‹ Étude Sur Un Prix De Revient AgricoleChapitre 12 sur 34 · Ils datent d’avant-guerre · texte numérisé non relu

Ils datent d’avant-guerre

Sans suspecter les résultats obtenus — et encore y aurait-il beaucoup à dire à ce sujet — l’agriculteur qui, dans une enquête, estimera un roulage à 10 francs, se basera pour donner ce chiffre sur certaines conditions de travail, sur le prix des journées d’hommes et de chevaux, sur le prix du matériel, des frais spéciaux qui déjà sont très variables ; l'inconvénient est que cela n'apparaît en général ni dans l'enquête, ni dans les tableaux.

Une enquête sur le prix de revient de l’hectare de betteraves, faite en 1934 par la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves auprès d’un certain nombre d’agriculteurs, dont la plupart ne sont pas suspects d’avoir systématiquement donné des résultats inexacts, ne présente pas, malgré tout, une précision poussée aussi loin que nous désirerions la trouver.

Par contre, une méthode, encore peu connue à l’heure actuelle et qui mériterait, semble-t-il, une plus large diffusion, a retenu notre attention pour le degré d’exactitude et de sincérité qu’elle paraît présenter. Il s’agit de la méthode très récente: du Lieutenant-Colonel Rimaïlho, méthode mise en application par la Société Agricole de Comptabilité et de Revision.

C’est en nous inspirant directement de cette méthode et même en utilisant certains de ses résultats pour la campagne 1934-1935, que nous sommes arrivé aux résultats statistiques que nous présentons dans le corps de cet ouvrage. C’est la source principale de notre étude sur le prix de revient de la betterave quant aux éléments comptables proprement dits.

1. Sa mise en œuvre ne date que de 1930. — Cf. Rapport du Lt-C1 Rimailho. 2° journée d'Études de comptabilité agricole du 28 mai 1932.

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Nous avons, du reste, confronté ces résultats avec ceux fournis par l’enquête faite en 1934 par la C. G. B. Nous les avons confrontés avec ceux provenant d’une enquête personnelle auprès de cultivateurs, plus spécialement de cultivateurs de la région de Meaux. Nous nous sommes servi également des résultats de l'exploitation de la Ferme Extérieure de l’École Nationale d'Agriculture de Grignon, qui sont publiés annuellement dans des rapports très détaillés — cette source, d’ailleurs, est très particulière et ne peut être utilisée qu’accessoirement et avec précaution : si la méthode statistique est rigoureuse, les résultats obtenus différent d’une marge parfois considérable d’avec notre moyenne portant sur les 20 fermes de «l'Ile de France » et cela s’explique par le fait que la ferme extérieure de Grignon n’est pas entièrement dans les mêmes conditions qu'une grande entreprise agricole privée : elle a certainement plus de personnel qu'il ne lui serait nécessaire, elle a davantage de frais généraux — d’où un prix de revient trop élevé par rapport à la normale.

Nous allons donc d’abord exposer la méthode de la S. À. C. E. R. puisque c’est celle qui nous semble la plus rationnelle et puisque c’est celle dont nous nous servirons.

L'organisation repose sur le principe suivant : l’agriculteur tient une comptabilité simple et réduite au minimum ; il apparaît que ce n’est pas trop lui demander, car aujourd'hui, quoi qu'il en dise, tout agriculteur tient une comptabilité, si rudimentaire soit-elle. Il enverra les éléments recueillis à l'Office de Comptabilité : la S. A. C. E.R,., celui-ci, dépouillant les renseignements donnés, fera, d’une façon absolument correcte au point de vue comptable, les écritures nécessaires et, en outre, présentera en fin d'année

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un résultat comptable très complet sur les prix de revient des différentes spéculations agricoles entreprises par l’exploitation. |

Il y a donc deux parties bien distinctes dans la mé- Hhode dela SX. CE. R.

La première partie est constituée par le travail de l’agriculteur.

La deuxième partie est constituée par le travail rempli par l’Office de comptabilité.

I — Travail de l’Agriculteur ou enregistrement.

A chaque spéculation animale (chevaux, bœufs, moutons, etc..., etc...) correspond une lettre munie d’un cœfficient et pour chaque pièce de terre un chiffre. Ces chiffres et ces lettres correspondent à leur tour à un compte.

On trouvera encore des comptes désignés par une lettre et un coefficient pour l'entretien (des animaux et des instruments de traction), pour le matériel, Les bâtiments, les magasins, puis enfin les comptes d'exploitation.

a) Pour les comptes de culture : il ÿ a un numéro d'ordre, le lieu dit du champ est remplacé par un chiffre 1, 2, 3.

Quand un travail est effectué pour l’année suivante on fait suivre le numéro de la pièce du chiffre 6, par exemple, si le travail est effectué pour une récolte devant avoir lieu en 1936.

b) Pour les comples animaux : on aura par exemple pour les animaux de croît :

Bétaiediclevage er ee RATER A ERA OT PT A er TE Te er UT ee c) Pour les comptes d’entretien : nous aurons :

Entretien du matériel roulant . . . . . E, Entretien du matériel cultural. . . . . E,

à partir de E,.. Entretien des bâtiments et des immeubles.

Ve ges d) Pour les comptes de magasinage :

Magasin de fumier (fumière) . . . . . M, Magasin à ERSTAis el NT NII

on peut établir autant de comptes magasinage que l’on en désire.

e) Pour les comptes d'exploitation et comptes annexes :

PAU si ns AS RP NE RM EN Chauffage. . FRONT, : X Battage pour lanterne Mec EE

Mais cela ne suffit pas, le cultivateur devra indiquer le travail effectué pour le compte intéressé : pour cela ont été établis des symboles de travaux.

a) Travaux de préparation :

TAROUES FES MERE RERO ENER SEP RRE Déchamase cet EN CNE ES HACONSESUPDeRICICN CSN RE

b) Travaux de semis : $.

c) Travaux d'entretien :

Façons d'entretien mécanique . . . . . F, Façons d'entretien à la main LEE Écharidonnage te er RE

d) Travaux de récolte : R.

e) Travaux de manutention :

Chargement. Transport. Épandage.

PURNIET EE MR ESC C, 4% SE, Engrais chimiques . . C; {1 SE; Blé “enigraineuen C, de S } Blé non battu. Css 4 Betteraves sucrières . Ci 4 Gadoues Co \ HA SE40 Marne Ca Fe SEy

AU + Dis Pour la traction qui devra être appliquée à certains comptes nous trouverons :

TC. — Traction hippomobile.

INC INCheval 2 CG 2 chevaux, etc...

TB. — Traction par bœufs (qui sont toujours par paires).

2 bœufs 4 bœufs.

TM. — Tracteur.

Chaque instrument aura son symbole, de cette façon on pourra savoir, quand on portera au compte matériel roulant, si c’est à un chariot ou à un tombereau ou à une voiture que l’on a affaire.

Nous saurons également de cette manière comment sont faites les façons dans les champs, avec quel instrument on est passé dans telle ou telle pièce.

Pour enregistrer les éléments nécessaires à l’établissement de la comptabilité du prix de revient (éléments « travail », éléments « matières », éléments « espèces ») le cultivateur dispose de trois pièces qui lui sont fournies par l'Office Central de Comptabilité ; ces trois pièces sont :

19 Une feuille journalière. — Divisée en deux parties distinctes : au recto (pièce AT) on enregistrera le travail effectué dans la journée; au verso (pièce AIT) on portera les entrées et sorties des matières.

Cette feuille sera rédigée à l’aide des symboles que l’on a vu plus haut afin d'éviter de volumineuses écritures.

20 Une pièce B ou 322 feuille — à remplir en fin de mois — le cultivateur y portera les différents salaires payés.

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30 Une feuille de recettes ou dépenses sur laquelle l'exploitant portera tous les mouvements de caisse.

Piètce-A,

19 Pièce À I. — Dépenses de main-d'œuvre et traction. Cette feuille est tenue quotidiennement par le cultivateur.

L’agriculteur adhérant à l'office de Comptabilité reçoit un livre contenant 100 feuilles journalières qui peuvent se détacher ; il y a donc un talon.

Sur le premier talon, on inscrira le nom des ouvriers, ce qui fait que pendant les jours suivants il ne sera pas nécessaire de les inscrire. On évite bien des omissions, l’agriculteur ayant chaque jour au moment de rédiger sa nouvelle feuille, la liste complète de son personnel.

Au bout de quelques temps il devra remplir cette feuille rapidement; lorsqu'il aura tous les symboles en tête, ce sera facile.

Il répartira son personnel dans sept colonnes horizontales placées les unes sous les autres et correspondant aux catégories suivantes : 19 spécialistes ; 20 charretiers ; 3° hommes ; 49 femmes ; 5° jeunes gens ; 60 vieillards, enfants ; 70 entrepreneurs.

Ces diverses catégories correspondent, sauf la première, à un type de salaire différent — c’est ainsi qu’un bouvier s’il est payé comme un journalier rentrera dans cette catégorie, si son salaire est égal à celui d’un charretier on le rangera dans cette catégorie.

Dans les « spécialistes » on comprendra tous les ouvriers dont les salaires ne correspondent pas à une des classifications précédentes.

Verticalement la feuille A I est divisée en quatre colonnes principales correspondant chacune à 1 /4 de journée. On a

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pris le quart de journée parce que cela correspond assez bien aux quatre parties de la journée, pendant lesquelles l’ouvrier travaille et qui sont coupées ou terminées chacune par la collation du matin, le déjeuner, le goûter et le souper.

Chaque colonne « quart de journée » est subdivisée en quatre colonnes secondaires : 1° compte; 20 travail ; 3° traction ; 4° instrument.

Dans la colonne « compte » on portera le symbole correspondant au compte pour lequel le travail a été exécuté.

Dans la colonne « travail » on indiquera au moyen du symbole approprié la nature du travail effectué.

Dans la colonne « instrument » on peut indiquer ou non l'instrument qui a été employé; en effet, on saura par la colonne précédente la nature du travail exécuté et par ce fait même avec quel appareil.

Quand un ouvrier exécute le même travail pendant plus de un quart de jour, il suffira de tirer un trait dans les colonnes suivantes.

Dans la colonne « traction » on indiquera le mode de traction employé et, s’il y a lieu, le nombre d'animaux utilisés.

Pièce À II. — Dépenses de matières. — Chaque jour l’agriculteur consigne dans cette partie de la feuille tous les mouvements de matières.

1° Les entrées :

Dans une première colonne on donnera le prix.

Dans une deuxième colonne la quantité. L'unité de poids sera le quintal.

Dans une troisième colonne, si la matière provient de l'exploitation, on indiquera le symbole du compte fournisseur ou du compte d’achat.

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29 Les sorties :

Dans la première colonne : les quantités.

Dans la deuxième colonne : le compte pour lequel on fait cette sortie.

Pièce B ou 32€ feuille.

C’est la feuille de fin de mois, le cultivateur n’a que peu d'indications à y inscrire.

19 Main-d’'œuvre.

Le cultivateur indiquera le montant des salaires, afin que l’on puisse déterminer le prix de journée d’un ouvrier de chaque catégorie. C’est le montant global de la paye de chaque catégorie d'ouvriers qu’on inserira à la première ligne.

L’agriculteur remplira encore le $ 4, concernant les avantages en nature et qui ne varieront pas d’un mois à l'autre.

Les autres parties (concernant le nombre de journées de travail et la valeur de la journée de travail, seulement en espèces) seront remplies par l'Office à l’aide de la feuille de travail journalier.

29 Traction animale.

Pour cette partie de la feuille, le cultivateur se contentera de donner le nombre de journées de présence en multipliant le nombre des chevaux s’il s’agit des chevaux, des bœufs s’il s’agit des bœufs, par le nombre de journées de présence à la ferme dans le mois.

Les autres paragraphes (concernant le nombre de journées de travail effectif et la valeur totale de la journée de travail) sont remplis par l'Office à l’aide de la pièce À D.

39 Traction mécanique.

Le cultivateur donnera le total des frais engagés sur son

= HUIT T ca

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tracteur : carburant, huile. Le reste sera donné par la feuille À indiquant l’entretien.

Mais, en général, on n’a pas à remplir ce cadre, car la première année on prendra un prix forfaitaire par comparaison avec d’autres tracteurs du même type travaillant dans les même conditions.

L'Office fera en fin d'année un compte spécial pour le tracteur qui servivra à rectifier les chiffres ayant servi de base première.

40 Renseignements complémentaires.

C’est dans cette partie de Ia feuille que l’on indiquera en fin de mois les travaux à tâche à impüûter aux différents comptes.

59 Une feuille de recettes et dépenses.

C’est là tout le travail du cultivateur. Il n’est pas astreignant, tous les adhérents à l’Office de comptabilité sont unanimes à le reconnaître, surtout qu’au bout d’un certain temps on aura en tête tous les symboles se rapportant aussi bien aux comptes qu'aux travaux.

Cette méthode d’enregistrement sera donc d’une grande économie d'écriture et de temps.

[I. — Travail de l'Office.

Évaluation et Répartition.

Chaque mois le cultivateur enverra à l'Office ses feuilles journalières, sa feuille de paye et ses feuilles de recettes ou dépenses.

L' Évaluation consiste essentiellement à donner une valeur aux journées de travail et aux quantités de matières utilisées.

La Répartition sera la ventilation des dépenses de travail,

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de matières et espèces entre les différents comptes ouverts au cours de l’exercice.

L'Évaluation et la Répartition se font en même temps.

1re opération. — Dépouillement des feuilles de travail, c’est-à-dire classement de toutes les journées de travail dans chaque compte.

Ce dépouillement est un travail essentiellement mécanique, qui pour cette raison exige beaucoup de patience.

2e opération. — Totalisation du nombre de journées de travail des différentes catégories d'ouvriers ou de tracteurs pendant le mois et calcul du prix de revient de la journée de travail.

Ce calcul se fait sur la 32e feuille.

3e opération. — Sur les premiers résultats de dépouillement on donnera à chaque travail la valeur correspondant au prix unitaire de la journée d’ouvrier ou de tracteur. On obtiendra un relevé analogue à celui-ci.

@) @) G) (4) (6) (6) (7) (8) P:M.:11055-3)6-PÉCCH. 13 29,71 89,13 C 9 17,39 156,51 H 71560 07880028790

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