ne dubitu) iiifcsti nuUa Inclemcntia cœli Auferet ante dicm, speralavc gaudia vertet... Tu modo cultum adhibe vigll. . . .

(Ub. I.)

Il est certain que la pureté du but a porté bonheur à l'écrivain : sous l'influence morale du sentiment qui le dirige, il s'élè\e au-dessus de lui-même et de ceux qui ont traité ce sujet *. On admire avec quelle souplesse il se joue de beaucoup de détails dont l'aridité technique semblait défier toutes les ressources de la poésie; comme il recouvre un art consommé et savant d'un charme naturel; comme il sait faire plier la langue et la versification latine à un ordre d'idées qu'elle n'avait pas abordées encore. L'émotion qui lui suggère des paroles expressives éclaire sa marche et la rend partout régulière. A un ensemble sage se joint de plus , dans sa composition, le mérite de digressions naturellement amenées et pleines d'intérêt. En un mot, toutes les conditions d'un excellent poème se réunissent à un haut degré dans la Pœdotrophie.

Aussi, lorsqu'elle parut en 1584, fut-elle accueillie avec une incroyable faveur. On se crut revenu au temps de la plus pure antiquité; on éleva tout aussitôt ce poème au rang des modèles les plus parfaits; on le compara aux Géorgiques : quelques-uns, plus osés, allèrent jusqu'à prétendre que Virgile en eût été jaloux. Les compatriotes de Pétrarque et de Bembo ne furent pas les seuls à combler l'auteur d'éloges qu'ils ne prodiguaient pas d'ordinaire à d'autres qu'à eux-mêmes. Mise entre les mains de la jeunesse, l'œuvre réputée classique dès sa naissance fut, dans plusieurs universités de l'Europe, étudiée, commentée, interprétée : honneur qui n'avait guère été accordé précédemment qu'à la Di-

1. La Balin (la nourrice) de Tansillo, par exemple, est bien inférieure à la Pœdotroiilile. Claude Quiilet, plus connu sous le nom de Lcli , est aussi demeuré fort loin de Sainte-Martlie dan« sa CaUipœdia.

(40 ) vine comédie de Dante. Les Juste Lipse , les Dousa et tous les représentants de l'érudition, à l'étranger, la prônèrent à l'envi. En France ,' notamment , où le latin n'avait pas cessé d'avoir le pas sur la langue vulgaire, l'enthousiasme fut au comble. Ronsard, dont l'autorité était sans contrôle, et toutes les voix les plus accréditées après celle du chef de la Pléiade saluèrent la Pœdofrojikie d'unanimes suffrages*.

Le nombre des réimpressions suffirait pour prouver combien le succès en fut populaire. Éditée plus de dix fois du vivant de l'auteur, elle ne le fut pas moins après lui^; aujourd'hui même , contre l'usage des poèmes latins modernes, celui-ci, et c'est son plus bel éloge, n'a pas entièrement cessé d'être lu; et qui ne se souvient pas

1. P.ousaid, écrivant à Antoine de Baïf : « Dii boni! quein niihi libi'uni niisisti a nostro Sammarthano consciiptum, non liber est; sunt ipsse Musse : totum nostruni Helicona testein appello. » Il n'hésitait pas , en conséquence , à placer l'auteur de la Pœduirophie au-dessus des Bembo , des Fracastor, et il finissait par s'écrier :

« Deus , deus ille , Menalca !

seclunique istud felix dicere libet, quod nobis laleni tantumque \ iruni protulerit. »

2. On distinguera pour sa beauté, parmi ces éditions, celle de Manieit Pâtisson, in-4" (1584, l'une des premières en date par conséquent), où se trouve aussi le poëme de la Fauconnerie (de Re accipitraria) , sans nom d'auteur. De là l'erreur commise par quelques critiques (et même du vivant de l'auteur : voy. notamment la Bibliothèque de du Verdier), qui ont attribué ce second ouvrage à Sainte-Marthe, tandis qu'il appartient à Auguste de Thou qui le dédia à Sainte-Marthe, et qui voulait que ses vers, placés à la suite de ceux du modèle qu'il s'était proposé , se produisissent en quelque sorte sous ses auspices. — La Pœdotrophie à été encore réimprimée de nos jours (Delalain, 1S13, in-12) : elle avait été insérée par l'abbé d'Olivet, au milieu du siècle dernier, dans son recueil des Poemata didascalica.

( 41 ) d'avoir entendu citer ces vers que le poëte adressée une jeune mère ?

Ipsae etiani alpiuis villosœ in cantibiis ursae,

Ipsae etiam tigres, et quidquid ubique ferarum est,

Débita servandis concediint ubeia natis.

ïn , quam miti animo nalura beiiigna creavit,

Exsuperes feritafe feras, nec te tua tangant

Pignora, nec querulos puerili e guttinc planctus ,

Nec laciimas misereris , opeinque injusta récuses,

Quam prœstare tuum est et quai te pendet ab una?

Dulcia quis prirai captabit gaudia risus

Et primas voces et blœsae murmura lingUtTe?

Tu ne fruenda alii potes ista relinqnere, démens;

Tantique esse putas teretis servare papillee

Integrum decus et juvcnilem in pectore florem ' ?

Le lait maternel est la seule nourriture que la santé des enfants comporte suivant le poëte, qui le déclarait à propos, ce semble, dans une époque où Marguerite de Valois exprimait naïvement sa surprise d'avoir vu la femme du grand bailli du Hainaut allaiter elle-même son enfant.

Ainsi Sainte-Marthe accusait-il l'égoïste indifférence de ces mères à qui il suffit de l'être à moitié ; ainsi , dans des vers qu'on dirait dictés par la muse antique, les avertissait-il de ces mêmes devoirs que le philosophe de Genève, environ deux siècles après, leur rappela dans son âpre et fougueuse éloquence. Mais bien d'autres passages de la Pœdotrophie mériteraient d'être cités ; dans bien d'autres, une grâce toute française anime ce langage étranger qui se prête avec une facilité merveilleuse,

1. Lib. I. — Plusieurs de ces vers figurent dans l'une des leçons du Cours de M. Villemain sur le wiii' siècle (2' édition, t. II, p. 292); et M. Villemain fait, à celte occasion, un éloge charmant du poëaie de Sainte-Martlic, qu'il rapproche de quelques opinions do J. J. Rousseau.

( 42 ) SOUS la plume de Sainte-Marthe , à toutes les nuances de la pensée. Déjà n'admirera-t-on pas la délicatesse de cette apostrophe aux Muses, invoquées au début, quoique toujours vierges :

Vos licet illaesi studiv.m iraraortale puiloris Dulcia nosse vetet genialis fœdera lecti , Et sentiie pium tollendœ piolis amoiem, Hic tamen, Aonides (qiiid enim sine numine veslio Fas audere milii? ), hic etiam vestri aura favoris Optanda, hsec vestro qiiœrenda est miinere laiirus, Carminé diim teniii refero quis cultus alendse Sit soboli primnm in cunis

Si l'auteur n'a omis, dans son ouvrage, aucun des conseils utiles à la tendresse des mères et à l'éducation des enfants , il a su de plus, avec la réserve qui naît du christianisme et caractérise l'imagination moderne, tempérer par la modestie de l'expression ce que l'esprit antique eût mis de crudité dans ses peintures. Voyez, par exemple, la manière dont il recommande aux jeunes femmes de ne pas serrer leur taille à l'excès , suivant la mode de France :

Prœcipiie anguslo ne comprime corpus amictu, Qno cingunt se more nurus quas Galiia nutrit, Neu miserum infantem vitae jam a liraine torque Crudelis, gracili dum te piœbere videndam Corpore aves , pœnasque tui luit ille furoris '.

Qu'elle songe plutôt avec respect , la jeune femme qui va devenir mère, que le dépôt d'une existence précieuse lui est confié , et que son imprudence suffît pour coûter la vie à celui que la Providence appelait peut-être aux destinées les plus brillantes. Pour rendre cette idée, le style de Sainte-Marthe se colore et s'élève ; il fait suc-

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