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pas avec les recherches de Spallanzani, qui ne sont pas, néanmoins assez concluantes pour la détruire entièrement.
10°. La gravité du sang influe-t-elle sur son mouvement ? Peut-elle l'accélérer de haut en bas, le retarder de bas en haut? La gravité a une action très manifeste sur les gros et moyens vaisseaux; lorsqu'elle agit suivant la direction du sang, elle augmente sa vitesse; mais elle en affaiblit le cours si elle exerce son action dans un sens opposé... Les petits vaisseaux sont seuls indépendants de cette loi.
11° Le sang a primitivement une couleur rouge; ses nuances jaunes et blanchâtres ne sont qu’une illusion optique produite par l'effet d’une lumière infidèle.
12° Les globules nagent dans un fluide invisible et élastique; ils ont une figure presque sphérique, s’allongent, se rétrécissent suivant le diamètre du vaisseau.
13° Les animaux à sang chaud ont dans le premier âge une plus grande quantité de globules que ceux à sang froid ; mais à mesure que ces derniers se développent, le nombre des globules augmente de manière qu'après un certain temps, 1l est aussi considérable, proportion gardée, chez les uns que chez les autres. .….
Les vaisseaux d’un animal à sang froid sont toujours assez transparents pour laisser voir le mouvement du sang ; tandis que ceux d’un animal à sang chaud ont des tuniques si fortes et si opaques, qu'on ne peut jouir de ce spectacle que pendant les premiers jours de sa naissance.
14° Les animaux à sang froid survivent quelques jours à la rescision du cœur et du cerveau; mais ils périssent plus tôt quand ils sont privés du premier organe ».
Tourdes fait suivre la traduction de l'ouvrage de Spallanzani de notes impartiales dans lesquelles il critique
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certaines inexactitudes dans les conclusions de l’expérimentateur, mais qui ne diminuent en rien son admiration pour
l’auteur de ce beau travail.
Le traducteur de l'ouvrage de Spallanzani, Expériences sur la digestion de l’homme et de différentes espèces d’animaux, Jean Senebier, bibliothécaire de la République de Genève, débute ainsi dans sa préface :
« Dès que j’eus lu l'ouvrage de l’abbé Spallanzani sur la « digestion, je formai le projet de le traduire; après l'avoir « relu, je n'ai pensé qu’à trouver des moments pour exécuter « ce dessein. Ces recherches sont peut-être une des meil- « leures productions que l’histoire naturelle puisse vanter, < comme un des plus solides et des plus ingénieux commen- « taires que la nature ait de ses œuvres. Quand on lit avec « attention ce beau livre, il intéresse autant par la manière « dont il est composé que par le sujet qu'il développe »; et plus loin : «le nom de cet homme célèbre est le meilleur
« passeport qu'on puisse avoir auprès du publie instruit;
«ses ouvrages seront toujours d’un très grand prix pour
« ceux qui aiment la vérité. »
Bien que ces recherches sur la digestion soient l’une des œuvres principales de Spallanzani, peut-être même son chef-d'œuvre pour le génie de l'observation let l’ingéniosité d’expérimentation qu'il ÿ a déployés, nous l’analyserons très succinctement, cet ouvrage étant un des rares travaux sinon le seul, qui aient été reproduits récemment et remis en
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librairie (") ; c’est-à-dire mis à la disposition du public actuel.
Si l’on tient compte des moyens relativement restreints dont disposait la chimie naissante à cette époque où Lavoisier venait à peine de la sortir de ses langes, on est saisi d’admiration devant les efforts réalisés par le grand biologiste pour établir des vérités que la science actuelle n’a pu que confirmer.
« Les premières idées sur la digestion, dit Senebier, lui « furent fournies par les oiseaux gallinacés; il aperçoit que « leurs aliments se macèrent dans le gésier et s’y ramol- « lissent sans s’y digérer; il voit bientôt que ces aliments « sont triturés, broyés dans l'estomac; mais il découvre « aussi que le ramollissement et la trituration ne sont que « des moyens auxiliaires pour favoriser la digestion sans la « produire; enfin forcé d’exclure ces deux causes il parvient « à trouver, dans les sucs qui baignent le fond de l'estomac, « la seule cause efficiente de la digestion. »
Lorsqu'il eut acquis la certitude que les sucs gastriques exercent leur influence sur la digestion il voulut encore se rendre compte de la nature des changements éprouvés par
les aliments sous l’action combinée de la trituration et des
sucs gastriques. D'où une étude approfondie, puis une belle description anatomique et physiologique de l’œsophage et de l'estomac ainsi que des muqueuses qui les recouvrent et des glandes qu'ils contiennent.
Le nombre, la variété et l’ingéniosité des expériences que Spallanzani a faites sont considérables. Elles sont, du reste, décrites tout au long dans la publication que nous eitons plus haut.
(!) Les Maîtres de la science (Bibliothèque rétrospective). SPALLANZANI. La digestion stomacale. — G. Masson, éditeur, 1893.