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gueur; les ouvriers touchent d’ailleurs des primes de régularité. On procède parfois au repiquage des manquants qui peuvent se produire dans une rangée. Tant que les betteraves ne seront pas trop grandes on passera la houe mécanique, cette fois-ci tirée par des bœufs : les bœufs abîment moins les betteraves jeunes que les che- Vaux.
A ces opérations succèdera le binage à la main fait ici encore par les Belges en équipe et à la tâche — c’est un travail très épuisant que des ouvriers français, ne travaillant pas pour eux-mêmes, ne consentiraient pas à faire.
À partir de ce moment il n’y a plus à intervenir avant l’arrachage qui a lieu vers le mois d'Octobre, lorsque la betterave sera à sa condition optima de maturité, lorsque ses grandes feuilles d’un vert vernissé commenceront à jaunir.
L’arrachage est parfois précédé du soulevage des racines ; l’appareil utilisé est tiré par des chevaux ; il ameublit la terre de chaque côté de la betterave et permet un arrachage plus aisé. L’arrachage, exécuté par les Belges et les Polonais, se fait à l’aide d’une petite fourche à main très courte qui permet d’aller chercher la racine dans le sol et d’avoir plus de prise pour l’extraire. On voit ainsi au mois d'Octobre dans les champs de betteraves plusieurs groupes de 4 à 5 ouvriers belges, courbés vers le sol, extrayant d’un geste rapide la racine du sol, la déposant de côté et avançant à petits pas comme pour quelque course originale.
Derrière les équipes d’arracheurs, passe une équipe de décolleteurs. Ceux-ci, à l’aide d’un instrument semblable à une serpe, tranchent la betterave abandonnée sur le sol de façon à séparer ce que l’on appelle le collet, c’est-à-dire la partie supérieure de la betterave qui porte les feuilles,
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du corps de la racine elle-même ; la section doit être très nette et exécutée le plus haut possible, mais sans toutefois laisser trop de vert après la racine — ce qui obligerait à augmenter la tare au moment de la pesée, puisque ce serait là un déchet inutilisé par la sucrerie.
Les fanes seront laissées sur place; elles serviront d'engrais, engrais d’ailleurs extrêmement apprécié. Seule la racine sera chargée sur les tombereaux qui doivent la porter à la bascule.
Arrachage, décolletage, chargement sont effectués à la tâche.
Il ne reste plus maintenant que le transport du champ à la bascule; les distances peuvent être extrêmement variables. Les charrois se font vers mi-Octobre avec des attelées de 4 chevaux ou de 6 à 8 bœufs et l’on peut voir, à cette époque, ces pittoresques attelages travaillant en plein effort pour sortir des terres généralement humides et très grasses les grands tombereaux emplis jusqu’au faîte.