‹ Étude sur Spallanzani BiologisteChapitre 18 sur 20 · SES DA QUE · texte numérisé non relu

SES DA QUE

Nous en décrirons seulement quelques-unes prises au hasard, notre étude ayant plutôt pour objet de faire ressortir la valeur scientifique de l’homme que de faire l'analyse de ses œuvres, dont un certain nombre, relativement petit toutefois, sont marquées d’un caractère quelque peu archaïque et n'ont pu résister aux attaques de la science moderne. Il serait superflu de les ressusciter.

Une des expériences qui ont confirmé les résultats obtenus déjà par Spallanzani sur l’action des sucs gastriques, est la suivante :

Il fit avaler à un héron un petit poisson et une grenouille renfermés chacun dans un petit tube de fer-blane, ouvert à ses extrémités. Au bout de vingt-quatre heures il le tua et s’aperçut que le petit poisson avait disparu, moins quelques arètes et quelques petits cartilages de la tête. Quant à la grenouille il restait les extrémités de ses pattes; les téguments étaient détruits, les chairs qui n'étaient pas digérées étaient très ramollies ainsi que les os; les tubes étaient tordus et froissés. L’expérimentateur en déduit très logiquement que l'effet mécanique de la trituration n’était pas le seul facteur de cette digestion, et qu'elle ne pouvait avoir eu lieu qu'à l’aide des sucs gastriques qui avaient pénétré dans les tubes. Il constate de plus que ces sues dissolvent non seulement des aliments, mais encore des corps durs.

Toujours avec le même esprit d'observation le savant remarque que les oiseaux de proie vomissent au bout d’un certain temps les aliments qu'ils n’ont pu digérer. Cette observation est précieuse; suivant la quantité d’aliments qu'il leur fait avaler il peut retarder plus ou moins le vomis-

sement et par suite laisser se produire l’action des SUCS gas

triques.

C'est par des moyens aussi simples et aussi efficaces, dit

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MOTS Senebier auquel nous empruntons la plus grande partie de l’analyse de l'ouvrage de Spallanzani sur la digestion, qu'il parvint à établir la différence qu'il y avait dans la puissance digestive du sue de l’œsophage et du suc gastrique des corneilles : quoique tous les deux puissent digérer les aliments comme il l'avait vu d’une manière particulière; le premier ne produisait cet effet qu’au bout d’un temps beaucoup plus long que le second, mais il fallait s’en assurer : il obtint done le suc de l’œsophage avec de petites éponges qu'il retint artificiellement dans ce canal, par le moyen d’un fil attaché au bec de l'oiseau, qu'il en retirait par le même moyen, à volonté, et qu’il exprimait ensuite dans un vase; il se procura de même le suc gastrique avec des éponges semblables qu’il faisait avaler à ces oiseaux et qu’ils vomissaient ensuite; il mit de la chair mâchée dans ces sucs, et il vit s’opérer pour la première fois au grand jour ces digestions que les ténèbres de l'estomac avaient toujours couvertes; mais il put Juger aussi par la comparaison de l’action de ces deux sucs sur les aliments, que celui de l’estomac est incomparablement plus actif que celui de l’œsophage. « La digestion continue-t-elle après la mort? Pour décider la question il fallait encore se rapprocher, autant qu'il était possible, de l’état naturel, dans une circonstance qui lui est si opposée; l'abbé Spallanzani, fertile en expédients, imagine de faire manger à une corneille une quantité donnée de viande, et de la tuer immédiatement après ce repas en la laissant ensuite dans un endroit chaud pendant six heures, il trouve ainsi une réponse à ce qu’il souhaitait ; la digestion fut à moitié faite.

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